Le Mont-Saint-Michel, casse-tête touristique… et écologique

 

A partir du 28 avril, plus de voitures au Mont-Saint-Michel, le deuxième site touristique le plus fréquenté de France après la Tour Eiffel, avec 2,4 millions de visiteurs chaque année.  Ceux-ci devront désormais se garer sur un parking flambant neuf situé à deux kilomètres du Mont et ensuite s’y rendre à pied ou à l’aide d’une petite navette motorisée ou … tirée par des chevaux. Chaque année, c’étaient près de 600 000 véhicules qui stationnaient sous les remparts sur un remblai provisoirement aménagé en 1966. Après six ans de travaux et 200 millions d’euros engagés, c’est une étape supplémentaire qui va être franchie dans l’immense projet d’aménagement de la baie du Mont-Saint-Michel.

          

A l’automne prochain, la digue actuelle sera remplacée par une passerelle de 750 mètres qui devrait être reliée à un terre-plein de béton côté Mont de 35 000 mètres carrés. Celui-ci, qui ne devrait être submergé uniquement lors des grandes marées d'équinoxe, fait débat : élus locaux et associations de défense du patrimoine dénoncent ce projet qui porterait atteinte à la beauté du lieu en masquant le pied des remparts. Le gouvernement plaide la sécurité : ce terre-plein permettrait aux véhicules de circuler presque toute l’année, mais les associations réclament l’étude du recours à des véhicules amphibies.

             

Ces aménagements s’inscrivent dans le projet lancé par Edouard Balladur en 1995 de rendre au Mont-Saint-Michel son caractère maritime. Au-delà des désaccords récurrents entre élus sur ce site symbolique qui suscite des passions, la baie du Mont-Saint-Michel regorge d’une faune et d’une flore protégées par de nombreuses normes qui rendent la réalisation de travaux d’autant plus compliquée. Le pélodyte ponctué est par exemple un crapaud protégé dont l’habitat a été déplacé pour permettre la construction de chenaux visant à limiter l’ensablement de la baie. D’autres plantes, telles que le trèfle à foliole étroite, la crételle hérissée, la soude vraie, ou encore les rosières du Couesnon ont également dû être transplantées un peu plus loin. Le nouveau barrage du Couesnon a par ailleurs subi des aménagements pour permettre aux civelles et aux saumons juvéniles de passer à leur guise.

           

Accès démocratique au patrimoine culturel, préservation de celui-ci, sécurité, respect de la biodiversité sont autant d’enjeux essentiels dont il faut tenir compte… tout est sensible au Mont-Saint-Michel, site classé au patrimoine de l’UNESCO depuis 1979. Le compromis devient d’autant plus difficile lorsque s’ajoutent d’autres exigences, c’est pourquoi le projet d’éoliennes à Argouges, à 22 kilomètres du Mont-Saint-Michel, a finalement été abandonné début avril. 

                        

Publié par Marion Gautier
le mardi 24 Avril 2012

 



 
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vendredi 5 Octobre 2012 à 19:12 Par caca man
 

cest pourrieeeeee!!!!!!!!!!!

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