La France peut-elle sortir du nucléaire ? Question posée aux anti-nucléaires

 


Transparence, c’est le mot d’ordre que les politiques et les ONG clament au moment où le Japon fait face à des incidents nucléaires de niveau 6 selon l’Autorité de sûreté nucléaire. De triste mémoire, le niveau 7 avait été atteint par la catastrophe de Tchernobyl (1986). La pression des anti-nucléaires gagne l’Europe. Le débat du nucléaire est ravivé (euphémisme ?) en France. François Fillon a demandé un audit pour l’ensemble du parc nucléaire français ; mais d’autres voix appellent à quitter la dépendance à l’énergie atomique. 80 % de l’énergie électrique en France trouve sa source dans le nucléaire. Peut-on sortir du nucléaire ? Nous avons posé la question à trois représentants des anti-nucléaires français.

 

 

La centrale nucléaire de Cruas

Centrale nucléaire de Cruas (Ardèche)

 


 

  • Jean-Pierre Minne - Porte-parole national SORTIR DU NUCLEAIRE


Jean-Pierre Minne Un audit public sur la sécurité des 58 réacteurs, c’est la moindre des choses pour Jean-Pierre Minne, un des porte-paroles du réseau Sortir du nucléaire. Le «  Japon nous fait prendre conscience que l’énergie du nucléaire n’est pas une énergie qui peut être maîtrisée à 100 % par l’homme ». Les aléas climatiques et les risques sismiques sont étudiés au Japon. Mais les autorités n’ont pas vu venir le terrible tsunami qui a mis à mal les systèmes de refroidissement de ses réacteurs nucléaires. Aujourd’hui, la population japonaise suit avec angoisse chaque nouvelle explosion et fissure des enceintes de la centrale de Fukushima. Des alertes radioactives qui sonnent comme un rappel cinglant du risque que fait peser la technologie nucléaire. Décembre 1999, soir de tempête et de vents violents qui font sauter des digues à proximité de la centrale du Blayais (Gironde). La centrale prend l’eau, réacteurs à l’arrêt et certains systèmes de sécurité inondés, l’incident sera classé niveau 2. Là aussi, lance Jean-Pierre Minne, les autorités n’avaient pas vu venir le coup.


  • Marine Tondelier - Responsable politique JEUNES ECOLOGISTES

 

Marine Tondelier « C’est grave d’attendre tout ce temps une catastrophe pour se décider enfin à réévaluer la sécurité des sites et de se poser la question de la légitimité de certaines centrales nucléaires vieillissantes », enrage Marine Tondelier, une des responsables politiques des Jeunes écologistes (« Classe junior » d’Europe Ecologie-Les Verts). Dans la ligne de mire, Fessenheim, la centrale nucléaire du Haut-Rhin construite en 1977 à l’origine pour une durée d’activité de 30 ans. Une « centrale bidonville », lâche Marine Tondelier, qui fonctionne en pleine zone sismique. Preuve que le risque nucléaire dépasse les frontières du Pacifique. Surtout que le risque zéro n’existe pas. « On ne le dira jamais assez, mais on n’est pas à l’abri d’une erreur humaine, voire d’une attaque terroriste contre une centrale ». A menace nucléaire irrémédiable, mesure radicale : les Jeunes écologiste s demandent l’arrêt de toute nouvelle construction de centrale et un vrai changement de cap de politique énergétique pour sortir progressivement du nucléaire. Une énergie décarbonée, certes, mais une technologie dangereuse ( stockage déchets, fuites radioactives ) et très chère. Anne Lauvergeon, à la tête d’Areva, le sait que trop bien avec la perte du contrat (40 milliards de dollars) pour la construction de centrales nucléaires à Abou Dhabi (2009) au profit du consortium sud-coréen, nettement moins cher.
 


  • Sophia Majnoni - Spécialiste des questions nucléaires GREENPEACE FRANCE

 

Sophia Majnoni Sortir de la « religion du nucléaire ». Sophia Majnoni ( Greenpeace France ) pointe du doigt l’ autisme des décideurs politiques, et son aveuglement à vouloir chercher à tout prix l’indépendance énergétique avec le nucléaire. Car la France est un pays qui a peu de ressources minières, comme le Japon, et qui a peu développé les énergies alternatives. Et c’est là que le bât blesse. « 60 % du budget de la recherche vont au nucléaire, 20 % au pétrole et le reste aux énergies renouvelables. C’est bien un choix politique, non ? ». Changer notre politique nucléaire, héritage des années du général de Gaulle, ne se fera pas en une poignée d’années. Mais comme le rappelle Sophia Majnoni, « en quinze ans on a réussi à développer un parc nucléaire. Alors pourquoi ne pas changer notre mix énergétique en quinze ans ? ». Rationnaliser la consommation énergétique, repenser le rôle d’EDF comme un fournisseur également d’électricité sans carbone, faire du solaire et de l’ éolien de véritables industries et non pas des filières d’ajustement à la marge. Des pistes à explorer d’urgence, loin, très loin de la traditionnelle bataille médiatique entre pro et anti-nucléaire… 

53 % des allemands réclament la fin du nucléaire. Angela Merkel a décidé de suspendre immédiatement la prolongation d’exploitation des sept réacteurs nucléaires les plus anciens du pays. François Fillon a quant à lui jugé « absurde » que l’énergie nucléaire soit « condamnée par cet accident ». Et vous quel regard portez-vous sur le parc nucléaire français ?

 

Retrouvez notre dossier spécial sur le nuclaire : La France peut-elle sortir du nuclaire? Question posée aux pro-nuclaires.

 

 

Photo : Alain Bachellier - Flickr

 

Publié par Christophe Baudouin
le mercredi 16 Mars 2011 à 11:18

 



 
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vendredi 18 Mai 2012 à 02:09 Par lip77
 

Ah ! Qu'il est loin le temps où nous étions dépendants des aléas qui s'abattaient sans autre forme de procès à la surface du globe.

Maintenant, nous ne nous adaptons plus à l'environnement... Nous adaptons l'environnement à notre croissance, barrages, centrales nucléaires, puisage du pétrole, et cætera.

Pour autant, cela change-t-il quoi que ce soit au fait que chacun fait son temps ou que la terre continue de tourner ? Eh non !

Mais nous nous faisons du soucis quand même, et à ce jour, on commence à se demander comment pourront bien continuer nos sociétés ! Pour ma part, peut-être suis-je un peu trop égoïste, mais ce qui est apparu disparaîtra un jour, on est tous bien d'accord là dessus. Fatalement, nos créations connaitront le même sort. Alors sortir ou pas du nucléaire, quelle importance pour nous ? Ce serait plutôt pour ceux qui nous suivront qu'il faudrait se déshabituer des moyens énergétiques faciles. Nos ancêtres eux n'avaient pas d'autres choix, mais il ne fait aucun doute qu'ils ont réussi à survivre puisque nous sommes l'aboutissement de cet enchaînement.

En revanche, serons nous l'âge humain qui amènera l'extinction ? Parce qu'à développer nos civilisations, on en oublie qu'il n'en a pas toujours été ainsi. Et si nous n'y prenons garde, notre accroissement finira bien par causer un déséquilibre non pas vital, mais fatal à l'environnement. Alors raisonner économiquement, pourquoi pas, mais ça ne nous cachera pas la triste réalité dont nous sommes les acteurs temporaires.

Et si nos moyens nous survivront, nous n'en ferons pas autant, alors il serait peut-être bon de revenir à des dimensions moins nucléaires, moins basées aussi sur NOTRE croissance, et tenir plus compte du fragile équilibre vital qui lui nous échappe par sa complexité même, mais qui est le seul garant de la perpétuation du vivant, ce que ne sont pas les moyens ayant aboutis par exemple à Tchernobyl...

vendredi 20 Avril 2012 à 16:40 Par Perplexe
 

Votre sujet il traite rien..

Il aurait ete bien d'avoir une estimation des besoins en France et de ce que produit les differents type de production et ainsi faire une division

Ainsi on verrais exactement de quoi on parle, et les quantites de recherche à faire pour avoir une production descente sans nucleaire

SVP faites une sujet qui parle avec des chiffres et non pas du vent

vendredi 20 Mai 2011 à 18:26 Par evin
 

une société qui priorise le profit avant la sante de ses enfants est une société appelée à disparaitre.
logique NON?

sans parler du stockage des déchets en héritage...
Et certains osent dire on ne peut pas faire autrement.
Il est grand temps de prendre conscience de nos actes!

mercredi 18 Mai 2011 à 01:21 Par apwn3985
 

le nucléaire a largement démontré sa fiabilité en France.s'il est vrai qu'il existe des raisons de s'inquiéter de la maintenance l'explication de ces économies de bout de chandelle est que EDF est devenue une machine à faire du fric pour cause de mondialisation mais aussi de comblement de la dette , ces deux activités étant difficile à mener de front longtemps en période difficile , il faut q' redevienne l’électricien dont les français ont besoin , le nucléaire présente des avantages et c'est autant de pétrole gaz et charbon économisés , les prix sont stables et les réserves varient de 250 ans à plusieurs millénaires si l'on revient aux surrégénérateurs, ça ne dispense pas de s'intéresser aux autres énergies ; nous avons réussi avec le tout nucléaire, il a atteint ses limites , évitant d'investir dans des éoliennes et panneaux couteux , nous avons l’opportunité d'engins et matériels performants qu'ils convient de réserver aux endroits les plus productifs , ceux qui sont partisans d'autonomie peuvent s'équiper pour moins cher qu une voiture , de 2000 à 7000 € , loin du bricolage des années 70 .
l(avenir sera aux renouvelables aidé par des sources moins aléatoires , nucléaire de 4 ieme génération et fusion , voir antimatière pour l’annihilation ,je me demande souvent si ce n'est pas plus facile que la fusion , il s'en produit dans les éclairs , on le sait depuis peu !

Si le renouvelable était si facile , l'exemple danois s'imposerait, or c'est un pays trés pollueur en co2, un pays riche cependant , qui ne participe pas beaucoup aux affaires ruineuses du monde ,

vendredi 6 Mai 2011 à 19:59 Par lip77
 

Le nucléaire s'apprécie en tant qu'énergie utile à une grande échelle : nécessité publique, source d'énergie industrielle, etc. Pour autant, avoir fait le choix de promouvoir cette énergie n'a fait que léser les alternatives à celle-ci, et n'a eu qu'un rôle d'accroissement de la société civile. Cet accroissement, nous le payons avec des risques accrus d'accidents ou de catastrophes. Et finalement, la question est : avons-nous tant besoin de nous accroître ? La quantité prime-t-elle sur la qualité ? À y regarder de plus près, sommes-nous arrivé à un meilleur état des choses (au moins humainement) avec notre développement ? Je crois que non, et je récuse le développement du nucléaire comme de tout autre moyen énergétique dans la perspective du développement de notre système.
Mieux vaut s'habituer aux énergies non-industrielles, ou individuelles... que les générations futures n'auront pas à déplorer.

jeudi 17 Mars 2011 à 12:00 Par le journal de personne
 

Apocalyps o
Suis-je bête ?
Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?
C’est la vision des nombres. Nous allons à l’Esprit.
C’est très-certain, c’est oracle, ce que je dis.
Je comprends, et ne sachant m’expliquer sans paroles païennes, je voudrais me taire.

http://www.lejournaldepersonne.com/2011/03/apocalypso/

jeudi 17 Mars 2011 à 05:04 Par suréaliste
 

Je viens de lire le plan pour sortir du nucléaire sur 25 ans ... j'ai été abasourdi par ce qui était raconté!!! d'abord dans ce plan il est dit que les français devaient changer de comportement et diminuer sa dépendance a l'électricité (ils espèrent diviser par deux la dépendance des français a l'électricité. je pose la question comment faire pour diminuer la dépendance des français par deux ? en sachant que aujourd'hui nous sommes de plus en plus nombreux en France (65 millions) et en sachant qu’ avec l'augmentation des énergies fossiles les français se tournent de plus en plus vers l'électricité... Imaginez que dans 25 ans il n'y aura peut être que des voitures électriques (aujourd'hui le parc automobile français est de 40 millions de véhicules). il est prévu dans le plan que chacun se chauffe a la géothermie... en 25 ans les pro-sortir du nucléaire préconisent de changer le mode de chauffage de tous les foyers français ? Comment ? surtout que l'installation de la géothermie a un certain cout (pour ne pas dire un cout certain)... l'on parle de chômeur, de personne seul(e), de personnes âgées qui devront changer de moyen de chauffage(donc pour le moment en 20 25 ans nous devrons changer de voiture et chauffage mais bien entendu il faudra isoler (fenêtre porte, mur, comble) :O)) )... en ce qui concerne les énergies renouvelables il est parlé dans le plan de développer les barrages hydraulique et créer des micro barrages dans les ruisseaux. C'est sur et certain que même au sein de leur mouvement il va y avoir des réticences !!! C’est bien connu que les barrages détruisent l'éco système sans parler des difficultés pour mettre en place ne serait ce que des micro barrages!!! les éoliennes personne en veut (riverains cela fait trop de bruit et écologiste cela dénature le paysage) la seule alternative qui plait bien est le photovoltaïque mais avouez qu'a lui seul il ne pourra pas répondre a notre besoin énergétique et il faut changer les panneaux régulièrement ... le cout du plan aussi est très très discutable... bref ce plan a autant de chance de fonctionner que mon ordinateur avec dynamo. ;O)

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