Les émissions mondiales de CO2 atteignent un niveau record

 

 

A moins de trois semaines de l’ouverture de la Conférence de Copenhague, les dernières déclarations des responsables politiques laissent planer le doute sur une issue positive des négociations qui doivent aboutir à la conclusion d’un accord international et contraignant sur le climat. Dans le même temps, la communauté scientifique s’inquiète des délais de réactions. Une étude du Global Carbon Project (GCB), publiée mardi 17 novembre, présente des chiffres alarmistes sur les émissions mondiales de CO2 et rappelle l’urgence de signer un traité visant à réduire ces émissions pour limiter l’impact du réchauffement climatique sur la planète.

 

                                   Réchauffement climatique

 

Selon l’étude annuelle réalisée par le groupe scientifique Global Carbon Project et publiée mardi 17 novembre dans la revue Nature Geoscience, les émissions mondiales de CO2 ont atteint en 2008 le niveau record de 10 milliards de tonnes. L’étude précise qu’entre 2000 et 2008, ces émissions ont augmenté de 29%. Et depuis 1990, année de référence du protocole de Kyoto, elles auraient bondi de 41%.

 

Des chiffres alarmistes qui se rapprochent des prédictions les plus pessimistes du Groupe intergouvernemental d’experts sur le climat (GIEC). Le GIEC, qui a reçu le prix Nobel de la Paix en 2007, estime que la température de la Terre pourrait augmenter de 1,8 à 4°C d’ici la fin du siècle si aucune mesure sérieuse de réduction des gaz à effet de serre n’était prise.

 

  • Le retour du charbon

 

La combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon, gaz) est responsable de la pollution carbonique qui provoque le phénomène de réchauffement climatique. Les chercheurs, cités par Le Monde, précisent que l’augmentation des rejets est liée " à un changement de la source principale d’émissions, qui n’est plus le pétrole, mais le charbon ".

 

L’utilisation aussi intensive du charbon comme combustible est un fait inédit depuis 1968. Les scientifiques du GCB expliquent qu’elle est le signe de l’augmentation économique de la Chine et de l’Inde, pays en développement non concernés par le protocole de Kyoto et dont les niveaux d’émissions dépassent depuis 4 ans ceux des pays industrialisés. Le Global Carbone Project précise cependant que les émissions de pays riches sont largement délocalisées dans les pays émergents.

 

  • Les puits naturels moins efficaces

 

Autre préoccupation soulignée par l’étude, les "puits naturels" perdraient de leur efficacité. Océans et forêts jouent un rôle majeur pour capter les émissions de CO2 et limiter le réchauffement climatique. Depuis 50 ans, ces puits fixent 45% des rejets de gaz dans l’atmosphère. En 2008, le taux ne serait plus que de 40%.

 

" C'est inquiétant ", a déclaré au Monde Pep Canadell, directeur exécutif du GCP. " Cela montre la vulnérabilité au changement climatique de ces puits naturels qui sont moins efficaces dans leur rôle de "nettoyeur" de la pollution carbone d'origine humaine ", a-t-il expliqué.

 

Les chercheurs notent que la crise économique a eu un impact " limité mais discernable " sur ces émissions. Entre 2007 et 2008, la hausse des émissions s'est élevée à 2%, en léger retrait par rapport une hausse annuelle moyenne de 3,6% depuis le début de la décennie.

 

Difficile de conclure si cette nouvelle étude très alarmiste aura un impact sur les négociations de Copenhague. Nul doute cependant que les mouvements écologistes l'utiliseront comme une preuve induscutable des conséquences de l'activité humaine sur le réchauffement climatique.

 

(avec AFP)

 

 

Publié par Delphine Rigaud
le mercredi 18 Novembre 2009

 



 
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