La question climatique vue par Vladimir Poutine

 



Vous en rêviez ? Alors ne cherchez plus, c’est l’heure de l ’autre regard sur le développement durable. Les tops avec la chasse «  pacifique » de la baleine grise et les flops avec la question climatique vue par Vladimir Poutine, sans oublier l’écogeste du concert rock pour la sauvegarde de la forêt de Khimki, c’est maintenant avec la revue d’actualité décalée de Mister Durable… Christophe Baudouin.

 

 

 

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La Russie rurale (crédit photo : GIS / Fotolia.com).

 

 

Vladimir Poutine a une nouvelle fois mis en doute le facteur humain dans le réchauffement climatique. Au lendemain de la vague des feux de forêts et de la canicule sans précédent qui a touché la Russie, avouez que ça fait désordre. Et c’est le flop de la semaine !



Le Premier ministre russe nous a donné une définition bien personnelle des causes du réchauffement climatique. Petite piqûre de rappel ! Le 23 août dernier, Vladimir Poutine se rend à une expédition scientifique sur le climat en Yakoutie dans le grand nord et déclare à son auditoire médusé : « I l y a 10 000 ans, les mammouths ont commencé à mourir (...) à cause du réchauffement climatique, de l'élévation du niveau des océans et de la réduction des pâturages. Ils sont venus ici, sur les îles. Et tout ça est arrivé sans une influence humaine ».

 

Décidément, in-cor-ri-gible, car Vladimir Poutine n’en est pas à son premier fait d’arme.

 

 

 

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Vladimir Poutine en visite avec des experts sur le climat sur la base scientifique de l'île de l'île Samoilovsky (crédit photo : Alexsey Druginyn / AFP).

 

 


Souvenez-vous en 2003, au moment de la conférence de Moscou sur le changement climatique, il avait déclaré : « qu'un réchauffement de deux à trois degrés ne serait pas grave et peut-être même bénéfique : on dépenserait moins pour les manteaux de fourrure et les vêtements chauds ».

 

Mais en ce début de semaine, M. Poutine est tombé sur plus fort que lui. En même temps ce n’est pas si difficile, vous l’aurez compris l’écologie n’est manifestement pas sa tasse de thé. Ainsi, lors de sa rencontre avec des experts du climat sur une base scientifique de l' île Samoilovsky, une chercheuse allemande s’est empressée de recadrer sa brillante analyse. Inken Preuss, lui a ainsi rappelé que l’utilisation des carburants a des cons équences bien plus importantes sur le climat que les rejets de méthane.

 

Néanmoins, pas sûr que la leçon de l’influence humaine sur le climat soit reçue cinq sur cinq dans le pays. La réponse de la chercheuse a été retransmise par les agences de presse, mais curieusement, pas par la télévision russe.


Fervent défenseur de certaines espèces animales menacées, l’homme fort du gouvernement nous l’a démontré à sa manière mercredi au cours d’une expédition scientifique. Une chasse à la baleine avec la bénédiction de l’institut océanographique de l’océan Pacifique. Et c’est le top de la semaine ! 

 


 Vladimir Pourtine poursuit à l'arbalète une baleine grise pour prélever un échantillon de sa peau :

 

 

 

C’est donc pour la cause scientifique que Vladimir Poutine a pourchassé une baleine de 30 tonnes dans les eaux du Pacifique en Extrême-Orient russe. Armé d’une arbalète, le chef du gouvernement a tiré sur une baleine grise pour prélever des échantillons de peau. Le tir à l’arbalète : une première pour l’ex-officier du KGB.

 

Voilà qui explique ceci ; c’est au bout de la quatrième tentative que le mammifère marin a été touché par une de ses flèches. 


« J'aime ça. J'aime notre nature. Je respecte ce que font nos scientifiques. Ce qu'ils font est important et utile », a confié M. Poutine. Cette fois-ci, les chaînes de télévision russes proches du pouvoir n’ont pas manqué de diffuser de larges extraits du « grand défenseur des animaux menacés » qui a bravé les hautes vagues du Pacifique.  



Enfin, l’ écogeste cette semaine pour un monde meilleur : le rock contre le pouvoir arbitraire en Russie.
Dimanche dernier place Pouchkine, 2000 manifestants se sont réunis pour faire entendre leurs voix pour la sauvegarde de la forêt de Khimki, au nord-ouest de Moscou.

 

 

 

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Iouri Chectchouk accomapagné de sa guitare sèche joue pour la sauvegarde de la forêt de khimki ( crédit photo : Iliya Pitalev / AFP).

 

 

Iouri Chevtchouk, figure du groupe culte DDT, a joué avec sa guitare sèche (sur un escabeau) pour dénoncer le tracé de l’autoroute qui prévoit l’abattage de 144 hectares d’arbres.

 


Des stars russes du rock et des opposants de Vladimir Poutine ont rejoint la lutte symbolique du massif forestier de Khimki. Voilà que la cause environnementale se  politise en Russie.

 


La musique rock une arme diabolique contre le pouvoir ? Jeudi, le président Medvedev a décidé de suspendre le projet d’autoroute Moscou/Saint-Pétersbourg réalisé par la société NWCC LLC, filiale du groupe français de BTP Vinci.

 

Publié par Christophe Baudouin
le samedi 28 Aout 2010

 



 
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samedi 28 Aout 2010 à 09:18 Par chuchen
 

Si les hommes politiques pouvaient inverser la tendance du côté de la protection de l'environnement, ils feraient preuve d'intelligence et d'humanité !

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