Quand finance rime avec développement durable…

 

Super bonus, prises de risque inconsidérées des traders, spéculation sans limites… La crise financière de 2008, dont nous ressentons aujourd’hui encore durement les effets économiques, politiques et sociaux, a mis en lumière auprès du grand public de nombreuses pratiques peu avouables de la finance.  Et pourtant, à côté de ces dérives, le mouvement de l’investissement socialement responsable (ISR) montre que celle-ci peut aussi intégrer des principes relevant du développement durable. Initiées dans les pays d’Europe du Nord, et notamment en France dès les années 2000, ces pratiques se développent aujourd’hui sur le plan international.

     

L’investissement socialement responsable consiste dans la prise en compte de critères « extra-financiers » dans les choix d’achat d’actions : l’investisseur ne s’intéresse pas seulement au rendement financier que ses actions vont lui apporter, mais également aux aspects environnementaux, sociaux, et de gouvernance de l’entreprise (critères dits « ESG »). Les entreprises qui agissent dans des secteurs considérés comme néfastes pour la société, comme le tabac, l’armement, les jeux d’argent, ou la pornographie sont par exemple exclus de ce type d’investissement.

      

Par ailleurs, un investisseur socialement responsable n’est pas un simple actionnaire qui se contente de toucher les meilleurs dividendes possibles. Celui-ci est en droit d’exiger de l’entreprise des améliorations sur les plans sociaux et environnementaux, mais aussi en termes de gouvernance : dialogue direct, exercice des droits de vote en assemblée générale, dépôt de résolutions en cas de dialogue infructueux. Les investissements socialement responsables excluent ainsi les entreprises qui ne respectent pas les conventions internationales, par exemple sur le travail des enfants, ou le respect des droits fondamentaux des salariés. De la même manière que les désormais célèbres Moody’s, Fitch ou Standard & Poor’s notent (avec plus ou moins de succès) le degré de risque et les performances financières des actions, les agences de notation « extra-financières » évaluent, pour les investissements socialement responsables, les pratiques des entreprises sur la base des critères ESG.

            

Les acteurs financiers seraient-ils soudainement devenus philanthropes ? Peut-être, mais pas désintéressés pour autant : le succès montant des investissements socialement responsables tient au fait qu’ils allient éthique et rentabilité. La prise en compte de ces critères extra-financiers réduit par exemple les risques en termes de réputation et d’image pour l’entreprise. La plupart des acteurs financiers qui choisissent d’investir dans ce type d’actions est ainsi souvent convaincu que le respect de certaines normes environnementales et sociales  permet sur le long terme une meilleure performance financière. A la croisée des chemins entre économie, social et environnement, le développement durable…

   

     

Publié par Marion Gautier
le jeudi 1 Mars 2012

 



 
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lundi 2 Avril 2012 à 12:03 Par alloicilaterre
 

Voilà, pour ne pas être pessimiste sur cet article optimiste, si j'ai bien compris seul les gros investisseurs sont de la partie ?
Quand est-il des petits investisseurs ? En existent-ils ? Se regroupent-ils ? où et comment ? faut-il aller à la Bourse ?

vendredi 16 Mars 2012 à 12:18 Par salve
 

@terrheux

Attentif à mon comportement de consommateur, je suis exposé comme tout un chacun à m'approvisionner par des sources multiples : grande distribution, commerce de proximité, artisans bio...

Par ces derniers, j'ai pu connaître ce qu'on appelle une ruche. Des producteurs fournissent, et des clients s'abonnent et réceptionnent leur commande à un rythme hebdomadaire ou bimensuel selon la structure. Ça ressemble un peu à une AMAP, mais ce n'en est pas une, et chacun est libre de commander ce qu'il désire comme légumes, fruits, fromages, viandes...

L'intérêt de la chose, à mon sens, est la proximité géographique des producteurs et des consommateurs, ainsi que la taille des élevages, des cultures, et surtout la mise en rapport des différents protagonistes. Je ne pense pas qu’ils soient des exploitants d'échelle industrielle, et l'écoulement de leur marchandise reste fonction de l'affluence de la clientèle... Ce type d’organisation ne peut donc pas atteindre d'autres échelles que celle à laquelle la tient le nombre d'adhérents et l’écoulement des produits.

Aussi, lorsque vous parlez des agriculteurs qui n'ont pas fait les bons choix, je pense plus que ce sont les banquiers et autres intermédiaires de tailles industrielles qui eux se sont fourvoyés dans des voies menant aux déséquilibres que subissent les agriculteurs, soumis eux aux développements de ces grandes structures plus concentrées sur leur équilibre financier que celui de tout un milieu.

Mon message tendrait donc à faire du prosélytisme pour ces réseaux d'échelle plus réduites, et par là même, plus respectueux d'un certain mode de fonctionnement empreint lui de durabilité, un peu à l'image des cycles saisonniers... et dont chacun peut profiter sans que cela devienne une course au profit ou à la croissance.

Je pense que nos développements reprendront un autre équilibre quand nous ne devrons plus systématiquement passer par ces intermédiaires coûteux tant sur le porte monnaie des consommateurs, que sur le prix qu’ils font supporter à l’environnement par le fait de leur taille, et peu concernés par les risques, déprédations et autres effets qu’ils engendrent... Je me passerai de rentrer dans les détails que chacun peut constater, et que vous relevez dans une certaine mesure en parlant des semenciers, d’engrais, de désherbants et de produits vétérinaire.

Certes, cela implique aussi des conséquences telles que le rééquilibrage de nos croissances exponentielles, d’autres modes de gestion des terres agricoles moins empreintes de produits « phytosanitaires », et plus valorisées manuellement ou mécaniquement, etc. Mais tout ceci se réinscrirait dans une dynamique pérenne, dont nos croissances nous ont fait perdre le fil au profit d’une société acquérant un poids de plus en plus préoccupant dans l’équilibre terrestre.

Cordialement,

Salve

mercredi 14 Mars 2012 à 06:31 Par terrheux
 

pour permettre a de nombreux agriculteurs de ne pas se suicider car ils n'ont pas fait "le bon choix" il est important de revoir les financements commerciaux : semencers,engrais, desherbant, produit véto..... qui rapporte des pourcentages aux vendeurs et aux banques par l'importance des chiffres d'affaire mais peu aux producteurs puisque les couts ne sont pas introduits dans les prix de vente......

vendredi 9 Mars 2012 à 16:26 Par salve
 

À la bonne heure !

Toujours sceptique vis à vis des marchés financiers et de leurs aboutissements, je lis cet article avec un esprit nettement mieux disposé à l'égard du monde boursier.

Même si je n'investirai pas par manque de ressources à y consacrer, je n'en suis pas moins optimiste quant aux développements que cela pourrait occasionner.

Sans que cela soit pour autant une extension de la main mise humaine sur l'ensemble de l'environnement... Enfin j'aimerai conclure sur cette expression, "développement durable". Il me semble plus approprier de parler d'activité durable, le développement induit forcément une dimension incompatible avec la planète et sa taille figée.

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