La femme de chêne

 

Avec la parution de Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques, par Francis Hallé chez Actes Sud, la question de la place des arbres en ville, que nous avions évoquée, émerge de nouveau. L’occasion également de narrer le parcours pas comme les autres de Wangari Muta Maathai, une activiste politique et environnementaliste kenyane, qui s’est éteinte voilà deux mois à Nairobi. 


Wangari Maathai

 

L’histoire de Wangari Muta Maathai, c’est d’abord celle d’une suite ininterrompue de grandes premières… Première femme africaine à être titulaire d’un bachelor en biologie, d’un doctorat de l’Université de Nairobi, d’un Prix Nobel de la Paix en 2004 pour l’ensemble de son action en faveur du développement durable, de la démocratie et de la paix. Ne manquait plus sans doute que le statut de première dame, mais Wangari Maathai ne s’en serait certainement pas contentée, elle que son ex-mari Mwangi Mathai, un politicien kenyan décrivait comme « obstinée et trop difficile à contrôler ». Elle qui fut également secrétaire à l’environnement et aux ressources naturelles dans son pays natal de 2003 à 2005.

 

Que de chemin parcouru pour cette femme de caractère et de convictions, née le 1er avril 1940 dans une famille de fermiers du centre du Kenya. Scolarisée à l’âge de huit ans avec l’accord de ses parents, elle montre rapidement une application qui lui vaut, quelques dix années plus tard, de faire partie de la promotion de 300 Kenyans envoyés suivre un cursus universitaire aux Etats-Unis. Un programme financé par la Joseph P. Kennedy Jr. Foundation, gérée par John F. Kennedy, alors simple sénateur démocrate du Massachusetts. Wangari obtient une licence en biologie à l’université de Mount Scholastica au Kansas, qu’elle complète par un master à l’université de Pittsburgh. Après deux années d’études en Allemagne à Giessen, elle rentre à Nairobi en 1969, où elle obtient un PhD en anatomie animale, une matière qu’elle enseignera pendant la décennie qui suit.

 

C’est également à ce moment-là qu’elle commence à militer, devenant membre puis directrice de la Croix Rouge kenyane dès 1973, et du Conseil national des femmes kenyanes, dont elle deviendra vice-présidente en 1979. Après une série de déconvenues politiques, Wangari se consacre au Green Belt Movement, dix ans après la fondation d’Envirocare Ltd, qui créera la première pépinière d’arbres au Kenya. Le but ? Faire d’une pierre deux coups et résoudre les problèmes sociaux et environnementaux en replantant les arbres sacrifiés sur l’autel de la déforestation. Rien qu’au Kenya, plus de 40 millions d’arbres auraient été plantés en près de trente ans, d’autant que le projet a essaimé dans toute l’Afrique.

 

Mais Wangari Maathai a également lutté sur le plan politique contre la domination d’un homme sur son pays pendant vingt-quatre longues années de 1978 à 2002, le président Daniel Arap Moi. En promouvant la démocratie, en s’opposant avec succès à la réalisation du projet immobilier d’Uhuru Park à Nairobi, en menant une grève de la faim pour obtenir la libération de prisonniers politiques, parfois au prix de sa liberté même, Wangari Maathai a prouvé qu’elle était une femme debout, une femme de chêne.

Publié par Isabelle Tissot
le lundi 21 Novembre 2011

 



 
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lundi 5 Décembre 2011 à 09:50 Par le mataf
 

Ce sujet est très loin de la préoccupation des Français , l'écologie et tout ceux qui se battent pied à pied pour une idéologie ne trouveront malheureusement peut d'échos au près du peuple qui a d'autres urgences en cette très grave période .
Il faudrait débattre de ceux-ci ,mais là attention ,chaud bouillant .

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