Entreprise à impact

Label B Corp : vers plus d’entreprises à impact positif

Des entreprises qui ne cherchent pas à tout prix à faire du business au détriment de la planète, c’est possible ? La réponse est oui, et c’est tant mieux ! En témoignent les quelque 4 000 entreprises qui ont décroché le label B Corp, qui atteste d’un impact environnemental positif.

De quoi s’agit-il exactement ? À quelles conditions les sociétés peuvent-elles recevoir la labellisation ? Zoom sur ce sésame qui fait du bien à la planète.

Goutte d'eau et feuille tenant dans une main

Le label B Corp, c’est quoi ?

Le label B Corp, c’est un mouvement mondial qui fédère pas moins de 3 944 entreprises (dont plus de 145 en France) dans 74 pays différents. Elles sont de toutes tailles et de tous secteurs, mais elles se sont engagées pour un objectif commun : avoir un impact environnemental et sociétal positif. Un horizon essentiel à l’heure où le réchauffement climatique est en tête des préoccupations. 


C’est en 2006, aux États-Unis, que l’idée germe dans la tête de trois amis entrepreneurs : Bart Houlahan, Jay Coen Gilbert et Andrew Kassoy. Ils partent d’un constat simple : les défis actuels ne pourront pas être relevés uniquement par les instances gouvernementales et les ONG. Puissantes et influentes, les entreprises doivent elles aussi prendre part au challenge et faire bouger les lignes.

En résulte la création du label B Corp, décernée par l’ONG indépendante B-Lab, qui récompense les entreprises à mission, qui se fixent des objectifs sociaux et environnementaux ambitieux. Elles doivent notamment répondre à des critères particulièrement exigeants en termes de transparence et de responsabilité. Plusieurs grands noms en ont ainsi bénéficié : Patagonia, Ben & Jerry’s, Ulule, Blédina, Les Deux Vaches…

Quinze ans après sa création, la communauté continue de séduire le monde des affaires et ne cesse de s’agrandir, en particulier en Europe.

Un impératif pour répondre aux défis de notre génération

Centrales et fumée


L’écosystème des affaires a profondément changé depuis le début des années 2 000. Nous avons en effet assisté à une mondialisation croissante, entraînant une internationalisation des entreprises aux quatre coins de la planète. En parallèle de cette explosion des échanges et du commerce international, des voix se sont progressivement fait entendre pour alerter contre le réchauffement climatique. Jusqu’à devenir un discours urgent et nécessaire, face à un dérèglement de plus en plus visible : fonte des glaces, élévation du niveau de la mer, augmentation de la température mondiale… 

Ces deux élans contraires – d’une part, un mouvement ascendant en faveur du business et du chiffre et, de l’autre, une impulsion nécessaire vers l’écologie – ont pourtant fini par se rencontrer pour former une synergie. Ou tout du moins une volonté d’allier le monde des affaires à l’effort mondial pour freiner le réchauffement climatique.

Et pour cause, l’industrie représente à elle seule près de 21% des émissions de CO2 mondiales, selon les données du GIEC. Un chiffre qui montre l’importance de dépolluer le secteur et de réduire les émissions de gaz à effet de serre en encourageant les initiatives positives en faveur de l’environnement. Mais aussi en faveur des actions sociales, que ce soit pour les employés ou les clients.

Comment le label B Corp est-il attribué ?

Pour obtenir la labellisation, il faut dans un premier temps procéder à une auto-évaluation de l’entreprise en remplissant le BIA. Celui-ci prend la forme d’un questionnaire d’environ 200 questions sur cinq domaines : la gouvernance, les collaborateurs, les communautés, l’environnement et les clients. Si l’entreprise obtient plus de 80 points, elle peut faire la demande du label, qui lui sera octroyé pour une durée valable de trois ans et certifié par l’ONG B-Lab. 

Parmi les critères du questionnaire, on retrouve notamment l’écart de salaire maximum entre le mieux et le moins bien payé des employés, le bien-être des salariés, ainsi que l’impact écologique des activités de l’entreprise. Autant d’éléments qui permettent d’attester de la volonté d’une entreprise d’avoir un impact environnemental et sociétal positif. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’y a pas que des bons élèves… En effet, sur les quelque 80 000 boîtes qui ont passé le test, la note moyenne est de 55 points. Peut mieux faire !