La forêt est omniprésente dans nos vies, notre histoire, nos peurs et nos rêves. Elle est aussi une source essentielle de richesse et de diversité biologiques. Pourtant, elle disparaît peu à peu de la surface de la planète. La forêt s'étend aujourd'hui sur un peu moins de quatre milliards d'hectares, soit environ 30% des terres émergées, très inégalement répartis. Plus de la moitié de la superficie forestière mondiale est située dans cinq pays seulement : la Russie, le Brésil, le Canada, les Etats-Unis et la Chine. Chaque année, environ treize millions d'hectares sont détruits. Compte tenu de la reforestation de certaines zones, la perte nette s'élève à un peu plus de sept millions d'hectares par an. Au total, plus de la moitié des forêts originelles; un peu plus de quatre milliards d'hectares, donc ont déjà été anéanties par l'homme, au cours des cinquante dernières années essentiellement. La forêt primaire ou forêt vierge peu ou pas influencée par l'activité humaine, elle continue de disparaître inexorablement partout sur la planète.
Or, les forêts ne se valent pas toutes sur le plan écologique. Bien que toutes fixent d'énormes quantités de carbone grâce à la photosynthèse, échangent d'énormes quantités d'eau avec l'atmosphère via la transpiration de leurs feuilles et fournissent des habitats à une multitude d'organismes vivants, la forêt dite " primaire" abrite une importante partie de la diversité biologique en raison de sa structure et de sa composition beaucoup plus complexes. La raréfaction des forêts primaires est donc beaucoup plus préoccupante que les pertes nettes en forêt à l'échelle mondiale, car une grande partie de celles ci sont converties en forêts dites secondaires, moins riches sur le plan biologique. Si plus de la moitié des forêts originelles ont été détruites depuis l'apparition de l'humanité, 40% seulement de celles qui subsistent ( environ 1,5 milliard d'hectares) peuvent être encore considérées comme des forêts primaires. Dans certaines écorégions, comme la forêt tempérée d'Europe centrale et l'est des Amérique du Nord, il ne reste que 3% de forêts primaires. Plus de 70% de celles qui ont survécu se concentrent dans trois pays: la Russie, le Canada, le Brésil. Dans ce dernier pays, environ quatre millions d'hectares de forêts primaires sont transformées chaque année en pâturages ou champs de soja. Au Canada, un million d'hectares de forêts, majoritairement primaires, sont coupées et transformées en forêts secondaires chaque année. Or, avec la forêt primaire, disparaissent parfois des espèces encore inconnues. Qui plus est, ces forêts emmagasinent souvent beaucoup plus de CO2 que les autres; leur perte contribue au réchauffement climatique.
Ce processus est la conséquence directe de l'augmentation de la population mondiale et du développement de l'agriculture.