Le pari fou de la Grande muraille verte du Sahara

11 pays africains s'engagent à lutter contre la désertification

 


De Dakar à Djibouti, une muraille verte pourquoi faire ? 11 pays africains s’engagent pour freiner l’avancée du désert et de la désertification au Sahel. De bon augure. Car selon les observateurs, la zone du Sahel est confrontée à l'une des pires crises alimentaires depuis 30 ans. Le projet de la Grande muraille verte c’est un tracé d’est en ouest sur plus de 7000 km. Un projet inédit, un peu fou, mais qui a le mérite de mettre à mal  l’image d’un continent rongé par les guerres et les pandémies. Verdict : pas avant 2015 ! 

 

 

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Le tracé de la Grande muraille verte au Sahara : 7 000 km de de Dakar à Djibouti (crédit photo : AFP).

 

 

 


  • Le projet de la Grande muraille verte


Utopie ou réalité ? Une ceinture de végétation de 15 km de large doit s’étendre sur plus de 7000 km. La mission : contrer la désertification au Sahara. Début juin, 11 pays africains ont trouvé un accord pour la construction de la Grande muraille verte de Dakar à Djibouti. Dans le Sahel, ce sont 10 millions de personnes qui souffrent de malnutrition. Les terres dévégétalisées et l’appauvrissement des sols rendent impossibles les cultures agricoles. Mais le scientifique Marc Bled-Charreton fait entendre une autre voix. Il estime que l’ampleur de cette initiative est vouée à l’échec. L’autre hic : aucun budget n’a été défini à l’heure actuelle. 

 

 

 

  • Ceinture verte au Sahara : reboisement et biodiversité des sols


senegal-reboisement-grande-muraille-verte Burkina Faso, Djibouti, Erythrée, Ethiopie, Mali, Mauritanie, Niger, Nigeria, Sénégal, Soudan et Tchad, tous ont fait le pari du reboisement à grande échelle d’est en ouest. Mais l’idée de la Grande muraille verte est loin de faire l’unanimité. Depuis 2005, la communauté scientifique et paysanne est partagée. En tout cas pour la militante écologiste Wangari Maathai, le plus important est de « penser global et agir local » ! Par son action contre la déforestation, la Prix Nobel de la Paix a contribué à rendre crédible la muraille verte. Fondatrice du mouvement de la ceinture verte (1977), elle a dénoncé à plusieurs reprises le massacre des forêts dans la zone sahélienne.

 

 

 

  En 2004, Wangari Maathai (à ce propos, lire le dossier 10 femmes pour la protection de l'environnement ) devient la 1ère femme africaine à recevoir le Prix Nobel de la paix pour sa « contribution en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix ». 2 millions d’hectares de forêts sont détruits chaque année au Sahel, selon l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

 

 

 



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Publié par Christophe Baudouin
le mercredi 28 Juillet 2010

 



 
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mardi 6 Décembre 2011 à 17:14 Par chantel
 

Dire stop à la déforestation due aux feux de brousses pour l'agriculture, la fabrication de charbon pour l'alimentaire, et l'abattage pour l'export c'est aussi dire NON à DESERTEC et proposer rapidement aux populations africaines de l'énergie nucléaire moins chère et moins polluante avec le nucléaire de 4ème génération (Thorium) !

mardi 16 Aout 2011 à 20:23 Par max84300
 

La Guinée Conakry n'est pas concernée par cette Grande Muraille Verte, mais j'enverrai pour un autre pays: de toute façon personne n'ira contrôler si l'arbre a bien été planté dans le pays demandé! Certains ont peut-être + d'aura que d'autres, il faut lisser le projet pour qu'il avance partout au + vite! Merci!

mardi 16 Aout 2011 à 20:06 Par max84300
 

Dommage que l'on ne soit pas tenus au courant de l'avancée du projet..."Verdict : pas avant 2015 !" OK, mais des arbres sont plantés, ont poussé même depuis le début? Une carte avec les points verts existants serait bien utile ici!
Combien d'arbres sont prévus à la plantation? Et si une collecte internationale était organisée pour "parrainer" la plantation d'1 arbre, à raison de 10€/arbre avec plantation suivie sur internet et que le "parrain" sache où est "son arbre" ?Il pourrait même choisir le pays de plantation, selon son attachement à l'un ou l'autre des pays concernés! Formidable élan de générosité qui entraînerait un jour des retombées touristiques où les voyageurs viendraient, carte en main, VOIR LEUR ARBRE !
Je suis au RSA, n'ai rien qui m'appartient à 61 ans, je vis en foyer, mais ce projet me paraît tellement beau que c'est volontiers et du fond du coeur que j'enverrai pour planter quelques arbres!Créez une Fondation honnête!Mais mettez à jour des photos ou vidéos commentées en français sur ce site! Merci! J'ai le plaisir de correspondre avec un jeune tchadien qui fait ses études au Cameroun: rien qu'en SON souvenir, j'enverrai quelque chose pour son pays où je ne mettrai jamais les pieds... faute de moyens...J'ai un autre correspondant en Guinée (Kindiaya):je ferai pareil pour lui !Merci à tous!

mercredi 1 Juin 2011 à 10:21 Par poirot
 

Beau et grand projet, à coeur vaillant rien d'impossible !! mais 15 km ce n'est pas suffisant pour etre efficace; il en, faut 100 KM!!! Des très gros moyens DE TOUS LES PAYS RICHES, et des chefs compétents, BREF: UNE GROSSE MACHINE A ORGANISER, sans oublier une police impitoyable...C'EST INDISPENSABLE SINON RIEN N'ABOUTIRA !(ceci est dur à avaler pour certains), !! il faut dissuader les locaux... d'aller couper les arbres dans qq années pour faire des cabanes, ou autres, donc accompagner le mur d'autres progrès !!! et tabler pour 50 ans minimum !et surtout une EDUCATION à l'avenant, oui c'est pas gagné !!

mardi 31 Aout 2010 à 16:38 Par Gérard BEGNI
 

Je rajoute un point spécifique pour Nathalie Théron.
Je suis pleinement d'accord avec vous, mais beaucoup d"économistes démontrent que la gratuité n'est pas forcément une bonne suolution (pas uniquement pour ce que vous proposez). En fait, l'idéal est d'implanter une petite industrie locale qu fabrique ces objets, qui fonctionne duirablement selon une logique de marché, quitte à subventionner PARTIELLEMENT les habitants pour l'acquisition de ces équipements et à imponater parallèlement des solutions de type microcrédit. Sinon, ce qui risque fort de se passeer est que l'oon retombe à la situation pré&cédente à la première panne (il y a un exemple fameux avec des moustiquaires fabriquées à l'étranger et fournies gratuitement)

mardi 31 Aout 2010 à 16:32 Par Gérard BEGNI
 

Pour bien connaître les questions de désertification, je pense qu’il faut faire la part de beaucoup de choses dans ce projet – car la question fondamentales est : comment faire pour lutter au mieux contre la désertification à ressources données et limitées ( ressources financières internes + aide au développement + ressources humains internes). Est-ce de construire une haie d’arbres (et lesquels compte tenu de l’aridité, vivant de quelle eau)d’une quinzaine de km d’épaisseur continue sur toute la largeur de l’Afrique à hauteur du Sahel, ou de faire tout autre chose ?
Il faut démystifier le mythe de la désertification comme étant une sorte d’immense dune avançant du Sahara vers le Maghreb au nord et le sahel au sud. C’est localement vrai dans les oasis – et là effectivement on conjugue plantations, palissades et murs, ou localement comme à Nouakchott – mais il s’agit plus d’ensablement d’équipements que de désertification proprement dite. Généralement, la désertification (voir définition de l’ONU) est la dégradation irréversible (ou en tout cas sévère) sous double action naturelle (p.ex. sécheresse) et humaine (p.ex. surexploitation, pâturage trop intense, piétinement). Cette désertification est en général locale ou affecte des zones étendues plus ou moins grandes, mais en aucun cas une bande étroite et continue de l’Atlantique à la mer Rouge. . C’est un peu comme une ‘maladie de la peau’ de la Terre qui se manifesterait par plaque.
Lutter efficacement contre la désertification, c’est intervenir dans ces zones où la dégradation des écosystèmes locaux affecte le plus les services qu’ils rendent aux êtres humains. Il y a une certaine ‘boucle’ qui veut que ce soit aux endroits où il y a le plus d’agriculteurs ou de pasteurs que les terres peu fertiles et/ou manquant d’eau se dégradent le plus (surexploitation). C’est là qu’il faut concentrer ses efforts, peut-être en plantant des arbres (consolidation des sols, stockage d’eau) mais surtout en agissant sur des causes plus directes (irrigation et adduction d’eau (plus) efficaces, meilleures pratiques culturales, infrastructures fondamentales, microcrédit pour aide aux investissements indispensables).
Il n’y a donc aucune raison de panser que la GMV, pensée comme elle l’est, passe par ces zones d’écosystèmes à restaurer de manière prioritaire, ni que planter des arbres sur 10 à 15 km soit la bonne réponse écologique et financière. On va dépenser des sommes colossales pour un projet qui est sans grand intérêt pour la lutte contre la désertification, , en on n’aura plus de budgets pour lutter contre elle de manière utile et efficace où il faut.
Se rajoute un problème foncier. Ces terres ne sont généralement pas inoccupées. Que va-t-on faire des propriétaires ? les exproprier ? Nous ne sommes pas en Europe : comment réinvestir leur argent d’une manière leur permettant de couvrir leurs moyens vitaux ? Et si la terre est collective (cas de plus en plus rare) c’est encore plus grave. Les gens (agriculteurs sédentaires et/ou pasteurs itinérants) ne seront pas dédommagés et leurs ressources naturelles vitales disparaîtront.
Il y a bien sûr le problème écologique du choix des espèces (mais les spécialistes trouveront, il y a d’excellents travaux en cours p. ex. à l’IRD), de la disponibilité en eau et de la pauvreté des sols, mais aussi de l’entretien, maintenance, surveillance : qui, avec quelle motivation, à quels coûts, où sont les budgets ?
Cela pose la question soulevée par u autre intervenant du bois comme seuls source d’énergie. Il va de soi que la tentation sera forte d’exploiter ce bois pour des besoins vitaux (chauffage, nourriture…). Pourquoi y aurait-il déforestation dans toute l’Afrique et pas là. Alors la solution ? Une GMV gardée par l’armée qui tire à vue ? Un Mur de Berlin vert ?
Il n’y a pas de solution miracle politiquement spectaculaire au problème de la désertification, cela se saurait. Il y a des solutions connues, non financées à hauteur convenable. Détourner de l’agent pour une réalisation qui – pour rester mesuré – répondrait à la question de manière sous-optimale n’améliorera pas la situation, mais l’aggravera. C’est environne mentalement, économiquement, financièrement, sociologiquement évident.

mardi 3 Aout 2010 à 21:21 Par credit ecolo
 

Article très intéressant, merci.

dimanche 1 Aout 2010 à 21:57 Par Sprouzniak
 

Bravo

Tenez bon et mettez tout en oeuvre pour que ça réussise
sensibilisation, fours solaires etc etc
Sp

jeudi 29 Juillet 2010 à 13:24 Par Idé O. Zak
 

Projet intéressant et ambitieux, mais je trouve que le tracé est mauvais, ne veut on pas protéger la boucle du fleuve Niger? Le tracé doit passer au nord de gao au Mali, au nord de Tahoua et Zinder et retrouver son tracé au Tchad. Sinon c'est peine perdue, merci

mercredi 28 Juillet 2010 à 23:40 Par Forum Maison
 

Article très intéressant, merci.

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