Un pas de plus dans la lutte contre le greenwashing

 
« Naturel », « biodégradable », « écologique » sont des mots aujourd’hui vendeurs et dont certains publicitaires abusent parfois. A première vue, on ne peut que se réjouir du fait que le développement durable soit devenu un argument commercial… mais seulement si le produit ainsi vanté présente de réelles vertus pour la préservation de l’environnement. Ce type de manipulation publicitaire porte un nom, le « greenwashing », traduit en français par le terme « éco-blanchiment », ou encore, plus joliment dit par les Québecquois, « mascarade écologique. »

                        

Le mensonge par omission (vanter un aspect écologique du produit, comme sa faible consommation d’énergie, en oubliant de préciser que celui-ci n’est pas recyclable), l’utilisation de labels inventés de toute pièce ou l’imitation des logos de labels officiels sont autant de pratiques qui relèvent du greenwashing. De nombreuses associations de protection de l’environnement ont élevé la voix face à cette tendance marketing qui « verdit » les produits sans réelle prise en compte des exigences environnementales dans le processus de fabrication. Les Amis de la Terre organisent ainsi depuis quatre ans le Prix Pinocchio du développement durable, visant à dénoncer les entreprises à la communication abusive.

                      

En avril 2008, le ministère de l’Ecologie et l’Autorité de régulation professionnelle de la publicité (ARPP) ont se sont emparés de la question à travers la signature d’une charte d’engagements pour interdire la diffusion de publicités mensongères sur les thèmes écologiques. Celle-ci ne semble néanmoins pas suffisante pour endiguer complètement le phénomène, et les associations de protection de l’environnement réclament des sanctions contre les entreprises coupables de greenwashing.

Récemment, la Cour d’Appel de Paris a ainsi mis en examen General Motors France considérant que la campagne publicitaire pour la Saab 9-3 Biopower relevait d’une «  pratique commerciale trompeuse.  » Les affiches incriminées présentaient en effet cette voiture  en grandes lettres capitales comme un « ovni écologique » ou un « objet vert », mais à la condition… de rouler avec l’éthanol, ce qui n’était précisé qu’en toutes petites lettres. Alimentée par de l’essence sans plomb, la Saab 9-3 Biopower perd son aspect écologique et apparaît même comme une grosse émettrice de CO 2.

                         

Outre le fait que l’aspect mensonger du greenwashing envers les consommateurs, celui-ci s’avère finalement surtout dommageable pour les entreprises qui s’attachent à proposer des produits allant réellement dans le sens de la protection de l’environnement. Espérons que ce pas supplémentaire dans la lutte contre le greenwashing leur permettra de retrouver le crédit qu’elles méritent. 

                  

Publié par Marion Gautier
le lundi 12 Mars 2012

 



 
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