La France peut-elle sortir du nucléaire ? Réponse des pro-nucléaires

 


La menace nucléaire nippone plane sur l’avenir du nucléaire dans le monde. Troisième parc nucléaire au monde, la France s’interroge, mais n’entend pas changer de cap énergétique. Ainsi, deux EPR (réacteurs de 3ème génération) sont en cours de projet. La France doit-elle réduire sa dépendance à l’énergie nucléaire ? Après l’appel lancé par les ONG et certains responsables politiques, c’est au tour des défenseurs de l’industrie nucléaire de plancher sur le sujet. Nous avons posé la question à trois intervenants.

 

 

Centrale nucléaire française

 

 

 

  •  Francis Sorin – Directeur pôle information de la SOCIETE FRANÇAISE POUR LE NUCLEAIRE


Francis Sorin Fessenheim, la plus vieille centrale française est devenue en l’espace de quelques jours le centre de bataille des acteurs du nucléaire : politiques, médias, ONG, lobbys, industriels, s’en mêlent et se déchirent sur une éventuelle fin de prolongation de la durée de vie de certains réacteurs. Car en ces temps de probable catastrophe nucléaire au Japon, il ne fait pas bon pour une centrale nucléaire de cumuler les décennies d’activités et l’exploitation de ses réacteurs en zone sismique.  Francis Sorin, catégorique, affirme que Fessenheim ne doit pas fermer. « Une centrale ça vieillit, et ça rajeunit aussi avec le changement des composants, les contrôles réguliers de sécurité (plus de 800/an) ». Ainsi, « Fessenheim aujourd’hui n’a rien à voir avec Fessenheim d’hier ».

 

La France peut-elle sortir du nucléaire ? Réponse des pro-nucléaires

 

Mais pas question pour autant de minimiser les risques du nucléaire civil. Un millier d’incidents ont été répertoriés pour le parc nucléaire français (2010), mais « les pannes sont restées sans gravité pour la santé publique ». Rien à voir donc avec les risques de fusion du cœur des réacteurs de la centrale de Fukushima suite au séisme et au tsunami sans précédent. En France, le danger sismique est jugé modéré. Cependant, impossible de l’écarter complètement. Il existe. Francis Sorin dit vouloir tirer des enseignements de la crise nucléaire nippone. Notamment sur l’alimentation électrique des systèmes de refroidissement.   

 

 

  •   Bruno Comby – Président des ECOLOGISTES POUR LE NUCLEAIRE


Bruno Comby Tirer les enseignements, très certainement, mais en ces heures de menaces atomiques sur l’archipel, le temps est celui de l’urgence humanitaire selon Bruno Comby. Aux milliers de sinistrés du séisme et du tsunami quelques peu éclipsés par la course contre la montre de l’échauffement des réacteurs : l’enfer de Fukushima. Le temps ne serait donc pas encore aux tables rondes enflammées sur l’avenir de l’industrie nucléaire. Question de décence envers les victimes. « Il ya un temps pour observer, se faire petit, réfléchir et enfin agir ». L’audit sur la sécurité des 58 réacteurs du parc français ? « Oui, c’est une bonne chose. Mais attention à ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La sécurité et la technologie nucléaire évoluent, les réacteurs sont beaucoup plus sûrs que ceux des années 1960 ».

 

La France peut-elle sortir du nucléaire ? Réponse des pro-nucléaires


Le parc nucléaire se modernise, EPR ou pas EPR, et EDF veille à l’usure des matériaux, ainsi qu’à la durée de vie des centrales. Une facture de 2 milliards d’euros/an pour des « dépenses de jouvence »; c’est le drôle de nom du programme censé remettre aux normes les réacteurs (environ 400 millions d’euros/réacteur). Au final, la "cure de jouvence" du parc EDF pourrait bien coûter plus de 20 milliards d’euros. Objectif : une extension de 10 ans pour continuer l’exploitation de certains réacteurs. Car si l’énergie propre n’existe pas, il n’empêche, « l’énergie nucléaire reste la plus sûre pour lutter contre la grave crise énergétique et climatique à l’échelle mondiale ».

 

 

  • Bertrand Barré – Conseiller scientifique auprès du groupe AREVA


 

Bertrand Barré La question qu’il convient de se poser pour Bertrand Barré : « quel intérêt avons-nous à changer de politique énergétique ? Aujourd’hui, l’énergie nucléaire est la plus compétitive. Sortir du nucléaire, ce n’est pas un but en soi ». Difficile d’abandonner l’atome en ces circonstances de guerre énergétique au niveau international. L’Italie, très dépendante du gaz et du pétrole, paye son électricité 55 % plus cher comparé à l’Hexagone (Société française d’énergie nucléaire). En moyenne, le prix de l’électricité pour les ménages français est 20 à 30 % moins cher comparés aux pays européens. L’avantage comparatif du prix de l’uranium dessinerait-il un horizon indépassable dans notre politique énergétique ? « Les économies d’énergie, l’investissement dans les énergies renouvelables, ne sont pas incompatibles avec le nucléaire. Mais ne nous racontons pas d’histoire, l’éolien et le solaire sont une énergie beaucoup trop intermittente pour devenir une source d’électricité de base ».

Pour pallier à un scénario de sortie du nucléaire, 87 000 éoliennes devraient être installées sur tout le territoire. Pessimiste sur l’ efficacité énergétique d’un tel scénario, Bertrand Barré conclut « en France, baisser le poids de l’énergie nucléaire signifiera importer plus de gaz, et donc renoncer à nos objectifs d’émissions de CO2 ».  

 

 

Retrouvez notre dossier La France peut-elle sortir du nucléaire ? Question posée aux anti-nucléaires.

 

Photo : Morad Hegui - Fotolia

 

Publié par Christophe Baudouin
le vendredi 18 Mars 2011

 



 
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dimanche 20 Mars 2011 à 18:43 Par Gérard
 

Les pays charbonniers (USA, Allemagne, Danemark peuvent peut-être se passer du nucléaire tout en étant les plus grands emetteurs de gaz a effet de serre et les plus anti-nucléaire. Nous n'avons pas de ressources fossiles et nous sommes leader dans une énergie qui produit le kWh le moins cher et non emetteur de CO2, faut-il l'abandonner pour des nains énergétiques plus couteux et intermittants (solaire photovoltaique et éolien),il faudrait être inconscient; bien que ces énergies soient utiles dans des niches pour alimenter par exemple des points isolés du réseau.Dire qu'avec de la recherche elles deviendront compétitives c'est penser pouvoir faire gagner le prix de l'arc de triomphe à un poney par la recherche vétérinaire.

vendredi 18 Mars 2011 à 21:23 Par OTH2011
 

VSE-France
Une symbiose Vent - Soleil - Eau pour la France
30% d'électricité renouvelable en 2020.
60% en 2030 et 100% en 2040.
http://vse-france.over-blog.fr

vendredi 18 Mars 2011 à 16:49 Par thomas
 

L'électricité nucléaire pas chère?! oui mais est ce que l'uranium est une matière première achetée de façon équitable???

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