Tourisme responsable, suivez le guide

 

 

12 % du PIB mondial. L’industrie du tourisme voit la vie en rose depuis la fâcheuse crise économique (2008). Un véritable boom des voyages on vous dit. A l’horizon 2020, 1,6 milliards de touristes sont attendus selon l’Organisation mondiale du tourisme (OMT). L’avenir s’annonce radieux, et déjà se profile l’extraordinaire impact social, environnemental et économique sur les territoires d’accueil. La parade s’appelle un tourisme responsable. Enfin l’écogeste, Parisinfo.com, un site web pour acheter bio, choisir son hôtel éco-labellisé ou partager une table d’hôte parisienne. 


Pirogue de pêcheurs à Nosy Be (Madagascar)

 

Et si le tourisme responsable n’était qu’une belle utopie ? Les voyages intercontinentaux plombent le bilan carbone du vacancier. Découvrir le monde a un coût. Le tourisme représente 60 % du trafic aérien international et 5 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES). La compensation carbone ? L’alternative a séduit certains tours-opérateurs (Voyageurs du Monde), mais cela ne résout pas le schmilblick. 

 

Car fort de ses trois piliers, le développement durable ne se réduit pas à la seule dimension environnementale. Préserver les ressources culturelles et naturelles des territoires d’accueil, c’est bien. Mais quid de la logique sociale et économique ? Le tourisme responsable ne commence t-il pas à l’intérieur de l’entreprise ? Conditions de travail, sécurisation des parcours, formation professionnelle, rémunération décente des guides, à n’en pas douter des enjeux au cœur du développement durable.   

 

Tourisme responsable, suivez le guide

 

Des labels pour un tourisme « durable » ? A mi-chemin entre marketing « vert » et « Responsabilité sociale des entreprises », la jungle des labels et certifications a fini par déboussoler la profession. Le client, lui, semble rester perplexe devant l’inflation de normes techniques (ISO). Surtout, ces contrôles ne suffisent pas à mesurer l’éthique à en croire Myriam Lallemand (Directrice développement durable Voyageurs du Monde). « L’enfer est pavé de bonnes intentions. La certification c’est une avancée, mais ça ne suffit pas. Avoir une vision sur le long terme de développement durable et l’appliquer en interne dans l’entreprise est tout aussi important. » 

 

Mettre la relation humaine au cœur du business de l’ industrie touristique. Tout un programme en cette journée mondiale pour un tourisme responsable (mercredi 1er juin). Le commerce des voyages, oui, mais avec des valeurs de respect et d’échange. La preuve par l’international, pour Guillaume Cromer (administrateur de la Coalition Internationale pour un Tourisme Responsable). En Afrique du Sud, la voie de la certification des établissements équitables est ouverte avec Fair Trade in Tourism. A Madagascar, l’établissement Vanila Hotel & Spa de Nosy Be montre l’exemple. Chers clients, voici la « Charte du Tourisme Durable » avec son festival de bonnes actions : ramassage et traitement des déchets, prévention contre le VIH, insertion des jeunes déscolarisés, lutte contre le tourisme sexuel. 

 

Tourisme responsable, l'analyse de Guillaume Cromer

 

Le chemin est encore long, mais les choses évoluent selon Guillaume Cromer. « Les grands groupes comme le Club Med et surtout Accor intègrent de plus en plus le principe de responsabilité sociale des entreprises. La création des départements d’ingénierie et de Recherche et développement au sein de ces structures va dans le sens de produits touristiques de qualité. Le tourisme solidaire ne s’incarne pas uniquement dans le soutien des voyagistes alternatifs. » Les engagés Libertalia, Allibert ou Voyageurs du Monde constituent une niche face à une demande qui approche le milliard de touristes pour 2010. A l’avenir, « c’est tout un secteur d’activité qui est appelé à se convertir au voyage responsable. »  

 

Proposer une offre de voyage moins formatée, avec des séjours plus longs, loin des sites saturés, bref jouer la carte du tourisme de proximité. La clé du succès ? Rien n’est dit. Car il n’est pas facile de détourner les regards des destinations « low cost » à 150 euros la semaine. L’argument commercial a fait des adeptes. Ce qui n’empêche pas Guillaume Cromer de croire dur comme fer au tourisme responsable. Exemple à l’appui avec l’Ecolabel européen : « (…) c’était 1 établissement hôtelier en 2007. Aujourd’hui, on se dirige vers les 200 pour la fin de l’année 2011. »

 

Certification ou communication ? Bernard Scheou (Chercheur Université Perpignan) signe la rubrique « personnalité de la semaine », solidaire. « Le tourisme de demain plus éthique grâce à la certification, rien n’est moins sûr (…) Notre époque est caractérisée par le paradigme de l’évaluation ; évaluer les entreprises, les actions, les Hommes ou encore les étudiants. Tout doit être calculable. Par ailleurs, la problématique de la relation Nord-Sud est clairement posée. Les règles de contrôle de la certification à destination des consommateurs, des touristes du Nord qui vont dans des zones géographiques du Sud appauvrissent la diversité culturelle. Comment ces normes de qualité peuvent-elles être comprises sur le terrain par la culture locale du pays ? »

 

L'écogeste :   Parisinfo.com, un site Web pour faire du shopping éthique, dormir dans un hôtel éco-labellisé, le tout, dans une des capitales les plus visitées au monde. 

 

Il n’est jamais trop tard pour rendre Paris responsable. L’ Office du Tourisme et des Congrès de Paris met à jour son site Internet. Libre à vous désormais de découvrir la ville lumière, d’une autre manière. Partir à la rencontre des parisiens, tester l’hébergement chez l’habitant, partager une table d'hôte via l'association voulezvousdiner.com (de source sûre, le repas n'est pas organisé par Francis Veber - Le dîner de con -), se rendre dans les bonnes adresses bio pour les gourmands, Parisinfo.com joue la carte développement durable. Qui a dit que tourisme urbain et tourisme « vert » étaient des ennemis jurés ?

 

Photo :  Baizeau Lionel -  Fotolia

Sur le sujet du tourisme responsable, lire aussi  Evaneos et l'éco-tourisme.

Publié par Christophe Baudouin
le mardi 7 Juin 2011

 



 
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lundi 15 Aout 2011 à 15:52 Par L'escargot qui s'en tape le coquillard!
 

Et les 88% qui restent , c'est quoi ? 12% du PIB mondial pour le tourisme. Après il y a le commerce international, la politique, les vedettes, les migrations diverses. Par autos, par trains, par avions, pour tous les corps de métiers. Pour durable.com, le tourisme comprend aussi les pélerins, les cyclistes, les cavaliers, ça c'est le tourisme bio et l'ennuyeux c'est que ça ne rapporte pas beaucoup sauf aux autochtones.

vendredi 22 Juillet 2011 à 17:19 Par Touriste Conscient
 

Il est temps que le tourisme éthique devienne une évidence pour les <a href="http://www.festival-nyamina.net/">régions du tiers monde</a>. Beaucoup de gens y vont et profitent de la richesse de ces coins du monde, sans jamais prendre conscience de ce qu'un tourisme éthique pourait faire pour permettre a préserver cela pour les générations suivantes.

jeudi 16 Juin 2011 à 08:58 Par Jean-Pierre Lamic
 

Bonjour,
UNe belle utopie?
L'ouvrage, Tourisme durable, utopie ou réalité? Editions L'Harmattan, répond à cette question.
A lire également les nombreux articles du blog de V.V.E :
http://blog.voyages-eco-responsables.org/
Bien cordalement
Jean-Pierre Lamic, Directeur de l'association des voyageurs et voyagistes éco-responsables

mercredi 8 Juin 2011 à 10:18 Par carmel condom
 

@ Le Mataf

Le tourisme "vert", mais aussi solidaire existent. Tout se passe sur les réseaux sociaux, enfin presque. Pour vous en faire une idée, du tourisme responsable dans le Gers, allez donc surfer sur la page facebook du carmel de Condom : http://www.facebook.com/pages/Ancien-Carmel-de-Condom/102266586520730

mardi 7 Juin 2011 à 15:09 Par Le Mataf.
 

Quel tourisme va profiter de cette embellie ? de gentils bobos écololos fortunés à mille lieux des préoccupations économiques ,sociales et politiques sans aucuns doute .
En tant qu'ancien Marin ,j'ai beaucoup roulé ma bosse dans ses pays touristiques et je peut vous assurer que les autochtones sont de plus en plus exploités par les professionnels de ce tourisme à mes yeux esclavagiste .
Voyager ok !pourquoi ne pas d'une autre façon .
Chers gentils mignons embarquer donc à bord de quelques cargos et apporter donc à ces gens ce dont ils ont besoins (tout sauf votre sale fric, le sabre et le goupillon).
Il est vrai aussi que le tourisme agricole français pourrait bénéficier de cette manne opportuniste en aidant pour une fois le monde agricole en détresse qui manque cruellement de main d'oeuvre utile surtout dans l'agriculture bio. Ils verraient combien ce monde là est exploité et sous payé.
A bon entendeur salut !!!!!

mardi 7 Juin 2011 à 12:56 Par carmel condom
 

Un couvent religieux de Condom dans le Gers, vieux de plus de 8 siècles, réhabilité en un gîtes ouvert aux touristes. L'ancien Carmel de Condom a été transformé en un lieu original désormais avec des chambres ouvertes aux touristes, mais aussi aux personnes de 20 à 82 ans, seules, en réinsertion, en rupture de couples ou en retraite. Les hôtes ont même construit une épicerie solidaire grâce à un potager géant. L'idée est d'accueillir toutes les classes d'âge qui vivent ensemble toute l'année pour se reconstruire, partager une expérience unique avec des activités de maraîchage par exemple. Loin de l'isolement, la solitude parfois dont ils font preuve dans les grands centres urbains...

mardi 7 Juin 2011 à 10:51 Par printemps arabe
 

@conseau
tous les secteurs économiques ne peuvent pas bénéficier du printemps arabe au même titre que l'industrie touristique en France... Ce serait trop beau

mardi 7 Juin 2011 à 10:26 Par conseau
 

pendant que les agriculteurs sont frappés par la sécheresse, l'industrie touristique se frotte les mains. Cette année, y a pas de printemps pour le monde agricole...

mardi 7 Juin 2011 à 09:44 Par coquillages & crustacés
 

Je pense que les tours opérateurs ne peuvent plus vendre du rêve aux Maldives avec des poubelles à ciel ouvert sur les plages; ni exploiter le personnel des établissements hôteliers.
C'est dans leur intérêt aux professionnels du tourisme de répondre aux enjeux développement durable pour des offres de voyage de qualité.

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