Les objectifs du Millénaire : rêve ou réalité ?

 



Quid des huit objectifs planétaires pour le développement à l’horizon 2015 ? Rappel historique : 189 pays au départ (2000) se sont engagés à lutter contre la faim dans le monde, les maladies infectieuses graves, la mortalité infantile, assurer l’éducation primaire pour tous, préserver l’environnement et réduire de moitié la pauvreté dans le monde. Bilan mitigé ! C’est le flop de la semaine et la conclusion du rapport de l’ONU pour ce premier bilan des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). Mais tout n’est pas noir au royaume des promesses politiques. La Chine, serait même en bonne position pour gagner ses engagements du Millénaire. De bon augure pour ce pays d'1,3 milliard d'habitants. Et c'est le top de la semaine. Enfin l’écogeste, Marc Obéron poursuit l’expérience cinématographique « 8 » avec le concours vidéo
« Act Now ! »   pour alerter les grands de ce monde à respecter leurs engagements.

 

 

 

 

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New York, siège des Nations-unies (crédit : Flickr-Benjamin Dumas).

 

 

Les promesses ne tiennent qu’à ceux qui y croient ? Les chefs d’Etat de 191 pays se sont réunis lundi dernier à New-York pour faire le point sur les objectifs du Millénaire à l’horizon 2015. Le verdict est sans appel : bilan mitigé selon le rapport de l’ONU. Et c’est le flop de la semaine !  


L’ONU réussira-t-elle à tenir les engagements pris en septembre 2000 ? Dix ans après, rien n’est moins sûr. Malgré des progrès sensibles dans le domaine de la santé, la pauvreté et la faim dans le monde ne reculent pas assez. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes.

 

Selon l’organisation mondiale pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), 925 millions de personnes souffrent de la faim (2009). L’écart s’est creusé : les affamés sont plus nombreux comparés à 2006 (825 millions de personnes).

 

 

 

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Mai 2010, carcasse de bétail à Dakoro dans le nord Niger. La crise alimentaire menacerait 10 millions de personnes dans la région, entre autre à cause de la sècheresse (crédit : AFP).

 

 

  • Rien de nouveau sous le soleil ?


La grave crise alimentaire dans le Sahel (10 millions de personnes) place l’Afrique subsaharienne au banc des principales victimes de la malnutrition et de la faim. Sur le front de l’extrême-pauvreté, tous les continents enregistrent une légère baisse.

 

Ce sont 31 % des populations des pays en voie de développement qui vivent avec moins d’1,25 dollar par jour. Mais l’histoire semble se répéter une nouvelle fois dans la zone subsaharienne. Le taux d’extrême pauvreté culmine à 38 %. Un triste record…

 

Le chemin est encore long pour atteindre les huit engagements, alors que l’échéance approche : 2015 ! « La décision la plus audacieuse prise par l’humanité », selon Muhammad Yunus, se transformerait-telle en vaste utopie ? Le partenariat mondial pour le développement (le 8ème objectif) tarde à se concrétiser et la crise financière de 2008 est passée par là. Voilà donc le bouc-émissaire désigné !

 

 

 

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Le New york Stock Exchange (crédit : AFP).

 

 

  • Mais tout n’est pas noir au royaume des promesses politiques


Car un géant, la Chine, est en passe d’atteindre une partie des objectifs du Millénaire. Alors dans un continent où 2/3 des pauvres vivent en Asie, la nouvelle a de quoi surprendre. Et c’est le top de la semaine !

 

Une personne sur six souffre de malnutrition en Asie. Forcément pour Pékin, les huit objectifs du Millénaire c'est un peu : défi colossal en perspective.

 

 

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Pékin, place Tian An Men (crédit : Filckr-hinayana).

 

 


Oui mais voilà, mardi 21 septembre la nouvelle est tombée au siège des Nations unies. La Chine serait en mesure de remplir l’objectif onusien d’ici 2015. Dans ces conditions, on comprend mieux l’enthousiasme qui a gagné la coordinatrice des Nations unies à Pékin. C’est « un succès sans précédent » selon Renata Dessallien.

 

Trois des objectifs sont en passe d’être remportés pour ce pays d’1,3 milliard d’âmes : réduction de la pauvreté, assurer l'éducation primaire pour tous et réduire la mortalité infantile. Pas de doute possible, Pékin vise bien le leadership sur la scène internationale !

 

 

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Ainsi, la proportion de Chinois qui disposent de moins d'un dollar par jour est passée de 9,6 % en 1990 à 3,8 % en 2009. L’argent serait-il le nerf de la guerre dans le développement ? 

 

 

Enfin l’écogeste pour un monde meilleur : un concours vidéo pour alerter les grands de la planète à respecter les objectifs du Sommet du Millénaire sur le développement ?

 

Connaissez-vous « 8 » ? C’est le film porté par 8 réalisateurs de renom pour mobiliser les publics sur l’échéance politique de 2015. Et bien après le lancement de cette série de courts métrages en février dernier sur la plateforme YouTube, « 8 » de Marc Obéron passe à l’appel à candidature sur la toile. 

 

 

The Water Diary, court métrage signée Jane Campion pour le film " 8 " :


 

 


« Act Now ! » donne la parole aux citoyens du monde entier sous forme de fiction vidéo. Internautes, vous avez la chance de réaliser votre expérience de vidéaste amateur du 1er juillet au 31 octobre. N’hésitez plus une seule seconde et lancez-vous sur les traces de Gus Van Sant, de Jane Campion ou encore de Wim Wender.

 


C’est à votre tour de faire parler les objectifs du Millénaire. Une chance inouïe, le producteur Marc Obéron vous donne carte blanche pour réaliser votre fiction de 3 à 15 minutes. Alors tous à vos caméras !

 

 

 

Publié par Christophe Baudouin
le samedi 25 Septembre 2010

 



 
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dimanche 26 Septembre 2010 à 15:13 Par Jean-Pierre CANOT
 

LE DRAME DE L’AIDE PUBLIQUE AU DÉVELOPPEMENT



Ils ne comprendront donc jamais que le drame de l'aide au développement n'est pas dû à un problème de ressource financière, mais à la façon dont cette ressource est employée!

Ils ne retiendront donc jamais les leçons de la crise financière dans laquelle nous sommes plongés due au fait que nous entendons faire de l'argent avec de l'argent!

Voilà que notre Président de la République veut prélever une taxe sur chaque échange financier!

Mais Monsieur le Président pour qu'il y ait des échanges financiers il faut qu'il y ait de la création monétaire, la première étape de cette création étant la production de céréales, de lait, de pommes de terre de nourriture quoi! à la sueur de notre front.
Or non seulement vous refusez d'assurer le développement des pays pauvres en ne respectant pas cette première étape indispensable de l'atteinte de l'autosuffisance alimentaire, mais vous vous employez à ce que notre agriculture soit démantelée comme elle l'est dans tous les pays du monde! Qui va donc produire des pommes de terre entre autres, pour générer des échanges financiers?
Voilà que Philippe Douste-Blazy, le conseiller spécial du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, pour la question de l’aide au développement, déclare sans rire : « Sans les financements innovants, si nous conservons le statu quo, nous ne pourrons atteindre les objectifs du millénaire pour le développement en 2015»
Quels seraient ces «financements innovants» ? Ils peuvent inclure des taxes sur les billets d'avion, le tourisme, l'Internet, la téléphonie mobile et les transactions financières, et sans doute un loto proposé il y a peu par d’autres inconséquents !

On croit rêver et pendant ce temps :
« En Afrique les projets de Lutte contre la pauvreté appauvrissent les populations ! ».

C’est une femme admirable qui le dit. Une Sénégalaise qui depuis Saint-Louis œuvre inlassablement pour aider les femmes de la vallée du fleuve Sénégal à faire renaître l’agriculture de la région. Les hommes eux sont, contre l’avis des femmes et au péril de leur vie, partis en Europe pour essayer de gagner quelque argent…

« L’AIDE FATALE : Les ravages d’une aide inutile et de nouvelles solutions pour l’Afrique ».

C’est Dambisa MOYO, une autre Africaine qui a écrit ce livre, elle sait de quoi elle parle pour avoir travaillé à la Banque Mondiale…

« Ne pas avoir peur de dire aux Africains qu’on veut les aider, mais qu’on veut aussi que cela nous rapporte…/… ».

C’est un homme qui le dit, un Français, le Secrétaire d’État à la coopération, le même qui ajoutera un peu plus tard qu’il faut créer un loto pour financer l’aide publique au développement ! ».

« Ce sont les entreprises –et non les ONG- qui doivent prendre toute leur place dans l’aide au développement ! ».

C’est un autre homme qui le dit le 29 juin 2010, Dov ZERAH nouveau directeur de l’AFD qui confirme ainsi que l’on veut bien aider mais qu’il faut que ça nous rapporte !

Tout a donc été dit et sur le constat d’échec de l’aide et sur le peu de chances qu’il y a dans sortir si l’on continue à refuser les leçons qui auraient dues être tirées de ce constat.

Jacques DIOUF le Directeur Général de la FAO n’arrête de le clamer haut et fort : « Nous ne sortirons de la famine qu’en aidant ces pays à assurer en priorité leur autosuffisance alimentaire ». Or au lieu de le faire en commençant par le développement de leur secteur primaire, ce qui permettrait aux populations de vivre dignement dans leurs meubles, nous recherchons des marchés permettant d’assurer notre précieuse et sacro–sainte croissance.
Nous recherchons au travers de l’immigration prétendument choisie une main d’œuvre pour des taches que nous ne voulons plus accomplir.

Au lieu d’aider ces pays à assurer leur développement en commençant par atteindre leur autosuffisance alimentaire, non seulement nous les incitons, en dissimulant au besoin le tout derrière le commerce dit équitable, à faire de l’agriculture industrielle en prétendant, imbécillité suprême, qu’ils dégageront les devises nécessaires à l’achat chez nous de leur nourriture ; mais nous leur faisons comprendre en prime que notre aide à leur développement doit avant toute chose nous rapporter.

Au lieu d’aller écouter et soutenir Jacques DIOUF et la FAO au sommet de ROME sur la faim, nos chefs d’État irresponsables et inconséquents, ont préféré se livrer aux pitreries de COPENHAGUE, dont il ne pouvait rien sortir s’agissant de la recherche de solutions à un faux problème.

Nous avons pendant deux décennies tenté de mettre en place des outils de développement, de financement notamment, qui ont fait la preuve de leur inefficacité et accentué pauvreté et famine dans les pays que nous entendions aider.

Ce furent les funestes « ajustements structurels » imposés par la Banque Mondiale qui, pour simplifier, consistaient à pousser les pays à une indépendance et autonomie financière.
Il fallait pour cela se procurer des devises, ce qui était fait par des cultures industrielles exportées alors que le niveau prioritaire d’autosuffisance alimentaire n’avait pas été atteint.
Le résultat fut qu’il était impossible d’importer les ressources alimentaires de base en raison de la faiblesse des devises obtenues dans le cadre d’une organisation mondiale du commerce qui assassine les plus faibles.

La Banque Mondiale dans cette phase avait rejeté violemment le modèle d’organisation coopérative du secteur agricole, et notamment la toute première étape de ce modèle remise à l’honneur par Muhammad YUNUS : la microfinance.

La Banque Mondiale et les organismes de distribution de l’aide publique au développement affligés du syndrome du thermostat, qui fait qu’en matière de pensée nous agissions comme avec cet appareil dont nous ne connaissons que les positions extrêmes, revenait brutalement dans une deuxième phase à Muhammad YUNUS à sa Grameen Bank et à la microfinance sans imaginer que cette toute première étape d’un modèle millénaire devrait bien vite être dépassée.

Les Pionniers de Rochdale en 1843, les producteurs de fourches de micocoulier dans le Gard en 1661, les créateurs de fruitières et autres tontines se référaient à des traditions ancestrales que l’on trouvait déjà chez les agriculteurs de Babylone, pourquoi l’outil mis en place dans nos agricultures il y a plus de cent ans ne serait il pas le modèle incontournable à développer chez ceux qui attendent que nous les fassions bénéficier de notre expérience ?
Ce n’est pas parce que le merveilleux outil de la coopération est dépassé ou n’a plus lieu d’être chez nous que nous devons en rejeter l’utilisation dans les agricultures émergentes, ou en rester à ses toutes premières étapes comme nous nous obstinons à le faire avec la microfinance.
C’est cet outil qui dépassant très vite la toute première étape de la microfinance a permis, il y a plus d’un siècle, à nos agricultures de connaître le développement que l’on sait alors qu’elles étaient dans la situation de celles que nous prétendons aider.

« Quand un homme a faim, mieux vaut lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson. »
CONFUCIUS
Philosophe, historien et homme d’Etat chinois
« Yah ça m’a mordu, Back to the trees ! », retour aux arbres ! rugit oncle Vania notre lointain ancêtre face à l’apport trop brutal du feu qu’Édouard était allé chercher bien loin (Roy Lewis : « Pourquoi j'ai mangé mon père »).
Apprends–nous plutôt à pêcher ! Sans nous renvoyer dans les arbres.

À BERGERAC le 22septembre 2010
Jean-Pierre Canot
Auteur de « Apprends-nous plutôt à pêcher »
apprends-nous.plutot.a.pecher@canot.info

samedi 25 Septembre 2010 à 10:50 Par chuchen
 

Triste constat ! Tant que le dollar sera au premier plan, l'humain ne peut que subir ses fluctuations... Que dire des pays qui n'en possèdent pas ?

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