Des composts collectifs fleurissent partout en France. À Lyon, c'est l'association les Compostiers qui développent ces points de recyclage ouverts à tous.

Dans une petite rue lyonnaise, un jeune homme entre dans un jardin public, jette ses épluchures de légumes et repart avec le sourire. Vandalisme ? Non, compost collectif.
L'association Les Compostiers s'est installé depuis quelques mois dans le jardin partagé d'une association de quartier. Les habitants viennent à toute heure pour déposer leurs déchets organiques, récupérer de l'engrais ou simplement profiter du jardin. Les Compostiers s'occupent d'entretenir le tas et d'utiliser le compost. Des affiches expliquent aux contributeurs ce qu'ils peuvent jeter.
« Les gens respectent très bien ces indications. Ils participent parce-qu'ils ont des convictions écologiques et pour réduire la taille de leurs poubelles », expliquent Bastien Copetti, salarié des Compostiers.
- Des tas d'ordures devenus mines d'or
Le système de compost permet en effet de se débarrasser des déchets organiques, très lourds, sans les incinérer ni les transporter sur de longues distances. Écologiques, ces tas d'ordures sont donc aussi des mines d'or pour les collectivités et les contribuables. Selon les chiffres du ministère de l'Ecologie, la gestion des déchets municipaux coûte en moyenne 120 € par an et par Français. Chaque compost de proximité, c'est autant d'ordures qui n'iront pas alourdir la facture.
A Lyon, le compost collectif a déjà séduit une cinquantaine de foyers dans le quartier, et le tas devenu trop gros sera déplacé vers un autre terrain en friche, prêté par une entreprise privée. « Il y a forcément quelques personnes qui râlent, et c'est bien normal, à cause de l'odeur, explique Bastien. Mais les réactions sont dans l'ensemble très positives ». Les habitants n'utilisent qu'une petite partie du compost final, qui sert plutôt à fleurir les jardins partagés voisins.
- Vers l'autonomie
Le système du compost collectif repose encore beaucoup sur l'implication d'associations. Mais au final, « le but est des composts collectifs autonomes, gérés par des copropriétés ou des associations de quartier », explique Bastien.
Dans le cas des copropriétés notamment, des associations à Lyon, à Nantes ou à
Habitants du quartier et membres de l'association se retrouvent autour du compost collectif dans un jardin partagé du quartier de la Guillotière à Lyon. (Photo : Anne-Louise Dupin)