Les effets sanitaires du Bisphénol A dévoilés

 

L'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail, Anses de son petit nom, vient de publier le premier volet d'une étude édifiante sur le Bisphénol A (BPA).

 

Le bisphénol A, perturbateur endocrinien


Bisphénol A, le nom ne vous est sans doute pas inconnu, sans pour autant être tout à fait familier. Et pour cause, si cette substance de synthèse utilisée depuis une cinquantaine d'années est présente dans de nombreux objets du quotidien sous forme de plastiques et de résines, elle passait relativement inaperçue, jusqu'à ce qu'en 2008, des voix s'élèvent pour réclamer des études approfondies. En cause, s es effets sanitaires de perturbateur endocrinien, "avérés chez l'animal et suspectés chez l'homme, même à de faibles niveaux d'exposition [c'est-à-dire inférieurs au seuil officiel de 0,05 milligramme par kilogramme et par jour]", écrit l'Anses.


Qu'est-ce qu'un perturbateur endocrinien ? Tout simplement une substance naturelle ou de synthèse qui influe sur le fonctionnement des glandes endocrines, celles qui sécrètent les hormones. Plus que la dose, c'est la durée et la fréquence d'exposition qui importe. En clair, une exposition excessive au bisphénol A pourrait se traduire par une baisse de la fertilité féminine, des cas de diabète, et des maladies cardiovasculaires.


Ceci avait conduit à recommander d'éviter son usage pour les nourrissons et autres populations à risque.
Depuis lors, l'Union Européenne a officialisé ce qui n'était au départ qu'une mise en garde en interdisant la fabrication de biberons contenant du bisphénol A. Ces fortes suspicions doivent néanmoins être confirmées par des études scientifiques plus poussées et confirmées par d’autres organismes internationaux, car en effet, l'Anses est le premier organisme au monde à émettre un avis défavorable sur ce sujet.


Premier pas dans ce long processus, l'inventaire des usages du Bisphénol A dans les objets du quotidien, mené par l'Anses : au total, près de soixante secteurs d'activité sont concernés dans une liste qui va des tickets de caisse en passant par les biberons, les CD ou DVD vierges, les lentilles de contact, les conserves, le petit électroménager,  les revêtements de sol plastifiés, certains composants automobiles, mais aussi des produits destinés à l'industrie etc...


Mais l'Anses n'en est qu'au début de ses travaux pour déterminer les effets du Bisphénol A sur l'organisme, la suite des recherches est à paraître seulement pour l'année prochaine, faute de données fiables. Cela peut sembler long, mais c'est un préalable nécessaire à une éventuelle intervention du législateur. Coïncidence du calendrier ou réaction du tac au tac, une proposition de loi visant à interdire le bisphénol A dans les contenants alimentaires à partir de 2014 a été approuvée mercredi par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée Nationale. En attendant le vote des députés le 12 octobre prochain.


Autre précédent législatif, à la surprise générale, une loi interdisant l'usage du parabène et des phtalates, deux substances très utilisées respectivement en cosmétique et dans les objets en plastique, a été votée en première lecture par l'Assemblée Nationale en mai 2011. Des études scientifiques avaient mis en avant les effets secondaires potentiels de ces produits, accusés pour le premier de favoriser les cancers du sein et pour le second de nuire à la fertilité masculine.


Mais tout n'est pas si simple : r este à trouver des produits de substitution dont l'usage ne comporterait pas de risque pour la santé, et veiller à ce que ces substances a priori nocives soit effectivement rayées de notre vie quotidienne. D'autant que d'autres composants nocifs se nichent certainement dans les objets les plus courants. D'ici là, mieux vaut jouer le principe de précaution et éviter de faire réchauffer les boîtes en plastiques au micro-ondes, ou encore privilégier les biberons en verre pour les nouveau-nés et les jeunes enfants.

Publié par Isabelle Tissot
le vendredi 30 Septembre 2011

 



 
Réagissez !
Enregistrer
 
vendredi 14 Octobre 2011 à 15:29 Par alloicilaterre
 

oui très bien dit : agir dès aujourd'hui, assez d'accuser les autres où de faire l'autruche pour se donner bonne conscience à ne rien faire.

samedi 8 Octobre 2011 à 07:50 Par ka'iko
 

bien, c'est qu'il nous faut, réagir!

mardi 4 Octobre 2011 à 23:40 Par salve
 

À société industrielle, nuisances industrielles...
Lapidaire me direz-vous ? Mais que faisons-nous d'autre ?
La prise de conscience sera-t-elle générée un jour ou l'autre ? Il faut l'espérer...

Videos Nos reportages
Articles Les + commentés
 
Newsletter Newsletter
Newsletter !

Une info par semaine !