La filière solaire française à la traîne…

 
En 2009, la filière solaire avait connu un essor formidable en France, largement soutenue par l’Etat : le tarif de rachat par EDF, à 58 centimes le kilowattheure pour les particuliers était parmi les meilleurs du monde, ce à quoi s’ajoutaient des aides fiscales intéressantes et une baisse du coût des cellules photovoltaïques. Craignant un emballement spéculatif de la filière, le gouvernement Fillon a toutefois décidé fin 2010 de réduire le nombre de projets à travers la diminution du prix de rachat par EDF et l’abaissement du crédit d’impôt accordé de 50% à 11%.

               

Le développement du parc photovoltaïque français a certes permis d’atteindre les 2,5 gigawatts de puissances raccordées cumulées, laissant penser que l’objectif du Grenelle de l’environnement d’atteindre les 5 gigawatts à l’horizon 2020 est réalisable. Cependant, les mesures prises fin 2010 ont porté un vrai coup d’arrêt à la filière solaire, dont le marché résidentiel est entré en décroissance. Plusieurs milliers d’emplois liés à l’industrie photovoltaïque auraient ainsi été détruits en 2011. 

                      

Autre écueil auquel les industriels du solaire ont dû faire face : la chute des prix provoquée par la concurrence des fabricants de panneaux asiatiques. Les investissements chinois dans la production de silicium et de cellules s’élèvent à un montant  quatre fois supérieur à ceux réalisés en Europe… et les panneaux solaires chinois sont ainsi près de 20% moins chers que les équipements européens à la sortie de l’usine.

                          

La position de la France en matière photovoltaïque est aujourd’hui affaiblie, y compris au sein de l’Union européenne : l’Allemagne a installé près de 9 fois plus d’équipements, en termes de puissance, que la France, atteignant une puissance cumulée de 22 gigawatts. Une relance de la filière solaire semble donc s’imposer, et la France dispose d’atouts non négligeables, notamment sur le plan de la recherche, pour le faire. L'Institut national de l'énergie solaire (INES), situé en Savoie est l’un des meilleurs centres européens en la matière, regroupant des équipes du Commissariat à l'énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) et du Centre national de la recherche scientifique (CNRS).

                                    

Outre la baisse des coûts de fabrication, l’amélioration du rendement des panneaux solaires est l’un des enjeux majeurs de la recherche dans ce domaine : les cellules en silicium cristallin, les plus souvent utilisées, offrent aujourd’hui un rapport entre l’énergie solaire captée et l’énergie produite qui dépasse rarement les 20%. 

                  

Publié par Marion Gautier
le jeudi 24 Mai 2012

 



 
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