La technologie du livre électronique pour un avantage écologique ? Lancé il y a deux ans aux Etats-Unis, le kindle du Groupe Amazon arrive en Europe à grand renfort de publicités. Le débat sur la commercialisation du livre électronique ou e-book crée la polémique chez les maisons d’édition. Du côté de l’environnement, le dilemme livre électronique ou papier ne fait que commencer. La version numérique du livre va-t-elle permettre de réduire la consommation de papier et l’abattage d’arbres par millions pour alimenter les éditions ?

La ville de Seattle aux Etats-Unis, siège social du Groupe Amazon qui commercialise le kindle (Crédit photo : Holger Mette - Fotolia)
Un objet de fantasme
Autonomie de deux semaines avec un écran de 15cm et un poids moyen équivalent à 300 grammes, le livre électronique cumule les avantages de confort de lecture. Ainsi, la technique de l’encre électronique a été mise au point dans le but d’éviter tout reflet sur l’écran. La luminosité est réduite également afin de réduire la fatigue des yeux et de faciliter la lecture. Déclinaison anglo-saxonne, l’ e-book montre ses atouts marketing : une capacité de mémoire numérique de plus de 2000 ouvrages. Ce livre numérique, en écrin de cuir ou en aluminium pour l’habillage, pourrait bien devenir un objet de consommation familier dans quelques années. Cependant, la numérisation des livres (non exhaustive) prend du temps. Actuellement, elle est freinée par certains éditeurs qui refusent le système du téléchargement à moins de 10 euros le livre.
Vidéo présentant le lancement du premier Kindle du Groupe Amazon :
Le dilemme papier / électronique ?
Le Groupe Amazon a vendu 3 millions de Kindle dans le monde. Cependant, en Europe le marché du livre électronique arrive timidement. En cause : son prix, non négligeable, compris entre 250 et 300 euros sans compter l’adaptateur de la prise électrique. Pour le moment, pas de déferlante e-book tant redouté par les maisons d’édition. En effet, le système du téléchargement d’un livre en moins d’une minute avive les peurs et fantasmes sur la supposée disparition des librairies. Mais le modèle du livre papier est toujours une révolution tant par sa durée de vie que pour le côté esthétique et pratique de cet objet. En effet, le livre a traversé nombre d’innovations technologiques à travers le temps. Surtout si l’on pense que l’écriture est la condition d’existence du livre en remontant le fil de l'histoire avec l’invention du papyrus et du parchemin ; bien avant donc la technique de l’imprimerie imaginée par Gutenberg vers 1440.
Du point de vue écologique
En 2008, 125 millions d’arbres ont été abattus pour alimenter l’industrie du livre et de la presse aux Etats-Unis selon The Green Press Initiative. De quoi convaincre du bien fondé écologique de cet objet électronique. La technique de la liseuse du livre électronique est nettement moins gourmande en consommation d’eau dans le processus de la fabrication. Ainsi, la production de livres papier nécessite 78 fois plus d’eau que celle de la technique des liseuses. Quid de la batterie intégrée dans le livre électronique ? Ainsi, le sony e-book reader est composé en ion-lithium, un matériau qui délivre beaucoup plus d’énergie comparé à une batterie en lithium polymère. Si l’on tient compte des accessoires indispensables à la bonne marche de cet objet qui fait couler tant d’encre, le livre est moins périssable selon son état de conservation (plus d’un siècle).
Vous avez des idées pour l'info durable du jour ?
Envoyez vos propositions à christophe@durable.com
Article et commentaires intéressants. Je retiens une idée clé : tant qu'on ne s'appuie pas sur un scénario d'usage et un périmètre précis, il est impossible de tirer des conclusions.
On peut tout juste envisager que la liseuse électronique peut avoir un avantage environnemental sur le papier si on l'utilise exclusivement et pendant longtemps (disons 10 ans). Et que l'on utilise l'infrastructure internet & informatique existante pour livrer les contenus numériques. Dans tous les autres cas, le papier a de grandes chances de faire mieux s'il est recyclé (APUR) ou à défaut s'il provient de forêts gérées (FSC).
Alors, comme le dit justement Cécile : commençons par les publicités dans nos boîtes aux lettres :-).
http://www.infra.kth.se/fms/pdf/Report_epaper_final.pdf
Le rapport suédois de 2004 (de ÅSA MOBERG, MARTIN JOHANSSON, GÖRAN FINNVEDEN et ALEX JONSSON) qu'évoque Frederic_L et également cité dans l'article d'Erika Engelhaupt...
104 pages (dont quelques unes en suédois, la synthèse ou executive summary du début ;o))))
Pour une lecture rapide voir les pages 4 à 6 et sauter à la page 90 jusque 96.
@Bof-Bof : 100% d'accord
J'ajouterais qu'une université suèdoise a aussi publié une étude comparative (Lecture d'un quotidien sur liseuse électronique, PC ou papier). leur auteurs émettent justement des réserves concernant l'impact environnemental et social de la fabrication et de la fin de vie des liseuses électroniques.
Voir ici : http://www.greenit.fr/article/materiel/un-ebook-pour-chaque-etudiant-une-proposition-ecologique
@Christophe Baudoin
Merci Christophe pour cette précision sur la source, l'article "Would You Like That Book in Paper or Plastic?" de Erika Engelhaupt (juin 2008) peut effectivement se lire en anglais là : http://pubs.acs.org/doi/pdf/10.1021/es087144e, et contient des informations intéressantes sur le plan de la comparaison des impacts *environnementaux* des éditions papier vs les liseuses électroniques.
On y trouve tout de même quelques zones floues. Par exemple on n'y considère, parlant de consommation électrique, que l'utilisation de la liseuse, rien sur l'avant et l'après utilisation dans le cycle de vie de l'appareil (ou ai-je lu trop vite ?).
Pourtant, toujours à titre de comparaison et/ou d'exemple, la fabrication d'un ordinateur produit 24 fois plus de CO2 qu'une année de son utilisation... (http://www.greenit.fr/article/materiel/24-fois-plus-de-co2-lors-de-la-fabrication-dun-ordinateur-que-lors-de-son-utilisati?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+GreenIT+%28GreenIT%29)
Pas négligeable ! D'où l'importance, comme c'est d'ailleurs aussi mentionné dans l'article d'E.Engelhaupt (et qu'on ne répètera jamais assez), de conserver le plus longtemps possible son PC, GSM, e-Book, téléviseur, etc...
Mais on y traite quand même d'aspects comme le transport des livres vs l'upload du texte, etc... Un article qui mérite sa lecture, oui.
Mais si on ne veut regarder que l'aspect "green", écologique, environnemental, et pas le versant social, si chargé d'injustice et de scandales, aussi.
Durable, c'est aussi ça, non ?
(http://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9veloppement_durable)
Re-@Bof bof...
1er point :
"Ainsi, la production de livres papier nécessite 78 fois plus d’eau que celle de la technique des liseuses." : la source provient de la très sérieuse Revue Environmental Science (2008).
2ème point :
D'accord sur le développement durable et la culture des arbres...
Toujours d'accord sur la composition des matériaux électroniques polluants...
Bien sûr d'accord avec vous pour un dossier sur le livre électronique (décidément que de portes ouvertes enfoncées dans cette analyse...;-). Au carrefour des enjeux économiques de l'industrie du livre et de l'édition, mais aussi écologiques et sans oublier l'impact social de ces 2 industries (avec les fameux sweat shops...), je vous l’accorde : difficile en effet de faire court...;-)
Bonne journée...
@Bof bof…
Merci pour ce commentaire fleuve et les précisions apportées sur les enjeux écologiques du livre électronique...
Le temps de faire le point sur votre analyse complète du sujet, et je reviens vers vous...;-)
"Ainsi, la production de livres papier nécessite 78 fois plus d’eau que celle de la technique des liseuses."
Pouvez-vous citer des chiffres et vos sources SVP ?
Les arbres ont une caractéristique naturelle remarquable : ils se plantent et poussent. Ça prend du temps, certes, mais ça peut se gérer (cf. FST, PEFC). On peut les qualifier de renouvelables, et en termes de développement durable, n'est-ce pas caractéristique ?
En revanche, ce n'est généralement pas le cas des matières premières employées pour la production de ces matériels électroniques, tels que les liseuses/e-books.
Le cuivre, le plomb, le mercure, le cadmium, l'aluminium, etc, dont certains sont rares, et aussi des métaux précieux comme l'or, qui tous existent en quantités finies, ne sont pas renouvelables.
Et si on parle des plastiques produits à partir de pétrole, non plus renouvelables, on peut continuer la liste.
Quand on voit, à titre d'exemple, que pour un PC il faut 373 litres pétrole, 2,8 tonnes de matières premières (dont 1500 litres eau), 22 kg produits chimiques, et que la fabrication génère 164 kg de déchets dont 24 kg hautement toxiques, donc plus de déchets toxiques que de produit fini (source http://www.greenit.fr), on peut imaginer que ces liseuses ne sont forcément si écologiques...
Bref, difficile de faire le bilan écologique du livre vs la liseuse en 3 paragraphes, un vrai dossier apparaît nécessaire.
Mais développement durable, ce n'est pas que respect de l'environnement : quid de l'impact social de chacune des solutions ?
Là aussi il faudrait comparer les choses plus en profondeur, ne pensez-vous pas ?
Est-ce que, comme pour l'extraction de minerais au fond des mines en Afrique (par exemple), ce sont des enfants (entre autre) qu'on fait travailler dans des conditions pénibles, sans aucun droit, ni espoir, pour l'abattage des arbres ? Possible, possible...
Est-ce que les conditions de travail pour la production du papier, puis l'impression des livres sont comparables à celles que subissent encore des jeunes et moins jeunes chinois(es) 6 à 7j/7, 12h par jour, sans respect des normes "occidentales" d'hygiène et sécurité, jusqu'à y laisser leur peau, pour un salaire de misère, même chez eux ?
Et en fin du cycle de vie de la liseuse, quand elle ne marche plus (parfois simplement la batterie à remplacer) et que, lorsqu'elle n'est alors pas simplement jetée à la poubelle ! (si si!), elle se retrouve démantelée avec des tonnes d'autres PC, téléphones, écrans, etc, encore en Afrique ou en Asie, dans des chantiers où la notion même de norme d'hygiène est un concept à des années lumières des gamine(s) qui s'y collent pour survivre : qu'y a-t-il là de comparable au livre écorné qui patiente des années sur l'étagère de la bibliothèque ou finit au papier ?
Mais encore, qui a les moyens de s'acheter une liseuse à plusieurs 100aines d'euros ? Pas tout le monde !
On trouve facilement des bouquins neufs (a fortiori d'occasion, c'est un marché !!) à partir de 1 ou 2 €... il en faut pour en arriver à amortir la liseuse, non ?
Avant de supprimer les livres, commençons par supprimer la pub dans nos boites aux lettres...
Bonjour,
Je suis un "éditeur vert" car Katisa Editions ne commercialise que des ouvrages en version numérique (ebooks).
Cela a été un choix délibéré dés la création de l'entreprise.
Avec la multiplication des appareils permettant de les lire, ces ouvrages vont se multiplier.
C'est plus écolo et cela prend moins de place.
Cordialement,
BRUNET