La Chine va-t-elle Contrôler ses Émissions de Gaz à Effet de Serre ?

 


La Chine : Polluera ou Polluera pas ? Premier pollueur mondial depuis 2007 après avoir pris la place des Etats-Unis sur le podium des pays les moins tendres avec la planète, la Chine pourrait contrôler ses émissions de gaz à effet de serre par une maîtrise de sa consommation énergétique. C’est en tout cas ce qu’indique une étude américaine parue fin octobre. Pourtant, Barack Obama et Hu Jintao ne semblent pas très enthousiastes à l’approche de Copenhague. Et c’est Nicolas Sarkozy qui en profite.

 

                           La Chine parviendra-t-elle à tenir ses engagements ?


  • La Chine : 1er pollueur mondial

La Chine et l’Inde connaissent une hausse conséquente de leurs émissions depuis 2005. Le céleste empire surtout, dont le développement s’est accompagné d’une utilisation excessive des combustibles fossiles (75%  de la capacité installée en génération d’électricité provenaient en 2008 de centrales à charbon) et d’une déforestation massive. En 2007, la Chine avait atteint le seuil record de 1,8 milliard de tonnes de CO2 émises. Le rapport qui dévoilait ces chiffres indiquait que "le niveau actuel de concentration est le plus élevé depuis les 650 000 dernières années et probablement depuis 20 millions d'années".

  • La politique volontariste de la Chine

Fin octobre, une étude du World Ressource Institute (WRI) indique pourtant que "la politique actuelle de la Chine sur le climat, si elle réussit, va substantiellement ralentir la croissance de sa consommation énergétique et de ses émissions de gaz à effet de serre". Du point de vue du gouvernement effectivement, le Programme national sur le changement climatique de 2007 a fixé des objectifs précis de réduction de la consommation énergétique (-20% d'énergie par point de PIB d'ici à fin 2010 par rapport à 2006) et de développement des énergies renouvelables (15% en 2020).

 

Les faits sont déjà là : en 2007, 200 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés en faveur des énergies renouvelables d’ici à 2020 et un nouveau plan 2009-2020 parle de 300 milliards d’euros. Cette année, le gigantesque pays serait devenue la plus grande capacité éolienne au monde avec plus de 12 GigaWatts produits à la force du vent. L’objectif pour l’année prochaine est de 20 GW et 30 GW pour 2010, soit dix ans d’avance sur les délais fixés au départ. L’énergie solaire, elle, était de 140 MégaWatts fin 2008, on parle désormais de près de 2GW pour 2020 mais elle pourrait atteindre 10 à 20 GW si le solaire continue de se développer comme maintenant. Il faut dire que les foyers sont subventionnés à 50 % par l’Etat, ce qui fait que 10 % des Chinois sont déjà équipés. Au final, en 2020, 300 GW pourraient être produits par les nouvelles énergies.


Mais c’est avant tout l’industrie chinoise qui pollue, bien plus que les citoyens qui produisent cinq fois moins d’émissions de GES (Gaz à Effet de Serre) qu’un consommateur américain moyen. Voilà pourquoi un programme impose à 1 000 grandes entreprises d'Etat de procéder à des réductions draconiennes de leurs émissions ou qu’un autre consiste à fermer les sites de production trop énergivores : 1 000 cimenteries d'une capacité totale de 50 millions de tonnes en ont fait les frais, ainsi que des petites centrales électriques (14,4 GigaWatts au total) et des aciéries capables de produire 35 millions de tonnes d'acier. Voilà des prises de décisions sans compromis… Enfin, Pékin a décidé d' étendre la couverture forestière de son territoire jusqu'à atteindre 20% de la superficie nationale.

  • Obama en visite dans l’Empire du Milieu

Ces chiffres semblent prouver que la Chine a pris des mesures rigoureuses et s’impose une politique engagée pour limiter son impact environnemental. Greenpeace note pourtant qu’ une seule des dix compagnies d’électricité principales a pour le moment atteint ses objectifs de 3% d’énergies renouvelables d’ici à 2010 et que huit n’y arriveront pas. Le 18 novembre, recevant Barack Obama, Hu Jintao a refusé de s’engager pour un accord contraignant à trois semaines de Copenhague. Il semblerait que la Chine et les Etats-Unis, qui émettent à eux deux 40 % des émissions de GES, se soient accordés pour reculer l’échéance de mise en œuvre d’actes concrets pour ne pas freiner leur développement économique. Le président chinois a indiqué qu’il engagerait son pays "selon ses possibilités".

  • Sarkozy et Lula contre-attaquent

Nicolas Sarkozy et Lula comptent bien contrer ce "G2" en annonçant leur refus de repousser à plus tard les engagements contraignants sur les émissions de CO2 .

 

Le président brésilien, qui était reçu samedi à l'Elysée indique que "nous n'avons pas le droit de permettre que le président Obama et le président Hu Jintao puissent célébrer un accord en prenant pour base les seules réalités de leurs pays ". "La première économie du monde doit être à la hauteur de ses responsabilités", a surenchéri M. Sarkozy. "Nous n'accepterons pas de prendre des engagements et que d'autres disent : on verra demain". Le Brésil s’est notamment engagé à réduire de 80% la déforestation de l’Amazonie.

 

 

Hésitant à entrer dans la bataille de Copenhague, Nicolas Sarkozy a semblé faire sienne la question du réchauffement climatique avec une taxe carbone impopulaire, toutefois revue à la baisse par rapport aux préconisations de M. Rocard. Une façon de préparer 2012… écologiquement ?

Publié par Florian Martin
le samedi 21 Novembre 2009

 



 
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