Le tuk-tuk arrive dans la bande de Gaza. Et c’est une première. Le célèbre triporteur plus connu dans la région d’Asie du Sud-Est traverse le Moyen-Orient pour venir défier la charrette à âne. La faute au blocus israélien imposé depuis près de quatre ans dans les territoires palestiniens. Le prix de la nourriture pour ânes importé d’Israël devient plus cher que l’essence bon marché. Alors la charrette à âne se ferait-elle détrôner par les triporteurs motorisés made in China ?

Le tuk-tuk motorisé concurrence les charrettes à âne de Gaza (crédit (crédit photo : AFP / Mohammed Abed).
Les tuk-tuks ont la cote dans la bande de Gaza
Vous souvenez-vous du tuk-tuk solaire ? A Bangkok, Morakot Charnsomruad avait conçu un innovant tuk-tuk solaire électrique. Mais dans les territoires palestiniens, changement de décor, ce n’est pas d’énergie renouvelable dont il est question. Le blocus de gaza rend la vie chère et le commerce tourne au ralenti. C’est pourquoi le célèbre tuk-tuk des métropoles d’Asie du Sud-Est séduit les conducteurs de charrette à âne. Troquer l’animal contre un tricycle motorisé ? Le mode de déplacement est inédit pour les Gazaouis, mais l’alternative économique est bien réelle. Un choix qui se résume par le prix bon marché de l’essence dans les territoires palestiniens. Ainsi, un tuk-tuk fabriqué en Chine, puis échangé en pièces détachées via l’économie souterraine de Gaza peut parcourir près de 25 km par litre d’essence.
La charrette contre le triporteur motorisé
Plus rapide qu’un âne, une lapalissade me direz-vous, mais surtout moins cher ! Et c’est bien le principal atout pour les habitants de la bande de Gaza qui font face aux conditions de vie difficiles. Les exportations interdites dans les territoires palestiniens ; le marché noir se développe avec le voisin égyptien. Ainsi, le prix du carburant revient moins cher que l'eau : environ 3 dollars par jour. Faire vivre un âne pour se déplacer devient moins rentable que d’acquérir un tuk-tuk. C’est un peu le monde à l’envers dans la bande de Gaza. Aujourd'hui, le litre d'essence importé d'Egypte coûte 0,40 euros, soit moins d'un tiers du prix du litre importé d'Israël. Effet de mode ? En fait, c’est plus l’opportunisme qui gagne la principale artère commerçante de Gaza. Pour faire marcher l’activité économique, les concessionnaires automobiles de Gaza n’hésitent plus à exposer les tuk-tuks dans leur vitrine.
Le blocus de Gaza imposé par Israël a été allégé récemment. Cependant, 80 % de la population dépend toujours de l’aide humanitaire.
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