La RSE, entre philanthropie et intérêt

 
« L'unique responsabilité sociale de l'entreprise est d'accroître ses profits » écrit le prix Nobel d’économie Milton Friedman en 1970 dans le New York Times. N’en déplaise à cet économiste, la responsabilité sociale des entreprises (RSE) est pourtant un mouvement qui prend aujourd’hui de l’ampleur, montrant que certaines entreprises se soucient de plus en plus de leur environnement et de la société dans laquelle elles évoluent.

          

Que ce soit dans le domaine social ou environnemental, un cadre réglementaire encadre déjà les pratiques et l’activité des entreprises sur certains aspects : les usines les plus polluantes sont par exemple soumises à des contrôles et ne doivent pas dépasser certains seuils ; en matière sociale, le code du travail liste de nombreuses règles visant à protéger les salariés.

La notion de responsabilité sociale des entreprises va au-delà de cette régulation : elle repose sur les engagements volontaires d’une entreprise pour aller plus loin que la loi. Cette responsabilité s’exerce vis-à-vis des « parties prenantes », c'est-à-dire tous les acteurs concernés de près ou de loin par l’activité de l’entreprise : les salariés, les actionnaires, les clients ou consommateurs, les fournisseurs, mais aussi plus largement la société civile et les pouvoirs publics.

            

Pour rejoindre Milton Friedman, une entreprise est rarement philanthrope : elle cherche avant tout à survivre, et donc à faire du profit. Cependant, une usine qui pollue son environnement ou épuise ses salariés ne peut prospérer que sur le court terme. La RSE est fondée sur l’idée que l’entreprise doit rechercher un profit durable, de long terme, ce qui nécessite de prendre en compte les exigences sociales et environnementales.

                

Une politique de RSE est ainsi une gestion de conflit d’intérêts et un pari sur l’avenir. L’entreprise s’impose aujourd’hui de nouvelles contraintes à respecter en anticipant le fait que dans cinq, dix ou quinze ans, ces exigences deviendront réglementaires car les attentes de la société auront évolué. L’entreprise qui aura mené une politique ambitieuse en matière sociale ou environnementale se voit alors dotée d’un réel avantage compétitif par rapport à ses concurrents, ce qui lui permet de dégager du profit.

                   

La RSE est également un formidable outil de communication visant à donner à l’entreprise une bonne image auprès de ses clients. Cependant, s’il est légitime qu’une entreprise fasse connaître ses efforts sur les plans sociaux et environnementaux, la RSE ne doit pas se limiter à une simple politique de communication, comme c’est parfois aujourd’hui le cas…

               

                         

Publié par Marion Gautier
le jeudi 10 Mai 2012

 



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