Société: l'amour est déjà dans le pré

Agri Culture - La chronique du mercredi

 

 

L’agriculture est un métier à part. En général peu ou mal connu du public. Derrière ce métier, des hommes. Et aussi beaucoup de femmes. De 1988 à 2007 la population active agricole est passée de 8 à 3,4% de la population active totale. Derrière cette baisse chiffrée, l’ensemble du monde agricole est en train de changer. En 2011 mieux connaître la classe agricole c’est aller au devant de surprises. Il est temps de faire le tri avec nos vieux clichés, et de marcher vers nos agriculteurs.


L'amour est déjà dans le pré

 

Famille   : l’amour est déjà dans le pré !

 

Voilà une idée reçue très largement répandue, entretenue par l’émission « l’amour est dans le pré ». Pourtant  les agriculteurs ne sont pas plus marqués par le célibat  que les autres catégories sociales. Ils le sont même   moins  que l’ensemble des Français, sauf pour les hommes de 60 à 69 ans. Une vieille particularité qui n’a donc plus lieu d’être !

 

Connu pour être un milieu très endogame, le choix conjugal est en plein changement… En 2000, si 70% des conjointes des agriculteurs âgés de 60 à 65 ans sont d’origines agricoles, elles ne sont  que 39% des conjointes des 25-30 ans à être du milieu. Ce changement a deux origines : d’abord l’augmentation récente de la population rurale, couplée à la scolarisation plus longue des jeunes agriculteurs, offrent aujourd’hui des contacts sociaux mixtes plus variés et plus nombreux. Ensuite, les femmes d’agriculteurs travaillent de plus en plus à l’extérieur de l’exploitation, ce qui change les mentalités : aujourd’hui  vivre avec un agriculteur c’est de moins en moins épouser son métier.

 

La classe agricole est plus opposée à l’infidélité et à l’avortement. Les agriculteurs et agricultrices divorcent moins (4% contre 8% des français), les familles monoparentales sont beaucoup moins nombreuses et les naissances hors mariages plus rares. Moins touchée par les mutations qui marquent les familles contemporaines, la taille des familles est supérieure dans le milieu agricole. Et la famille, c’est sacré ! Les trois quarts des agriculteurs vivent à moins d’une demi-heure de leurs parents, et 85% de ceux-là voient leur mère chaque semaine (contre 64% pour les cadres avec la même proximité géographique). 

 

 

L’agriculteur, un consommateur en retard sur son temps ?

 

Les agriculteurs ont aussi pris part à l’essor de la consommation que l’on connaît depuis 40 ans. Mais ont-ils du retard par rapport au reste des français   ?

En possession de presque tous les équipements électroménagers, ils sont  plus équipés que la moyenne.  En particulier pour les moyens de communications :   téléphone portable et internet. Quasiment tous les ménages ont une voiture, deux fois plus que la moyenne nationale en possèdent deux. Les comportements de consommation ont suivi ceux de l’ensemble des ménages : réduction du budget « alimentation » (y compris alcool et tabac) et augmentation du budget « loisirs, culture et éducation ». La part « alimentation » a moins diminué que les autres ménages, en tenant compte de l’autoconsommation.

 

 

Niveaux de vie: des revenus en dents de scie.

 

La comparaison des revenus et niveaux de vie avec les autres ménages est délicate. Quand les revenus des autres catégories progressent lentement mais régulièrement, les revenus des agriculteurs font des bonds: (+20% en 2006/2007, -22% en 2007/2008, -32% en 2008/2009). D'autre part, le taux de pauvreté des agriculteurs reste supérieur de 11% à la moyenne, mais ce calcul ne tient pas compte du patrimoine, souvent conséquent, possédé par les agriculteurs.

 

 

Plus de travail, moins de temps libre pour les loisirs et les vacances:

 

Même avec les progrès techniques, les agriculteurs travaillent en moyenne 54 heures par semaine, soit nettement plus que l'ensemble du reste de la population. Un cinquième de ce travail est réalisé sur le week-end. Quand ils ont du temps libre, c'est souvent sans le prévoir et en décalage avec les temps de loisirs standards, difficile donc de pratiquer une activité extérieure. Ajouté à l'éloignement géographique, cela explique que leurs pratiques culturelles (cinéma, théâtre, concerts) soient moins fréquentes que la moyenne. Sans pour autant être exclus, les agriculteurs ont plus de pratiques culturelles que la moyenne des ruraux. Et 50% d'entre eux lisent tous les jours ou presque un quotidien, alors que la moyenne nationale est à 29%.

 

Même s'ils partent de plus en plus en vacances, ils le font moins souvent que le reste de la population (38% contre 65% en 2004) et partent moins longtemps en prenant 10 jours par an contre 18 à 20 pour les autres catégories.

 

La classe agricole est en pleine mutation. Elle s'est rapprochée indéniablement du reste de la population, à l'exemple des habitudes de consommation ou de mode de vie. Des différences restent frappantes, comme l'attachement à des valeurs fortes - gardons l'image de la famille, ou de la valorisation de l'effort. Le renouvellement des générations poursuivra le gommage des spécificités agricoles. Et cette nouvelle génération, fière de son métier, veut fouler de ses pieds la terre et travailler la nature, par amour d'un métier d'initiative où, avant tout, on se sent libre.

 

Source statistiques: INSEE

 

 

Publié par Victor Saint-Père
le mercredi 11 Mai 2011 à 06:00

 



 
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lundi 16 Mai 2011 à 18:54 Par JA 12
 

Enfin une communication qui va au delà des a priori !
Pour aller plus loin je vous propose de regarder le site de l'Agri-dating (www.agri-dating.fr) !
Nous aussi on veut parler des agriculteurs autrement !

vendredi 13 Mai 2011 à 01:42 Par Jean Blaguin, humoriste
 

Les revenus en dents de scie ne serait pas plutôt l'apanage des bûcherons que celui des agriculteurs ? Ha ha ha !
Signé Jean Blaguin, humoriste

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