Les Français et le nucléaire, je t'aime, moi non plus.

 

Depuis la catastrophe de Fukushima en mars dernier, les Français ne savent plus sur quel pied danser en matière d’énergie nucléaire. C’est la conclusion d’un sondage Ifop, qui révèle que 40 % d’entre eux sont hésitants (et 47 % inquiets) quant à l’usage du nucléaire comme source d’énergie.


Le nucléaire en question

 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Si le nucléaire peine davantage à trouver grâce aux yeux des Français, ils sont de plus en plus nombreux à plébisciter les énergies renouvelables : d’après Globescan, 63 % des Français croient qu’elles peuvent remplacer les énergies fossiles et le nucléaire d’ici à 2030. Ce qui les place au même niveau que les Allemands, mais derrière les Etats-Unis, l’Espagne ou encore le Brésil. 

 

Pessimisme à la française ? Pas seulement ! Au jeu des comparaisons avec notre voisin allemand, n’oublions pas que si l’énergie nucléaire représente 25 % seulement de la production allemande d’électricité, elle couvre 75 % des besoins énergétiques des Français.

 

Une dépendance à l’atome que l’on ne changera pas du jour au lendemain, d’autant qu’à l’inverse de l’Allemagne, la France ne dispose pour le moment d’aucune alternative crédible : ni le peu de ressources fossiles, comme le pétrole ou la lignite, que recèle le sous-sol français, ni le parc actuel d’énergies renouvelables ne peuvent prendre le relai des 19 centrales nucléaires françaises et leurs 58 réacteurs en activité.  N'empêche qu'à plus long terme, la question se pose avec d'autant plus de force que l'inquiétude née de catastrophes nucléaires plus ou moins récentes est vivace dans les esprits.


Autre « détail » qui coince, la sortie du nucléaire a forcément un coût à la mesure de l’effort de conversion. Certains l’ont chiffré à 40 milliards d’euros pour l’Allemagne, dont la sortie du nucléaire d’ici à 2022 et le démantèlement progressif des 17 réacteurs  ont été définitivement entérinés le 30 juin dernier. Alors que la part des énergies renouvelables dans la production totale allemande devra dépasser les 35 % en 2020, voire même les 80 % en 2050, les ménages allemands subventionnent le solaire et l’éolien à hauteur de 14 % de leur facture énergétique contre 3 % à peine pour les Français. Pas sûr qu’ils acceptent de payer l’ardoise. Sans parler du coût environnemental de la transition, qui verra le retour des centrales à charbon et à gaz au pays de Goethe.

 

Mais la pertinence de la comparaison ne s’arrête pas là. Alors qu’outre-Rhin, la sortie du nucléaire fait relativement l’unanimité tous bords politiques confondus, la question prend une tournure très politique dans l’Hexagone. Sans surprise, les partisans du renoncement à l’atome sont majoritaires chez les militants Europe Ecologie les Verts, où ils représentent 43 % des sondés contre 12 % de favorables et 38 % d’hésitants, tandis que la poursuite du nucléaire trouve ses défenseurs à l’UMP avec 65 % de sondés favorables.

 

Et c’est même sur le dossier brûlant du nucléaire, et notamment la poursuite de la construction de l’EPR de Flamanville, qu’achoppent les négociations entre le Parti Socialiste et Europe Ecologie les Verts en vue des élections présidentielles de 2012. Entre interrogations et réalisme, l’atome risque donc encore de faire parler de lui l’année prochaine !

 

 

Publié par Isabelle Tissot
le mardi 15 Novembre 2011

 



 
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jeudi 24 Novembre 2011 à 22:42 Par loph
 

N'est-ce pas la société qui a tant besoin d'énergie ?
Ce qui me pose problème, c'est qu'on est capable d'exploiter des ressources en dépit des effets aléatoires qui ne manqueront pas de survenir (ou qui sont déjà survenus), et pour quels motifs ? Pour la croissance d'un système qui se moque bien des conséquences de ses avancées, et produit principalement de l'artificiel...
Quel que soit le moyen énergétique choisi, il n'est là que pour perpétuer, et accroître, notre emprise déjà énorme et grandissante sur la planète.
Tant que nous étions au moyen-âge (j'entends déjà rire les tenants du "progrès"), le bois, le charbon, l'énergie éolienne et aquatique (les moulins, vous vous rappelez ?) ainsi que d'autres moyens comme l'énergie corporelle (animale, humaine), suffisaient à nos activités.
Depuis la découverte de la radio-activité, et de la pétrochimie, qu'avons-nous récupéré ?
Plus de biens ? Oui, mais à quels prix...
Et est-ce qu'au final, nous vivons mieux ? À voir l'engorgement automobile ou la foire économique qui bat son plein pour ne citer que quelques exemple, j'ai un doute sur la légitimité de notre développement.
Mais bref, je ne suis qu'un éphémère terrien, et mon avis n'empêchera pas la terre de tourner. D'ailleurs elle tourne gratuitement et sur elle même, et autour du soleil, nous procurant une énergie qui elle ne risque pas de s'éteindre !
Je serai en outre bien en peine d'opter pour telle énergie, ou telle autre, puisque de toute façon, c'est, comme je le disais au début, un système qui a besoin d'un réservoir énergétique.
Moi, j'ai ma tête, mon cœur et mon organisme comme moyen énergétique, ce qui me suffit dans la plupart des cas !
Donc au boulot, mollasson !

mardi 22 Novembre 2011 à 13:37 Par Le Mataf
 

Oui le nucléaire est très dangereux et quoiqu'en disent nos chers spécialistes,(les mines d'extraction, sa fabrication, son utilisation civil et militaire ensuite ses déchets etc..)
Ayant vécu contre mon gré sur un atoll de Polynésie durant des essais nucléaires, j'ai une violente aversion sur le sujet qui nous préoccupe, car on nous a menti sur les risques encourus sur nous-mêmes et notre proche descendance.
En France on nous cache la dangerosité de nos centrales nucléaires et on minimise les conséquences dramatiques en cas d'accidents majeurs de ces centrales. Le principe de précautions n'est pas de mise, c'est pourquoi il faut abandonner le plus rapidement possible ce mode de production d'énergie.
En cas d'accident la France ne fera pas mieux que le Japon, même si nous nous considérons comme les meilleurs.
Il est cependant à noter que les centrales nous ont permis d'être énergiquement indépendant pendant de longues années. C'est pourquoi il est impératif de trouver des solutions de remplacement (qui existent mais qui ne sont pas volontairement exploitées, au nom des lobbys financiers). En ce qui concerne le nucléaire militaire, il es impossible de l'utiliser tant ses conséquences sont incontrôlables, mais il existe des nations dangereuses!....
Tout ces moyens financiers colossaux engloutis dans le nucléaire pourraient et devront être utilisés dans la recherche de nouveaux moyens performants de production électrique.

mardi 22 Novembre 2011 à 12:13 Par alloicilaterre
 

a bas le nucléaire place aux énergies renouvelables

mardi 22 Novembre 2011 à 09:40 Par vipide
 

l'objectif à atteindre c'est la préservation de la planète pour le futur, ce sont nos petits enfants qui devront subir les effets néfastes du nucléaire (déchets à résoudre)+ réchauffement climatique, biodiversité à préserver l'eau à économiser etc...... C'est aujourd'hui qu'il faut agir en décidant l'abandon progressif mais sûrement du nucléaire. Les énergies renouvelables devraient être le fil conducteur de tous les gouvernants.

mardi 22 Novembre 2011 à 06:17 Par Chicho 34
 

Il n'y a pas de tsunami en France ni de séisme de degré9!
Les japonais n'ont aucune autre énergie disponible chez eux possible.le monde non plus....
de quelle énergie dite "renouvelable" parle-t-on?
cessez de dire des erreurs

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