Psychose

 

 

Escherichia Coli Entero-Hemorrhagiae (ECEH), une bactérie tueuse pour une contre-publicité internationale sur les fruits et légumes. 36 morts en Europe ; et le mystère sur l’origine de l’épidémie enfin découvert dans une ferme du nord de l’Allemagne. Le psychodrame du « concombre tueur » a fini par faire chuter les ventes des maraîchers. Des invendus en millions d’euros. Alors Bruxelles met la main à la poche pour venir en aide aux exploitants et grossistes malmenés par les conséquences de la crise sanitaire qui touche l’Allemagne. Actualité oblige, #1kilopepino, du concombre en écogeste. Un compte Twitter pour un deal au service des producteurs espagnols : acheter un kilo de concombre « solidaire ». 

 

Marché de fruits et légumes de Barcelone

 

Vilipendé, boycotté, le concombre ne fait plus recette sur les étals des marchés. Après le cafouillage sur l’origine de la bactérie tueuse, après les accusations (à tort) des légumes espagnols, après les interdictions de consommation, la « psychose » ECEH frappe l’ensemble de la filière maraîchère. 225 millions d’euros de perte par semaine. C’est le chiffre des invendus selon la Fédération espagnole des producteurs-exportateurs de fruits et légumes. L’épisode de la cacophonie enfin terminé, l’heure est aux comptes à Bruxelles. La Commission européenne réagit et revoit ainsi son fonds de soutien aux producteurs – grossistes : de 150 millions à 210 millions d’euros d’aide. 

 

Escherichia Coli Entero-Hemorrhagiae (ECEH), une bactérie rare et virulente. 35 morts en Allemagne, un en Suède, plus de 3 000 victimes dans 14 pays de l’Union européenne. Dépassée par la crise sanitaire, l’Allemagne utilise les grands moyens : un appel de coopération internationale pour traquer la bactérie. Et c’est désormais officiel. Des graines germées d’une exploitation de Basse-Saxe sont bien à la source de la bactérie tueuse. Mais le mal est fait. Tomates, concombres, salades, poivrons, aubergines, le doute plane pour les consommateurs.  

 

Psychose sur la bactérie  Escherichia Coli Entero-Hemorrhagiae (ECEH) 


Une gestion de crise désastreuse. Des pays européens qui lancent des accusations non fondées au point de faire vaciller tout un secteur économique. Il n’en fallait pas tant pour faire sortir de ses gonds l’eurodéputé José Bové. Un homme en colère contre le « budget européen riquiqui » et le manque d'indépendance et de moyens accorés à l’Agence européenne de sécurité alimentaire. La solution : plus d’Europe pour José Bové. 

 

En Espagne, c’est un peu la « Fraich’attitude ». Traduction : reconquérir la confiance et le palais du consommateur grâce à la dégustation de produits sains, sucrés, acidulés. Mercredi dernier, les producteurs de légumes espagnols avaient rendez-vous avec la foule. 40 000 kilos de concombre ont été distribués gratuitement, mais aussi des abricots, des melons, des nectarines. Un franc succès qui en inspire d’autres sur les ondes et dans la presse. Le magazine ABC n’hésite pas à proposer recettes de cuisine et conseils diététiques à ses lecteurs. Le concombre en gazpacho, en cocktail « gin tonic », en sushi ou en masque sur le visage, c’est riche en vitamines et en fibres. 

 

Savourer le concombre ? L’ordre vient de Matignon. En France, la solidarité avec le secteur des producteurs – grossistes s’exprime peu. Alors le ministre de l’Agriculture fait valoir ses talents de fin gourmet. Devant les caméras, sur les plateaux de télévision ou en compagnie du secrétaire général des Légumes de France, Bruno Le Maire ne manque plus une occasion de goûter le concombre. Car le désarroi des consommateurs pour les crudités est palpable. Une méfiance qui se chiffre à hauteur de 6 millions d’euros de pertes par semaine pour les maraîchers de France. 

 

La personnalité de la semaine : Aurélie Pascale, jeune agricultrice 

 

« On n’a pas attendu la crise sanitaire de l’épidémie E. coli pour avoir une bonne traçabilité de nos fruits et légumes ». Aurélie Pascale, présidente des Jeunes Agriculteurs des Pyrénées Orientales, signe la rubrique « personnalité de la semaine ». « La polémique sur le faux « concombre tueur » espagnol a été une vraie catastrophe. Les gens ont peur et n’achètent plus ce légume. En trois jours, les ventes de concombre se sont effondrées de 90%. La psychose gagne la France, mais c’est un comble alors que nous avons des conditions environnementales et sociales de production de qualité, des contrôles d’hygiène toute l’année. Moi je dis, cet été objectif bikini ! A l’approche des vacances estivales, le concombre c’est idéal pour garder la ligne. » 

 

Le concombre sous le signe de l’écogeste. Un sujet qui a toute sa place sur les réseaux sociaux. « Je n’ai jamais de concombre mais je suis une fille solidaire. » affirme une internaute, ou encore ce tweet exprimant la colère espagnole : « Ce n'était pas les concombres et ce ne sont pas non plus, pour le moment, les bourgeons de soja. Mais où les experts allemands regardent-ils ? » Visiblement, la contre-attaque s’organise sur Twitter. #1kilopepino, le compte twitter lance une bouteille à la mer pour relancer les ventes du légume sur Internet. Le deal : acheter 1 kilo de concombre espagnol pour freiner la peur du « concombre serial killer ». A vos tweets…

 

Photo : Fotolia - Alan Reed

 

L'alimentation bio vous intéresse, vous irrite ou vous intrigue ? Alors ne manquez sous aucun prétexte notre dossier :  Le bio est-il bon ?  



Publié par Christophe Baudouin
le mardi 14 Juin 2011

 



 
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lundi 15 Aout 2011 à 15:39 Par L'escargot qui s'en tape le coquillard !
 

Quel bel étalage de couleurs ! E.Coli a muté en 10-15 jours. Je n'en reviens pas. Ma maladie a muté aussi : de cyclothymique, je suis passée à bipolaire!?!
De schizophrène, j'en suis à la desespérolythe. Pas de panique, cette dernière maladie n'existe pas encore. Bien le bonjour chez vous.

mercredi 15 Juin 2011 à 09:34 Par rien de nouveau sous le soleil
 

Les experts des 27 Etats de L'UE qui s'entendent et disent oui à une aide de 210 millions d'euros pour les producteurs de légume; comme quoi l'unanimité ça marche parfois à Bruxelles!

mardi 14 Juin 2011 à 18:48 Par georges14
 

c'est vrai que les accusations à tort de l'Allemagne et le dysfonctionnement européen ont fait du mal à la filière maraîchère. Mais il faudrait pas oublier la partie médiatique de l'affaire avec des "unes" telles que " le concombre tueur" ou " Serial killer", comment voulez-vous que les gens ne prennent pas peur et finissent par ne plus savoir qui croire ?

mardi 14 Juin 2011 à 16:38 Par Christophe Baudouin
 

Merci doc49 pour cette précision ô combien utile...

mardi 14 Juin 2011 à 16:22 Par doc49
 

Il faut faire attention à ce que l'on écrit pour ne pas affoler les gens avec Escherichia Coli. C'est un germe très banal, fréquent, un germe fécal comme on dit,ce qui veut dire présent dans l'intestin et donc les selles, qui est encore appelé Colibacille, et qui peut être la cause d'infections urinaires fréquentes chez la femme (du fait de son anatomie, mais possible aussi chez l'homme).
Alors qu'il s'agit dans le cas qui défraie la chronique d'une forme effectivement rare, dite "entero-hemorrhagiae", qui a la gravité que l'on sait.
Il faut donc préciser, pour ne pas aggraver la panique (relative, tout de même), et parler, soit d'Escherichia Coli Entero-Hemorrhagiae, soit, puisque c'est un peu long, en abrégé: d'ECEH.
Et se laver les mains quand même, et les légumes: ça s'appelle l'hygiène.

mardi 14 Juin 2011 à 14:56 Par indigné
 

OK certains maraîchers sont au bord de la faillite, OK les invendus placent le prix du concombre bien en-dessous du prix de revient. Mais franchement, ne pourrait-on pas faire oeuvre de charité au lieu de détruire des centaines de tonne de légume chaque semaine ?

mardi 14 Juin 2011 à 09:55 Par rien de nouveau sous le soleil
 

Le maître mot, encore et toujours et cecy depuis 20 ans, renforcer la traçabilité des aliments, des fruits et légumes, sécuriser les circuits de distribution, etc, etc, etc...

mardi 14 Juin 2011 à 08:57 Par Lumiere
 

C'est quand même triste de voir que 10 ans après, Bruxelles et les pays membres de l'Union européenne n'ont toujours pas tiré les enseignements des crises sanitaires (vache folle & co); ça nous aurait permis d'éviter les accusatons non fondées sur les fruit et légumes qui ont mis à mal tout un secteur économique

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