Un pull de plus pour lutter contre la « thermosensibilité »

 

Nombreux sont ceux qui poussent les thermostats des radiateurs en ce glacial mois de février et les pics de consommation électrique battent des records. Si la France semble désormais prémunie contre le black-out total qui avait tant marqué les esprits en 1978, elle demeure toutefois le pays le plus « thermosensible » de l’Union européenne. D’après le centre de coordination européen du réseau électrique Coreso, pour un degré de moins par rapport aux températures saisonnières habituelles, la consommation d’électricité française augmente de 2 300 MW, l’équivalent de deux centrales nucléaires, contre seulement 500 MW pour nos voisins allemands.

                                 

Cette situation s’explique en grande partie par nos nombreux radiateurs électriques, qui représentaient près de 33% des installations de chauffage en 2009 selon l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Les faibles prix du pétrole dans les années 60, puis les surcapacités des centrales nucléaires françaises dans les années 80 ont encouragé le développement du chauffage électrique, solution qui apparaissait à l’époque économique et fiable. Aujourd’hui encore, les trois quart des logements neufs sont équipés de ce type de radiateurs… et leurs habitants s’en mordent les doigts : les rendements énergétiques de ces installations sont souvent bien médiocres.

     

Si le nucléaire permet de produire de façon régulière et continue, il ne répond pas aux subites augmentations de la demande… La France importe donc massivement de l’électricité venant de nos voisins européens moins sensibles aux variations du thermomètre. Mais l’arrêt définitif de huit réacteurs nucléaires outre-rhin l’année précédente a également réduit les capacités d’export de l’Allemagne, augmentant la crainte de coupures de courant en ces périodes de grand froid.

      

Et cela amène finalement à se poser des questions de bon sens… Pour limiter le pic de consommation entre 18h et 20h, le plan « EcoWatt » a ainsi été déclenché dans les zones de France les plus difficiles à alimenter en électricité : la Bretagne et les départements du Var et des Alpes maritimes. Plutôt que de seulement chercher à produire plus, la démarche consiste à avertir les personnes des tensions qui pèsent sur le réseau d’électricité à travers deux niveaux d’alerte, orange et rouge. Les participants reçoivent ainsi un courriel ou un SMS pour les inciter à être particulièrement attentifs à leur consommation dans les heures critiques.

      

Les conseils de RTE pour limiter les tensions aux heures de pointe sont enfantins : éteindre la lumière dans les pièces inoccupées, couper les appareils électriques en veille, différer de quelques heures l’utilisation des appareils ménagers, baisser le chauffage de 1 ou 2 degrés. Alerte orange ou non, c’est simple, facile, et on pourrait tous s’y mettre…

      

    

Publié par Marion Gautier
le mardi 7 Février 2012

 



 
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