Le bio est-il bon ?

 



L'école, lieu de résistance à la malbouffe ? Le goût n’est pas inné, il s’apprend. Elus, parents d’élèves, directeurs d’établissements, l’éducation nutritionnelle commence dès le plus jeune âge. Alors pourquoi ne pas faire découvrir les produits bio aux 6 millions d’élèves qui mangent chaque jour à la cantine ? Car défendre l’agriculture biologique, c'est défendre les produits bons pour la santé et l’environnement. Mais pas pour le journaliste Gil Rivière-Wekstein qui publie « Bio, fausses promesses et vrai marketing » (Editions Le Publieur). Accrochez-vous, le bio c’est aussi des préjugés et des pesticides. Un livre qui ne vous empêchera pas de tester le locavorisme cette semaine dans l’écogeste. 

 

 

Le bio au centre de la bataille du goût

 


L’équilibre nutritionnel des enfants : nouvelle mission de l’école. Moins de graisse, plus de calcium, moins de sucre, plus de végétaux et encore plus de vitamines, c’est un des difficiles paris de la loi de modernisation de l’agriculture et de la pêche.


Se désintoxiquer des produits standardisés, cordons bleus, nuggets et autres pommes dauphines de l’industrie agro-alimentaire demande un effort politique certain. Ambitieux, le Grenelle de l’environnement table sur 20 % de bio dans les cantines scolaires pour 2012. Une fois de plus, tous les regards se tournent vers l’école pour porter la révolution des papilles et promouvoir circuits courts, agriculture biologique. Le goût, les saveurs du terroir, les produits de qualité : une affaire de plaisir et d’éducation qui commence dès la prime enfance. Dans la réalité, les produits bio ne représentent seulement que 1,3% des achats alimentaires de la restauration collective (Agence bio).

 

Le bio est-il bon ?


Et pourtant les vertus sur la santé de la ratatouille, du sauté de veau label rouge et de la cuisine sans sel ajouté sont bien connues. Les nutritionnistes parlent même d’une réponse au surpoids, à l’obésité.
Le bio dans les assiettes ? La route est longue. La France importe 40 % de produits bio faute d’une filière peu développée comparée à l’Autriche, la Suède ou l’Italie. Le bio un marché en expansion qui connaît également des limites. 

 

C’est ce que tente de démontrer le journaliste Gil Rivière-Wekstein avec sa contre-enquête « Bio, fausses promesses et vrai marketing ». Dans le genre provocateur, le titre donne le ton. Sortir du monde enchanté du bio. C’est un peu la devise pour l’auteur de cet ouvrage à contre-courant du bio comme alternative aux pesticides et à l’agriculture intensive. Le livre pose entre autres la question de l’importation des produits bio. Voici une des idées reçues, acheter bio n’est pas nécessairement un acte citoyen qui va soutenir le petit agriculteur du coin situé au fin fond du Limousin.

 

Le bio est-il bon ? L'analyse de Gil Rivière-Wekstein


Pour Gil Rivière-Wekstein, c’est bien le coût et non l’offre insuffisante qui est pointé du doigt. Certes, la surface agricole bio représente moins de 3 % de la surface agricole totale. Mais la pomme bio française coûte si chère que les grandes surfaces ont préféré importer ses voisines italiennes en 2010. Ces deux ans d’enquête qui égratignent l’image du bio grand défenseur du patrimoine et ultime combattant contre les pesticides. Dites-vous que manger bio, c’est aussi avaler du cuivre et des résidus de pesticides. Un produit bio sur cinq d’origine française comporterait des résidus de pesticides
(étude DGCCRF publiée en 2009). Voilà qui devrait faire réagir les militants de l’agriculture biologique. 


Ces derniers, signataires de la rubrique « personnalité de la semaine », n’ont d’ailleurs pas manqué de rappeler la mission « environnementale » au ministre de l’Agriculture dans une tribune du journal Le Monde (30 mars 2011). Dans un contexte de rabotage des subventions à l’agriculture bio (de 4 000 à
2 000 € de crédit d’impôt), un collectif d’ONG et d’associations tacle Bruno Le Maire : « ministre de certains agriculteurs » et pas assez « ministre d'une agriculture durable, d'une alimentation saine et d'un aménagement équilibré du territoire ». Un appel pour sortir du sentier des bonnes intentions afin de négocier davantage d’aides financières en direction de l’élevage extensif et de l’agriculture biologique en vue de la prochaine réforme de la politique agricole commune (PAC).  

 

L'écogeste : le locavorisme


Cette semaine, vous pouvez lire l’enquête sur les fausses promesses du bio, mais vous pouvez aussi affûter votre palais et sympathiser avec le petit producteur du marché ; ça y est vous êtes parés pour le locavorisme en forme d’écogeste.


Mot quelque peu barbare, mais tellement rafraîchissant pour se décider enfin à changer les mauvaises habitudes alimentaires des plats tout préparés. Amoureux du terroir, du goût de la tomate croquée dans le verger familial, faites le pari des produits locaux dans votre alimentation au quotidien. Le
locavorisme, courant né en Californie, est un mode de vie qui privilégie les circuits courts, les ressources locales, les produits de saison. Car on ne naît pas « locavore », on le devient. Dans la charte du mouvement, les épices, le thé, le chocolat ou le café font figure d’exception. Rassurés ? 

 

 

 

Photo : DIA - Fotolia


Publié par Christophe Baudouin
le mardi 12 Avril 2011

 



 
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mardi 24 Mai 2011 à 18:09 Par bio dans ma cantine
 

Vous aussi, dites oui au bio dans ma cantine, ici : http://www.facebook.com/ouiaubiodansmacantine

mercredi 13 Avril 2011 à 19:53 Par karl
 

Gil Rivière-Wekstein est membre de l’Afja (Association Française des Journalistes Agricoles) qui a pour membre associé Bayer qui fabrique notamment le Gaucho et du riz OGM (entre autre) alors il y a rien d'étonnant que ce personnage crache ouvertement sur le bio.

mardi 12 Avril 2011 à 10:20 Par le mataf
 

Le vrai bio est très sain pour la santé humaine et animale ,mais il ne change en rien le gout et la structure de l'aliment.
Avant d'offrir cette alimentation aux enfants ne faudrait-il pas rééduquer leurs parents ?
Des repas équilibrés et bio dans les restaurants scolaires oui il le faudrait ,mais à quel prix si on veux des produits naturels issus de producteurs locaux.
La politique hypocrite du ministre de l'agriculture et du petit agité ,ne va pas dans ce sens ,on protège d'abord le fric des puissantes multi- nationales agricoles et de toutes les filières de l'agro-alimentaire.
Ce n'est pas réduisant drastiquement les aides aux producteurs bio au profit des autres gros empoisonneurs que nos politiques appuyer par des scientifiques à leur "botte" ,peuvent se poser en donneurs de leçons .
Petit 1: pour mieux se nourrir ne plus acheter ces cochonneries étalées chez les commerçants
petit 2:acheter des produits de saison (bio suivant les bourses).
petit 3:filières courtes pour tous produits:
petit 4: se remettre aux fourneaux (ont peut cuisiner équilibré et bon en moins d'un quart heure ,je suis cuisinier ).
petit 5:viré la télé avec leurs tristes fantoches

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