Panache radioactif : que faut-il craindre des rejets de Fukushima ?

 


13 jours après le violent séisme, la situation n’est toujours pas sous contrôle dans la centrale nucléaire de Fukushima. Fumées blanches, puis noires, piscine de stockage du combustible au bord de l’ébullition, contamination de produits alimentaires, et maintenant panache radioactif qui plane au-dessus de nos têtes. Car les vents tournent. Le nuage a déjà survolé le continent nord-américain, les Caraïbes et les Antilles, et se dirige vers la France d’ici mercredi à jeudi. Après le débat sur la sortie du nucléaire, Durable.com poursuit l'enquête sur la crise nucléaire nippone. Cette fois c’est officiel, le panache radioactif ne s’arrête plus à la frontière.

 

 

 

Signe de la radiation nucléaire

 

 

 

Roland Desbordes - président de la CRIIRAD (Commission de Recherche et d'Information Indépendantes sur la Radioactivité)



Roland Desbordes « Le risque de contamination du panache radioactif est négligeable ». Roland Desbordes confirme l’hypothèse mathématique réalisée par l’IRSN (Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire) et Météo France. Le diagnostic, faible condensation du nuage, ne fait donc pas l’objet de critiques. Selon les experts,
ces substances radioactives en provenance de Fukushima seront difficilement détectables par les 165 balises de surveillance. RAS sur l’alerte sanitaire,
les pastilles d’iode ne sont pas d’actualité. Du moins pas en France.
« Pour autant, l’accident de Fukushima n’est pas terminé. C’est difficile d’établir des prévisions de risque et moi je ne suis pas Madame Soleil ! » Difficile donc de paramétrer l’incertitude et de calculer le risque résiduel. Une chose est sûre pour le président de la Criirad, « on ne sait pas l’étendue que peuvent prendre les rejets radioactifs. On n’est donc pas à l’abri d’une contamination plus importante qui toucherait la France et d’autres pays européens ».

 

Panache radiocatif : que faut-il craindre des rejets de Fukushima ?

 

Pour le moment, tous les regards se tournent vers l’archipel japonais. La masse d’air contaminée (particules radioactives, iode 131, césium 137) gagne Tokyo. Car les vents ont tourné et la mégalopole de 35 millions d’habitants a vu son taux de radioactivité réévalué. La crise nucléaire nippone évolue d’heure en heure. A l’image de certains légumes verts (épinards, brocolis, choux-fleurs) devenus interdits à la vente dans quatre préfectures proches de Fukushima. Pour Roland Desbordes,
la « contamination de l’air se chiffre désormais entre 10 et 20 Bq/m3 d’air ». Mais difficile d'en savoir plus. Les autorités ne se montrent pas très bavardes sur la liste des substances rejetées par la centrale de Fukushima. Communication de crise oblige.

 



Annie Thébaud-Mony – Sociologue, directrice de recherche honoraire à l’ Inserm
(Institut national de la santé et de la recherche médicale)


Annie Thébaud-Mony Le panache radioactif a beau être diffus, invisible et « inoffensif » pour la santé, la presse s’en fait les gros titres. « Arrêtons de fantasmer avec ce panache ».
Comme le souligne Annie Thébaud-Mony, si la masse d’air contaminée reste ponctuelle et à très haute altitude, « on ne connaît toujours pas à l’heure actuelle la composition exacte des substances en provenance de Fukushima ». Quid des polluants toxiques qui restent en suspens dans l’air, des dégâts radioactifs différés, et du niveau de contamination de la zone de pêche du Pacifique ? Aujourd’hui, les informations sont insuffisantes pour se faire une idée du risque résiduel. Mais voilà 25 ans qu’Annie Thébaud-Mony planche sur les conditions de travail au sein des centrales nucléaires. Alors forcément, la chercheuse en santé n’oublie pas de rappeler que les rayonnements ionisants sont toujours cancérigènes jusqu’à preuve du contraire.

 

Panache radiocatif : que faut-il craindre des rejets de Fukushima ?


« Ce qui me met en colère, c’est que toute la construction de la technologie nucléaire est basée sur le principe du confinement. Hors, on est en train de voir remonter la radioactivité dite naturelle »
(atomes radioactifs naturellement présents via le rayonnement cosmique). Et les sacrifiés de Fukushima ? Dans le flot continu des péripéties contre l’échauffement des réacteurs, un panache a vite fait de chasser une autre information. Les ingénieurs d’Areva ont été rapatriés manu militari,
« mais combien de blessés, d’irradiés chez les pompiers et les militaires ? Que sont devenus les sous-traitants et les ouvriers de Tepco ? (…) C’est le black-out total » pour Annie Thébaud-Mony qui ne manque pas de souligner, suite à la récente évacuation des techniciens de la centrale de Fukushima,
que la division du travail et des doses radioactives s’appliquent bien à l’industrie nucléaire.   

 

 

 

Photo : iStockphoto

 

Publié par Christophe Baudouin
le mercredi 23 Mars 2011

 



 
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jeudi 24 Mars 2011 à 16:10 Par siosnarf42400
 

Si je comprends bien, nous allons pouvoir disposer de mesures, après l'arrivée du panache sur l'hexagone ces 24 et 25 mars, concernant les premiers radionucléides émis dans l'atmosphère après le début des accidents à répétition survenus sur le site de Fukushima. Donc faible quantité au début, notamment en raison de la distance, de la dispersion, etc... Mais à ce jour, rien ne permet de penser que les rejets dans l'atmosphère d'isotopes radioactifs ont cessé voire diminué... Qu'en sera-t-il alors dans quelques jours, semaines, mois ? Continuera-t-on à parler d'innocuité pour de faibles doses de radiations (inhalées, ingérées, etc...) ?
Par ailleurs, même dans le domaine des faibles concentrations, n'observe-t-on pas sur le tableau visible en ouvrant le lien ci-après des multiples de 10 voire davantage sur seulement 24h00 ou 48h00 ?

http://balisescriirad.free.fr/Resultats_%20Japon/Resultats_24_03.pdf

jeudi 24 Mars 2011 à 09:12 Par kubiac
 

voici un communiqué de la CRIIRAD que je trouve terrifiant!
en tout cas si pas de nuage dangeureux, l'ombre de Tchernobyl est là et bien là!!
http://www.criirad.org/actualites/dossier2011/japon/11_03_23_Volet1der.pdf

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