Les systèmes photovoltaïques utilisent l'énergie la mieux répartie dans le monde : la lumière du soleil. Les champs se couvrent petit à petit de panneaux solaires. Malgré un bilan environnemental global incontestablement positif, les centrales photovoltaïques au sol auront forcément des impacts en terme de développement durable. Mais quels seront-ils ?

" L’ambition de la France est (…) de bâtir une véritable industrie solaire ". Aujourd'hui, des dizaines de projets de champs photovoltaïques sont en cours d'élaboration partout dans l'hexagone. Mais pour Bernard Cressens, conseiller à la direction de WWF, une des craintes concernant les parcs photovoltaïques au sol réside dans la possible concurrence avec les espaces naturels et les productions agricoles.
Un problème qui rappèle celui des biocarburants
La montée en puissance des agrocarburants qui avait entraîné des " émeutes de la faim " en 2008 a montré les risques de conflits entre les usages alimentaires et énergétiques des sols cultivés. Le syndicat des Jeunes Agriculteurs s'inquiète de voir des centrales photovoltaïques au sol implantées sur des champs cultivable : " cela entraînera une spéculation foncière et privera à terme les jeunes agriculteurs de leur principal outil de production, la terre ". Il faut dire que les entreprises guettent, à l'image de Langa Solar, spécialisée dans les équipements photovoltaïques, qui a généré 11 millions d'euros de chiffre d'affaire en 2009 et qui a aujourd'hui une dizaine de projets de champs photovoltaïques en cours d'élaboration ou en discussion.
Clôtures contre biodiversité
Pour des questions d'assurance, l’ensemble des parcs photovoltaïques doivent être clôturés. Mais cela pose le problème des déplacements de la faune sauvage. Même s'ils ne peuvent légalement pas être construits sur des espaces naturels protégés, leur impact sur des écosystèmes " banals " peut être non-négligeable. Des couloirs écologiques doivent donc être mis en place. Les associations de protection de l'environnement, notamment CLER et WWF, sont en faveur de systèmes mixtes, c'est à dire " qui allient le photovoltaïque avec une gestion intéressante du sol. Par exemple, contribuer à la défense d’un secteur en difficulté comme l’apiculture, et favoriser le processus de pollinisation grâce à la culture de plantes médicinales entre les panneaux ".
Se préparer au recyclage
Il faut reconnaître les efforts soutenus et permanents de l'industrie photovoltaïque pour diminuer ses impacts sur l’environnement. Pour Raphaël Claustre, directeur de l'association CLER de protection de l'environnement spécialisé dans les énergies, " en ce qui concerne la filière au sol, le plus dur sera de récupérer les panneaux usagés sur des milliers de tous petits sites. Les panneaux utilisés pour les surfaces importantes contiennent généralement des métaux lourds plus polluants et moins chers que les petits sites, mais étant donné leur taille, on ne peut pas les oublier. Ils seront donc intégralement recyclés. Mais étant donné leur 20 à 30 ans d'existence, nous ne sommes pas encore face au problème du devenir des composants. Les industriels ont donc le temps de s'y préparer, c'est ce qu'ils font. "
Une énergie prometteuse
A l'image de nombreuses associations, le WWF est favorable aux énergies renouvelables de manière générale, mais préconise de " positionner les parcs photovoltaïques dans des zones où il y a peu de concurrence d'usage, comme les friches industrielles, les zones déjà polluées ou celles dont la biodiversité ne serait pas impacté négativement. " Pour le directeur de CLER, les impacts des panneaux solaires peuvent même être " positifs pour l'environnement. Déjà, cela réduit la production électrique polluante, mais d'autres impacts positifs peuvent se greffer. Par exemple, en Allemagne, un ancien site de l'armé rouge remplit de pollution en armement a été récupéré pour produire du photovoltaïque. En contrepartie, le site a dû être dépollué. Si comme aucune énergie, le photovoltaïque n'est pas aujourd'hui totalement propre, la recherche doit continuer, pour que nous disposions d'un bouquet d'énergies renouvelables."
Nous avons eu sur Facebook un internaute soulignant le fait que le photovoltaïque ne produit de l'énergie que 6h par jour.
Bernard Cressens, conseiller à la direction de WWF, explique que le photovoltaïque, comme l'éolienne ou même le charbon, dépendent du temps pour produire de l'énergie. 6h, c'est en effet la moyenne du temps d'ensoleillement par jour sous nos latitudes. Seule l'énergie nucléaire n'est pas dépendante du climat.