Les grands fleuves de la planète sont au bord de l’épuisement

 

Une étude du National Center for Atmospheric Research (NCAR) a démontré que la plupart des grands cours d'eau du monde a connu une baisse significative de leurs débits en six décennies. La cause ? Les scientifiques pointent du doigt le réchauffement climatique.

 

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  • Plus de la moitié des fleuves du monde ont vu leur débit baissé

 

Une équipe du NCAR, dirigée par Aiguo Dai, s'est intéressée il y a quelques années aux relevés mensuels des débits des 925 plus importants fleuves de la planète entre 1948 et 2004.

 

L’article, publié une première fois dans la revue Journal of Climate en 2007, l’a été à nouveau après plusieurs révisions en 2009. Il a fallu mettre en place un gros travail sur cette série de données très importantes, car seuls les fleuves du Groenland et ceux du continent antarctique n’y sont pas présents. Les résultats sont assez révélateurs. Entre 1948 et 2004, un tiers des fleuves ont vu leur débit varier de manière significative. Et ce débit a baissé 2,5 fois plus qu’il n’a augmenté.

 

Parmi les cours d'eau dont le débit a diminué sont mentionnés des fleuves irriguant des espaces abondamment peuplées : le Gange (Inde), le Niger (Afrique), le Fleuve Jaune (Chine), ou encore le Colorado (Etats-Unis). L'Amazone en fait également partie, mais ses fluctuations sont très importantes en raison notamment du phénomène El Niño (qui diminue la quantité d’eau). Les calculs pour ce fleuve sont donc compliqués.

 

  • Appauvrissement en eau dans les régions chaudes

 

A l’inverse, plusieurs des cours d’eau ont vu leur débit augmenter. Ces derniers se situent dans les régions arctiques, car la fonte des glaciers s'est aggravée. Le Mississipi est une exception, il a gonflé de plus de 20%, en raison de l'accroissement des précipitations sur le Midwest.

 

Dans l’ensemble, pour ces 925 fleuves, l'étude met en évidence une diminution du débit de 6%,  ce qui équivaut à plus de 500 km3 d'eau en moins. A titre de comparaison, cela revient à la quantité rejetée en mer chaque année par le Mississipi. Au niveau des bassins océaniques, la situation est inégale. L'océan Indien a vu son apport d'eau douce réduit de 3%, alors que l'océan Arctique a assimilé 10% d’eau en plus.

 

Les auteurs ont principalement constaté ces variations sans pour autant analyser leur cause. Effectivement, les changements de débits d’eau peuvent avoir de multiples raisons. Toutefois, les auteurs estiment que la première raison est le réchauffement climatique, pour la majorité des cas.

 

Ce phénomène n'est pas étonnant. Les modèles climatiques l’avaient déjà prédit. Mais cette constatation sur plus de 50 ans révèle que le phénomène est bien réel. Comme le soulignent les chercheurs, cette diminution d’eau douce dans les régions densément peuplées posera inévitablement des problèmes à la population et ne devra pas être ignorée.

 

Jean-Luc Goudet

 

Consulter l’article original sur Futura-Environnement

Publié par Marie Roussel
le lundi 6 Septembre 2010

 



 
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