Il n'y aura pas de révolution mondiale des transports à la suite du Sommet de Copenhague. Le plus grand rassemblement de chefs d'Etat de l'histoire de l'ONU met chacun face à ses responsabilités propres et appelle à de nouveaux rendez-vous.
- En marge de Copenhague, le transport aérien prend des engagements
L'accord de Copenhague n'engage en rien le secteur le plus polluant en matière de transport : l'aviation. Pourtant, ce secteur produit à lui seul 2% des émissions de CO2 d'origine humaine. Plus de 2,2 milliards de passagers sont transportés chaque année.
Consciente des enjeux du changement climatique et déterminée à y répondre, l'aviation internationale souhaitait être intégrée dans un traité post-Kyoto. A l'occasion du Sommet de Copenhague, Air France a annoncé la décision de l'ensemble du secteur de s'engager au niveau mondial sur des objectifs précis de réduction des émissions de l'aviation : améliorer d'ici à 2020 l'efficacité énergétique à 1,5 % par an ; stabiliser la croissance des émissions de gaz carbonique à partir de 2020 et réduire les émissions de CO2 de 50 % en 2050 par rapport à 2005.
- Une taxe carbone ?
Si l'accord de Copenhague n'impose aucun objectif chiffré pour contrôler le réchauffement climatique, Nicolas Sarkozy souhaitait mettre en place une taxe carbone dès le 1er janvier 2010. Il faut dire qu'au niveau national, les transports seraient à l'origine de près de 27% des émissions de gaz à effet de serre et de 35% du CO2 , selon le Réseau Action Climat. Ainsi ce secteur est largement en tête du classement des rejets, devant l'industrie manufacturière, l'agriculture et le résidentiel tertiaire. Mais cette taxe, qui devait rapporter 4,1 milliards d'euros à l'Etat en 2010, ne devait pas toucher les 1018 sites industriels les plus émetteurs de C02, comme le transport aérien et routier de voyageur. Le Conseil Constitutionnel a jugé ces régimes d'exemptions "contraires à l'objectif de lutte contre le réchauffement climatique". La taxe est donc rejettée pour le moment. François Fillon a d'ores et déjà annoncé qu'il présenterait le 20 janvier un nouveau dispositif tenant "pleinement compte des observations du Conseil Constitutionnel".
Mais cette taxe environnementale entraînerait une concurrence déloyale face aux pays qui refusent des objectifs contraignants sur le climat. Déçue par l'accord de Copenhague, l' Europe relance l'idée d'une taxe carbone aux frontières, qui défavorise ainsi les produits importés des pays qui refusent les contraintes.
- Après Copenhague, qu'est-ce qu'on fait ?
Aucun engagement commun. Mais le "désastre", l' "échec total" de la Conférence de Copenhague est à relativiser. A l'issu de ce Sommet, les pays du monde entier ne remettent plus en question la réalité des changements climatiques et ont pris conscience de l'urgence qui s'impose pour y faire face. L' opinion internationale est plus mobilisée que jamais cntre les injustices et les inégalités qui accompagnent les changements climatiques et contre le gaspillage des ressources de notre planète.
Le " transport citoyen " risque donc de devenir de plus en plus populaire. Si rien n'est encore décidé au niveau politique, chacun peut agir à son échelle en modifiant notamment son mode de transport. Les voitures électriques, moins polluantes, permettent de réduire l'empreinte écologique. D'autres moyens de transports se développent aussi, du co-voiturage par exemple, au vélo partagé (comme Vélib' à Paris), sans oublier la marche à pied !
Les négociations, lancées sous l'égide de l'ONU en 1992, vont se poursuivre. D'ici au 31 janvier 2010, les pays qui ont signé l'accord de Copenhague doivent présenter leurs objectifs chiffrés. Au total, cela devrait permettre de ne pas dépasser les 2 degrés de réchauffement. Mais rien n'est encore certain, car une bonne partie des pays émergents (G77) a refusé de s'engager sur ce point. Négociations à suivre dans un an, lors de la 16 e conférence à Mexico, du 29 novembre au 9 décembre 2010.
N'oublions pas le stockage de données, qui représente 3 % des émissions de CO2 aux USA ! ... Forcément moins en France du fait du nucléaire, mais un grand soucis de transfert de pollution, car la dématérialisation de nos activités est une des grandes pistes de développement de l'économie verte.