Un pas de côté pour regarder en face les mutations de l’agriculture en France. Le documentaire de Dominique Marchais sorti en salle le 10 février dernier se veut une enquête sur le monde agricole en France. Long métrage de deux heures pour un film qui se divise en une série de 13 entretiens, l’ex-critique de cinéma se place derrière la caméra. Des agriculteurs du limousin, aux grandes surfaces de blé en Seine-et-Marne, en passant par le constat accablant d'un couple de microbiologistes situé en Champagne, " Le Temps des Grâces " donne la parole à plusieurs témoins.

Vassivière en Limousin situé sur le territoire du Parc Naturel Régional Millevaches (Crédit photo : Jimjag - Fotolia).
Enquête et analyse du monde agricole français
Aucun discours catastrophique ou mise en scène alarmiste, " Le Temps des Grâces " se veut une enquête au cœur du monde rural et agricole français. Le choix des acteurs n’est pas neutre. Par exemple, celui de faire cohabiter dans le documentaire la parole des agriculteurs de différentes taille d’exploitation, des chercheurs agronomes, industriels et microbiologistes du sol, nous donne à voir une série de témoignage sur les évolutions de l'agriculture en France. Ainsi, l’écrivain Pierre Bergougnoux raconte à sa manière la fin de la culture paysanne qui touche sa génération avec l’arrivée de la mécanisation et de la culture intensive agricole début des années 1970. " Nous étions morts économiquement ", affirme-t-il.
La fabrique du film
Ex-critique de cinéma au magazine Les Inrockuptibles et fils d’agriculteur originaire d’Eure-et-Loir, la filiation est une des motivations dans la réalisation de ce long métrage. Projet d’une durée de quatre ans et demi, le temps nécessaire pour trouver les partenaires (CNC), mener la série des 50 entretiens (13 gardés au moment du montage) et achever le montage. Selon Dominique Marchais, le " film ne se veut pas militant ", mais plus un état des lieux de nos campagnes. Tour à tour sont visés : l’urbanisation croissante des villes, l’uniformisation des espaces agricoles avec le business des plaines céréalières et la faiblesse de la biodiversité animale et végétale que cela engendrent avec la culture des engrais. A contre courant de cette industrialisation à marche forcée, le chercheur Marc Dufumier défend la diversité : " l’objet de l’agriculture c’est l’écosystème ".
Un message positif
L’angle pris par le réalisateur est celui du constat sans appel des dérives de la pratique des engrais, de l’appauvrissement des sols et du manque de vision politique à moyen terme. Retrouver du sens, c’est revenir à " une agriculture de qualité " pour Dominique Marchais. Sans finir sur un plaidoyer autour de l’agriculture biologique, le documentaire délivre un message positif, l’espoir des générations futures. C’est pour cette raison que le réalisateur a choisi de montrer des régions (Limousin) qui ne sont pas encore rongées par l’urbanisation à la manière du bassin du Languedoc- Roussillon et de la côte méditerranéenne. En forme de conclusion, le 1er plan du film ouvre sur un paysage de campagne entouré de lotissements et confronté aux infrastructures d’un aéroport. Le dernier plan séquence donne à voir un paysage pittoresque en forme de résistance.
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@Claude Teillet
Et vive l'agriculture de qualité à la manière de Dominique Marchais...;-)
Vive le Limousin, mon pays d'origine