Mortelle sécheresse dans la Corne de l’Afrique

 

 

Des famines au XXIe siècle, ça existe toujours. La Somalie, le Kenya, le Soudan, l’Ethiopie et une partie de l’Ouganda sont touchés de plein fouet par une terrible sécheresse. La pire depuis 60 ans. Récoltes décimées, la crise alimentaire s’installe une nouvelle fois en Afrique de l’Est. 12 millions de personnes sont menacées par la famine. Face à l’urgence, les ONG et l’ONU veulent à tout prix accélérer le processus de financement humanitaire. Une question de vie et de mort.  

 

Sécheresse sans précédent Corne de l'Afrique

 

C’est la pire sécheresse depuis 60 ans en Afrique de l’Est. Perte des récoltes et du bétail, flambée des prix des denrées alimentaires, spéculation sur le sucre et les céréales, le cercle est vicieux. Somalie, Kenya, Soudan, Ethiopie, Ouganda, 12 millions de personnes sont menacées par une crise alimentaire qui s’est transformée en famine. Face à l’état d’urgence, les Nation unies en appellent à la générosité des donateurs : 1,8 milliards de dollars pour répondre à la malnutrition et à l’afflux de réfugiés. Problème, moins de la moitié des fonds était réuni sur la table (dimanche). 

 

Faire bouger les choses. La diplomatie s’active et les déclarations politiques se multiplient sous l’égide de la présidence française du G20. Sur le terrain, l’aide humanitaire a pris du retard, mais arrive à Mogadiscio. Les fonds d’urgence, eux, peinent à suivre les objectifs onusiens. 145 millions de dollars sont apportés par la Grande-Bretagne, 29 millions par l’Allemagne, 66 millions par l’Australie, et 30 millions par la France. Dans la balance, il manque toujours 800 millions de dollars. Pas de miracle sans sursaut des donateurs. Difficile donc de faire mentir le proverbe selon lequel « l’argent est le nerf de la guerre ». 

 

Famine Corne de l’Afrique, l’analyse de Jean-Cyril Dagorn


Jean-Cyril Dagorn d’ Oxfam France dresse une rétrospective lourde de significations. « Voilà deux ans que les agences onusiennes et les ONG sur place tirent la sonnette d’alarme sur le problème de la pluviométrie (phénomène la Nina) dans la région et des mauvaises récoltes agricoles. Résultat, la situation a continué de se dégrader. La sécheresse et la volatilité des prix sur les marchés agricoles ont fini par déboucher sur une famine dans la Corne de l’Afrique. » Caractère exceptionnel, il faut remonter à 1992 pour parler de la famine en Somalie.  

 

Pas de fatalisme pour Jean-Cyril Dagorn. « Sur le plan politique, seul un quart des 22 milliards de dollars promis lors du sommet du G8 (2009) pour soutenir la production agricole dans les PED a été débloqué. C’est sûr que dans un contexte de déficit budgétaire des pays européens et des Etats-Unis, c’est assez facile d’argumenter sur le manque de moyens pour agir. Pourtant, tous les responsables politiques s’accordent à dire qu’il faut agir en amont et développer l’agriculture locale, l’irrigation, les stocks de réserves alimentaires. Malheureusement, les fonds à l’extrême urgence sont préférés aux investissements à long terme dans l’agriculture. »

 

La personnalité de la semaine : Verena Von Derschau porte-parole de l’ONG ONE


Que font les politiques ? « Les principaux pays donateurs traînent des pieds pour débloquer les fonds d’urgence. Je peux comprendre qu’il y ait une certaine lassitude à voir se répéter ces famines sur le continent africain. Le vrai problème en réalité c’est le manque de volonté politique. Il a fallu une après-midi aux dirigeants européens pour s’entendre sur le financement de la dette grecque et sauver la zone euro. C’est triste qu’il faille attendre des milliers de morts pour venir en aide à ces populations en Somalie et au Kenya. »

 

L’écogeste   : « leaders d’opinion », et si vous mettiez un peu plus la pression pour sauver les populations de la Corne de l’Afrique ? 


De l’eau, des vivres et des médicaments. Appel à la mobilisation internationale à l’initiative de ONE, Oxfam, Save The Children, afin de débloquer l’aide humanitaire d’urgence. Une lettre publique qui fédère également quelques grands noms chez les artistes dits « engagés » : les chanteurs Bob Geldof, Tiken Jah Fakoly, l’actrice Kristine Scott Thomas, le réalisateur Stephen Fry ou encore le photographe Yann Arthus-Bertrand. Un coup de gueule histoire de mettre un peu plus la pression sur les donateurs pour un message de solidarité qui ne peut rester lettre morte. Espérons que le message parvienne jusqu’à Pékin et aux riches pays du Golfe, les mauvais élèves de l’aide internationale.  

 

Photo : Fotolia - oliviertabary

 

Des idées, de la solidarité et beaucoup de volonté.  Le sujet de la désertification en Afrique vous intéresse ?  Lisez notre dossier Le pari fou de la Grande muraille verte au Sahara

 

 

Publié par Christophe Baudouin
le mardi 2 Aout 2011

 



 
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lundi 15 Aout 2011 à 11:20 Par L'escargot qui s'en tape le coquillard !
 

Alors, dans les 80's, nous avons le collectif "Song pour Africa" sous l'initiative de feu Mickael Jackson ("We are the World"), il sagissait de la famine en Ethiopie. Il y a eu aussi un collectif français pour cette même cause. Les effets : des ronds, des ronds, et du gaspillage ! Il faut savoir que nous(les pays occidentaux) les (les Africains) tenons dans cet état, c'est un terrain de jeux politiques, les enjeux nous dépassent, c'est un buzziness ! Félicitations aux ONG de continuer leurs actions malgré l'état des choses.

mercredi 3 Aout 2011 à 10:33 Par fanfoise
 

C'est facile de demander "comme d'habitude" aux donateurs!....Depuis combien d'années ON NE FAIT RIEN en amont????, selon une enquête de l’ONG Survival International, de grandes étendues de terres fertiles dans la vallée de l’Omo, au sud-ouest de l’Ethiopie, ont été cédées à des compagnies malaisiennes, italiennes et coréennes, ou sont directement gérées par l’Etat, pour y pratiquer une agriculture intensive d’exportation. Le gouvernement projette, en outre, d’étendre encore à 245 000 hectares la superficie des terres qu’il destine principalement à la culture de la canne à sucre. Le projet gouvernemental implique également la construction d’une série de barrages le long de la rivière Omo, dont celui de Gibe III destiné à devenir le plus grand barrage du continent africain. La construction de centaines de kilomètres de canaux d'irrigation, nécessaires à ce projet colossal détournera les eaux dont dépendent les tribus, qui ne pourront plus compter sur les crues annuelles pour cultiver!... Nul besoin de préciser qu’en cas d’opposition, les réfractaires seront tout bonnement expulsés.

mardi 2 Aout 2011 à 17:58 Par Ymel
 

Et que fait le peuple :
il part en vacances !
il regarde le feu d'artifice !
Et la liste est longue !
Et croyez bien que cela va continuer !
L'argent est au coeur du problème et temps qu'il coulera, aussi vite on écriva !

mardi 2 Aout 2011 à 15:04 Par le mataf
 

Le pétrole de la Libye est plus important que de nourrir ces pauvres bougres n'est ce pas vous que l'ont dit "grand" .Ont a dépenser une somme faramineuse pour libérer deux tordus ( les banlieues chaudes rapportent moins et sont plus dangereuses ).
la France a une dette envers ces pays n'est ce pas !
Jeanpierrecanot ne nous dit que la vérité (c'est dure mais allez voir 'vous les journaleux du sensationnel )
Je ne met pas toute cette profession au pilori
Assez de bonnes paroles dont ce gargarisme un tas de charlots ,nous avons tous les moyens pour aider cette région ,sortons la tête du sable ,un bon coup de pied dans ces fangeux, de la volonté et regardons la vérité toute nue, soyons simplement humain

mardi 2 Aout 2011 à 14:26 Par aurore95
 

En même temps voir au JT de 20h des enfants agonisant et mourant de faim; non merci. PPDA & Co en ont assez fait en leur temps avec le journalisme émotionnel.

mardi 2 Aout 2011 à 10:40 Par Georges41
 

C'est sûr qu'en plein mois d'août, parler du mauvais temps de juillet ou des morts sur la route c'est plus important que de montrer les ravages du phénomène climatique La Nina. heureusement, il y a les blogs et les web media, la télévision c'est vraiment devenu ringard ...

mardi 2 Aout 2011 à 10:22 Par jeanpierrecanot
 

NON AU TERRORISME ALIMENTAIRE !


Le tour de France, l’affaire DSK, les tabloïds Anglo-Saxons, les bouchons sur les routes auxquels bison futé ne peut plus rien, les vacances foutues par manque de soleil ; que de sujets d’intérêt en cet été 2011 !


Pendant ce temps un drame horrible se joue dans la Corne de l’Afrique illustré par ces cadavres vivants d’enfants sur les routes de Somalie, par le témoignage bouleversant de cette maman qui avec ses cinq petits à parcouru cinquante kilomètres pour leur trouver un peu de nourriture, un garçon de trois ans est mort en route.

Il y a au bout de cette route de magnifiques structures d’accueil où l’on pourrait trouver quelques miettes indispensables, mais le gouvernement – si l’on peut dire – du coin refuse l’accès à ces étrangers qui risquent d’envahir le pays, qu’ils crèvent donc !
On cite (Le Point 26 juillet 2011) cet homme endimanché, en costume et chaussures cirées qui dans la poussière orange de huttes du nord du Kenya filme consciencieusement avec son Ipad la carcasse en décomposition d’une vache. La Directrice exécutive du Programme Alimentaire Mondial a elle-même posé près de la vache !
Ces sinistres simagrées sont-parait-il nécessaires pour définir les mesures à prendre d’urgence.

La FAO, dont le Directeur Général clame sans être entendu depuis des années que la priorité des priorités est de permettre à ces pays d’atteindre leur autosuffisance alimentaire, la FAO convoque d’urgence les pays développés pour apporter un aide immédiate à ces malheureux affamés.
D’urgence, cela veut dire pour les pays concernés en prenant son temps, afin qu’il en meure quelques milliers de plus, ça coutera moins cher !

Ce drame horrible, qui dépasse en gravité toutes les crises économiques que vivent les pays dits riches, a pour unique cause un véritable terrorisme alimentaire auquel se livrent depuis bien des années divers acteurs qui s’acharnent à en renvoyer la responsabilité au réchauffement climatique et à la sécheresse conséquente. Notre irresponsabilité d’émetteurs de CO2, ou celle de nos bovins émetteurs de pets et rots méthaniques serait selon eux la seule cause du drame.

Ce terrorisme alimentaire est dû :

- De façon très directe à l’action de milices et bandes armées, sous la coupe d’organisations fanatiques qui entendent soumettre les populations par la faim, en empêchant au besoin l’acheminement de l’aide alimentaire.

- Moins directement à la politique menée dans les pays en développement où, au-delà du détournement contant de l’aide internationale au profit de politiciens véreux, les choix de développement qui ont été faits ne peuvent conduire qu’à la catastrophe.
Le funeste ajustement structurel prôné pendant des années par le FMI et la Banque Mondiale, conduit au nom d’une bien vaine recherche d’indépendance financière à privilégier des cultures industrielles pour l’exportation, dont le prix ne permettra pas d’acheter aux pays dits riches l’alimentation de base que l’on aurait dû produire en priorité.

L’Organisation Mondiale du Commerce a ici une très grave responsabilité, dans la mesure où le prix de l’alimentation de base, est fixé mondialement, non pas en fonction du coût de production, mais en fonction de la loi de l’offre et de la demande, la demande des pauvres ne pouvant pas être satisfaite par l’offre, hors de prix, des riches.

Ce terrorisme alimentaire tient surtout au fait que nous avons étés incapables dans la mise en œuvre de l’Aide Publique au développement, de tirer les leçons des erreurs politiques précitées, ce qui conduit à engloutir des sommes énormes dont il ne peut rien sortir de positif.

« En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».

C’est une femme admirable qui le dit. Une Sénégalaise qui depuis Saint-Louis œuvre inlassablement pour aider les femmes de la vallée du fleuve Sénégal à faire renaître l’agriculture de la région. Les hommes eux sont, contre l’avis des femmes et au péril de leur vie, partis en Europe pour essayer de gagner quelque argent…

« Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte…/… ».

C’est un homme qui le dit, un Français, le Secrétaire d’État à la coopération, le même qui ajoutera un peu plus tard, sans rire, qu’il faut créer un loto pour financer l’aide publique au développement ! ».

Alors oui, il faut absolument aider de toute urgence, en cessant les palabres inutiles, ceux qui attendent quelques bouchées pour survivre. Il ne faut pas des semaines de grimaces et de facéties de personnages politiques parfaitement endimanchés pour débloquer quelques centaines de millions de dollars – au point où nous en sommes tous de la dette ! – qui permettront de sauver bien de malheureux enfants.
À l’heure où l’on dépense 11 milliards d’euros pour l’organisation de jeux olympiques parfaitement inutiles, on peut se demander si une telle décision n’est pas au-delà d’une discrimination - quant aux acteurs et spectateurs- que personne ne dénonce un nouvel élément du terrorisme alimentaire, compte tenu des productions que permettrait une telle somme.

Il faut arrêter de vouloir mettre en place chez ces malheureux affamés, nos modèles économiques actuels, qui montrent d’ailleurs leurs limites par la disparition de l’agriculture et l’avènement de l’économie virtuelle et de la fausse monnaie. Il faut arrêter les sinistres et lamentables facéties et simagrées du développement dit durable, du commerce prétendu équitable ou de la microfinance, première étape du modèle coopératif que nous sommes incapables de dépasser.

Il faut arrêter de considérer que la limitation des naissances dans ces pays est la priorité des priorités, elle est indispensable, mais ne pourra être mise en œuvre efficacement que lorsqu’un minimum de conditions de vie décentes permettra à ces malheureux de ne pas être soumis dans les périodes de danger de sa disparition, au seul instinct de conservation de l’espèce.

Il faut dans ces pays où l’argent apporté à flots, ne pourra rien, aider ces malheureux à développer le secteur agricole par le modèle que nous avons-nous-mêmes mis en place il y a plus de cent ans lorsque notre agriculture était dans la même situation que la leur aujourd’hui.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
CONFUCIUS.

27 juillet 2011

mardi 2 Aout 2011 à 09:23 Par Lumiere
 

Attention Message papal : " le monde ne doit pas rester indifférent à la faim et la soif "; espérons que Benoît XVI soit plus écouté que sur son compte Twitter

mardi 2 Aout 2011 à 09:20 Par Christophe Baudouin
 

@cartman

sauf que le sujet de la sécheresse dans la Corne de l'Afrique, c'est aussi et surtout celui de la famine (avec ou sans pluies diluviennes) : plus de 10 000 morts, 12 millions de personnes menacées, 100 000 réfugiés fuyant la famine vers Mogadiscio... merci de suivre l'information

mardi 2 Aout 2011 à 04:01 Par Shebab
 

FAMINES;APPEL:

la chef des opérations humanitaires de l'ONU vient de déclarer qu'il manquait 1,4 de milliards de dollars pour sauver des vies
N'hésitez pas à donner.
Si vous hésitez voir cette page :
http://www.montagne-protection.org/HUMANITAIRE-FAMINES-DONS-AIDE-URGENCE.pdf

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