Le 6/2/2010 - Par Alix PEILLON - Rédacteur Durable 0 Commentaires - Abus
La mobilisation des ONG semble avoir porté ses fruits puisque mercredi 3 février, Bruno Le Maire et Jean-Louis Borloo annonçaient que la France allait demander l’inscription du thon rouge à l’Annexe 1 de la CITES. Le gouvernement demande toutefois un délai de 18 mois avant que cette interdiction n’entre en vigueur. Nouvelle qui a provoqué à nouveau une levée de boucliers de la part des ONG.

Sans doute dans l’optique de préserver le climat politique et social à la veille des élections régionales, le gouvernement a tenté le consensus. Or, la décision d’inscrire le thon rouge à l’ Annexe 1 de la CITES en laissant un délai de 18 mois ne satisfait personne. D’un côté, les thoniers protestent contre cette interdiction : « On va vers une grosse crise », déclarait le Président du Syndicat des thoniers méditerranéens suite à cette décision. De l’autre côté les ONG, telles Greenpeace, dénoncent un manque de courage politique qui « autorise à ponctionner toujours plus l’espèce » pendant encore 2 saisons de pêche.
D’après J.L. Borloo ( TF1 News ), « Ce délai permettra de procéder à l'analyse des stocks de cette espèce victime de la surexploitation ». En effet, une part du débat autour de l’interdiction du commerce international du thon rouge reposait sur le soi-disant manque d’informations sur les stocks de thon rouge. Pourtant, le WWF indiquait dans sa note documentée sur le rapport du Comité scientifique de l’ICCAT que : « Les données historiques sur le thon rouge sont bien plus importantes que pour la plupart des espèces inscrites en Annexe I (le loris, l’orcelle, l’éléphant d’Afrique…). ». Greenpeace renchérit dans un communiqué du 3 février 2010 : « Rappelons que selon les dernières évaluations scientifiques, il reste moins de 15% de la population de thon rouge en Méditerranée ».
Il existe deux catégories de pêcheurs de thon rouge. Les pêcheurs industriels, équipés de bateaux puissants, regrouperaient environs 300 personnes employées un mois par ans pour pêcher en haute mer la plus grande part du quota attribué chaque année (3 000 tonnes environs en 2009). A côté, on trouverait environs 600 petits pêcheurs qui sont responsable de la pêche de 300 tonnes de thon rouge par an environ, soit une petite part du quota. Greenpeace milite pour que ces derniers puissent continuer leur activité : « L’interdiction du commerce international n’empêche pas la pêche dans les eaux territoriales, en Méditerranée jusqu’ à 20 km des côtes. (…) La création d’une zone économique exclusive (ZEE) en Méditerranée, au-delà des eaux territoriales, doit être portée par la France pour la survie des petits pêcheurs. »
L’affaire du thon rouge a-t-elle véritablement pris fin avec la décision du gouvernement annoncée mercredi dernier ? Ou la France reviendra-t-elle sur sa décision face à la mobilisation des ONG ?
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