Les dangers de la pilule contraceptive pour l’environnement

Les hormones synthétiques rejetées dans les eaux provoquent une féminisation des poissons

 

Sujet de plus en plus évoqué dans les media, les impacts de la pilule contraceptive sur l’environnement semblent inquiéter la communauté scientifique. En effet, les hormones synthétiques rejetées via l’urine des femmes qui prennent la pilule passeraient le filtre des stations d’épuration pour se retrouver dans l’eau des rivières et provoquer une féminisation des poissons. Phénomène dont les conséquences sont inquiétantes mais encore mal cernées.

 

 

  • Le phénomène touche toutes les rivières françaises

 

Plusieurs chercheurs ont pu observer ces dernières années qu’un certain nombre de poissons mâles se mettaient à produire des œufs dans leurs testicules. Christophe Minier, directeur du Laboratoire d’Ecotoxicologie de l’Université du Havre, qui étudie ce dérèglement depuis 1998, explique qu’on trouve aujourd’hui des poissons féminisés dans toutes les rivières françaises. Christophe Minier et son équipe travaillent essentiellement sur le gardon, une espèce particulièrement réactive à la présence d’œstrogènes dans l’eau, et constatent que si toutes les rivières sont touchées, la proportion de gardons féminisés varie toutefois de 4 à 40%. I l s’agit donc d’un phénomène de grande ampleur car les autres pays européens sont également touchés, dans une moindre mesure pour les pays Méditerranéens comme l’Espagne ou l’Italie, mais dans une proportion supérieure pour la Grande Bretagne par exemple.

 

 

  • La pilule contraceptive au banc des accusés

 

Pilule contraceptive Au banc des accusés de ce dérèglement hormonal, on trouve de nombreux candidats. Les hormones naturelles et synthétiques certes, mais aussi pléthore d’autres molécules comme les détergents présents dans les pesticides, dans certains produits d’entretiens ou  dans des plastiques. D’après Christophe Minier, « Les molécules hormonales sont d’assez loin les plus importantes en terme d’effet pas forcément de concentration. ». En effet, si les hormones peuvent être présentes dans l’eau à un degré de concentration moindre que d’autres substances elles auraient des niveaux d’activité largement supérieur.

 

 

  • Des risques difficiles à estimer

 

Concrètement quelles inquiétudes provoque cette observation ? « On peut être inquiet à deux niveaux, déclare Christophe Minier, d’abord, on peut s’inquiéter pour les espèces elles-mêmes, quant à leur pérennité, mais aussi de façon plus globale car l’environnement est perturbé ». Concernant le premier aspect, les conclusions sont mitigées : en France, depuis que le Laboratoire d’Ecotoxicologie de l’Université du Havre a commencé cette étude, on n’a pas observé de réduction des populations de poissons observées. En revanche, une expérience a été menée au Canada en introduisant des œstrogènes dans un lac, à un degré de concentration réaliste, et en 7 ans, toute la population de poissons du lac a disparu. L'explication peut résider dans le fait qu'à la différence des rivières, il ne pouvait y avoir d’apports de mâles extérieurs. D’un point de vue plus global, on a pu observer que certains mollusques exposés ont également été féminisés. Enfin, il est difficile d’estimer le risque pour l’homme : "Chez l’homme, on n’a pas de données comparables. Mais le mécanisme de féminisation est rendu possible par des acteurs moléculaires qui sont les mêmes chez l’homme. Il est donc plausible qu’on puisse avoir les mêmes effets, mais on n'en sait pas plus."

 

 

  • Des solutions existent pour mieux filtrer les eaux d’épuration

 

Face à ce tableau inquiétant, des solutions existent. Techniquement, on sait filtrer une eau même très polluée pour la rendre pure ! Le problème réside dans le coût de ces technologies à l’heure actuelle. Plusieurs industriels travaillent donc aujourd’hui à rendre ces solutions plus efficaces et donc plus accessibles. Christophe Minier se montre quant à lui assez optimiste et pense que ces groupes devraient parvenir à trouver des solutions adéquates dans les 10 ans à venir.

 

Publié par Alix PEILLON
le vendredi 26 Février 2010

 



 
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vendredi 14 Janvier 2011 à 15:59 Par Stéphanie
 

Hello

I would like that someone help me about this subject?
It's possible??

Thanks

vendredi 14 Janvier 2011 à 15:55 Par cara
 

Hey,
Est-ce que quelqu'un pourrait me donner des infos sur l'impact des hormones de la pilule contraceptive sur les nappes phréatiques mais aussi sur les animaux aquatiques autres que les poissons féminisés svp?
Merci

lundi 1 Novembre 2010 à 15:09 Par nature06130
 

Avec ce que je viens de lire,j'ai raison de ne pas prendre cette cocherie qui pollue l'environnement.

lundi 10 Mai 2010 à 21:45 Par Zeb
 

C'est la conspiration tapette !

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