Les enjeux du démantèlement des centrales nucléaires

 

Que faire des centrales nucléaires une fois les réacteurs définitivement arrêtés ? La question du démantèlement des centrales devient aujourd’hui de plus en plus pressante avec le vieillissement du parc et les débats politiques récurrents sur les éventuels objectifs de sortie du nucléaire qu’a provoqué la catastrophe de Fukushima.

                             

En France, Areva conçoit et construit les réacteurs, mais c’est EDF qui les exploite et assure leur maintenance. Le démantèlement des centrales relève donc de sa responsabilité. EDF a donc créé en 2001 le Centre d’ingénierie de déconstruction  et environnement (Ciden) installé à Lyon qui a pour mission de superviser les déconstructions en cours et de planifier celles à venir.

                               

Dans ce domaine, le vocabulaire, précis, est loin d’être anodin : déconstruire ne signifie pas détruire mais démonter étape par étape les équipements comme les tuyaux, les pompes, les réservoirs et les câbles pour ensuite assainir la structure en y enlevant  toute trace de radioactivité avant de la démolir de façon classique. Les déchets ne sont ainsi pas mélangés pour permettre leur traitement ou leur valorisation dans des filières spécifiques. La phase de démantèlement est terminée lorsque le site sur lequel était installée la centrale est au stade de « retour à l’herbe », sans aucune trace de contamination.

                              

A l’heure actuelle, neufs réacteurs ont été mis définitivement à l’arrêt et sont en cours de démantèlement dans les centrales de Brennilis, Bugey, Chinon, Chooz, Creys-Malville et Saint-Laurent. Un million de tonnes de déchets devront être traités après ces déconstructions, dont 18% sont radioactifs.

                                        

Le premier enjeu du démantèlement des centrales se situe très en amont : l’agence pour l’énergie nucléaire estime ainsi que le démantèlement aurait pu être facilité si celui-ci avait été pris en compte dès la conception de la centrale puis ensuite sur toute la durée de son exploitation.

                                      

Second enjeu, le coût du démantèlement : la complexité des chantiers actuels en cours de déconstruction rend très difficile l’évaluation d’un coût global de ces opérations, qui se chiffre en dizaines de milliards d’euros.

                                        

Enfin, la déconstruction des centrales constitue un véritable enjeu industriel pour EDF car le marché du démantèlement est énorme : 125 réacteurs ont déjà été arrêtés définitivement dans le monde, auxquels il faut ajouter plus de 200 réacteurs, aujourd’hui en service qui seront fermés dans les 20 ans à venir. Reste pour cela à développer des méthodes fiables, respectueuses de l’environnement mais aussi des personnels qui travaillent sur les chantiers de déconstruction. 

             

                 

Publié par Marion Gautier
le jeudi 19 Avril 2012

 



 
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