Transport de marchandises : quel avenir ?

 

 

Le transport ferroviaire de marchandises est en crise : 350 millions de pertes en 2008 et presque 600 millions en 2009. Pour remédier à cela, un nouveau plan Fret vient d'être annoncé par la SNCF. Mais de nombreuses associations environnementales et plusieurs syndicats craignent des conséquences sociales et environnementales néfastes. Pour tenter d'y voir plus clair, Durable.com est parti à la rencontre de chacune des parties.

 

 

                                  fret sncf

 

 

 

  • Du "wagon isolé" aux "trains multi-lots / multi-clients"

 

Depuis la seconde guerre mondiale, les marchandises sont acheminées jusqu'aux entreprises les plus reculées dans des "wagons isolés", c'est à dire dans des petits trains de deux ou trois wagons. C'est l' abandon de 60% de cette activité qui est dénoncé par plusieurs associations et syndicats*. Dorénavant, la SNCF prévoit de remplacer les wagons isolés par des "trains multi-lots / multi-clients", c'est à dire des trains de 6 à 8 wagons. Ceux-ci permettront de desservir les clients qui sont autour des plateformes SNCF. Pour les autres, un service "sur-mesure" sera mis en place.

 

 

  • Du "sur-mesure" moins cher, mais plus polluant ?

 

Pour l'association environnementale Réseau Action Climat, "l'activité "wagons isolés" est essentielle car elle permet d'aller au plus près des activités locales et d'acheminer des marchandises sur tout le territoire français". Le service "sur-mesure" de la SNCF serait en fait un report du transport de marchandise sur rail au transport par la route, ce qui augmenterait le trafic poids lourds de 300 000 tonne équivalent CO2 par an. "Cela risque fortement d'empêcher la SNCF d'atteindre les objectifs ambitieux du Grenelle de l'Environnement."

 

 

  • Une réforme pour contrer les pertes financières

 

Mais pour Jean-Michel Genestier, directeur général adjoint SNCF-Géodis, il faut regarder le nouveau plan Fret dans son ensemble. Car "si le transport de marchandises représente 30 à 35 % des flux, le wagon isolé constitue à lui seul 75% des pertes. Il est donc indispensable de faire des réformes. L'entreprise ne peut pas continuer à avoir des pertes aussi importantes que celles que nous enregistrons" – près d'un milliard en 2009 -. Si le passage de certaines marchandise du transport sur rail au transport routier risque d'entraîner plus de pollution, Jean-Michel Genestier explique que parallèlement à l' organisation de trains "multi-lots / multi-clients", les autoroutes ferroviaires et le transport combiné vont être développées. "Ainsi les caisses mobiles qui arrivent dans les ports seront reprises par le fer ou la route et les camions monterons directement dans les trains. Cela entraînera, d'ici à 2015-2017, un report modal de 500 000 camions sur le rail tous les ans, avec les équivalents CO2 qui vont avec".

 

 

  • Une querelle qui ne fait que commencer...

 

Mais pour le moment, ces argument ne satisfont pas associations et syndicats qui considèrent le  wagon isolé écologiquement viable, socialement acceptable et économiquement efficace, comme le montre l'exemple de l'Allemagne. Ceux-ci dénoncent une dissimulation de l'étude "Carbone4" de Jean-Marc Jancovici par la SNCF. Pour le directeur général adjoint de l'entreprise nationale, il s'agit au contraire d'une volonté, de la part de ces associations et syndicats, de diffuser un message qui est faux. 1 partout, match nul pour le moment. Et seul l'avenir nous dira qui a raison.

 


* Les Fédérations CGT et UNSA des Cheminots, La FGTE – CFDT et l’UIT - CGT, La F N A U T, Le Réseau Action Climat, France Nature Environnement, Agir Pour l’Environnement, WWF, Les Amis de la Terre, Le Comité de Liaison Energies Renouvelable

 

 

Publié par Elodie Hercouët
le vendredi 26 Mars 2010

 



 
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