L'Équateur dit non à l’exploitation du gisement de pétrole de Yasuni

846 millions de barils de pétrole du parc amazonien Yasuni resteront sous terre

 


En pleine jungle amazonienne, le gisement de l’or noir attire les convoitises. Et pourtant Rafael Correa, le président de l’Equateur, vient de prendre la décision inédite de refuser d’exploiter la riche réserve de pétrole du parc Yasuni estimé à 846 millions de barils de pétrole. Un véritable pactole financier en perspective pour un bras de fer politique qui dure depuis trois ans. L’objectif du projet Yasuni-ITT : obtenir un cofinancement des pays développés afin de protéger la faune et la flore unique de ce parc national protégé par l’Unesco.  

 

 

 

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Le parc national de Yasuni s'étend sur 950 000 hectares de jungle dans le sud-est de l'Equateur (crédit photo : AFP / Rodrigo Buendia).

 

 

 

  • Yasuni-ITT devient réalité…


Un pactole estimé à 846 millions de barils de pétrole en pleine jungle amazonienne. Le sacrifice de cette manne financière pour le pays n’est pas mince. Surtout que les deux-tiers de la population sont touchés par la pauvreté. C’est là que le président équatorien entre en scène convaincu du projet porté au départ par la société civile. Le deal se résume à la non exploitation du gisement de pétrole du parc national de Yasuni moyennant finances auprès des pays riches. Désormais, Yasuni-ITT (du nom des 3 gisements pétroliers du parc) devient réalité. Le cofinancement espéré par la société civile, puis par le gouvernement équatorien voit le jour. Un accord a été conclu avec le programme des Nations unies pour le développement (PNUD) pour la création du Fonds Yasuni-ITT.

 

 

 

  • Décision politique pour la sauvegarde de la biodiversité amazonienne


3,6 milliards de dollars pour sauver l’une des plus riches biodiversités amazoniennes. C’est le montant demandé par Quito à la communauté internationale pour la sauvegarde du parc de Yasuni. 2274 espèces d’arbres, 567 oiseaux répertoriés. Cela donne une idée de la diversité biologique unique de cette zone protégée de 950 000 hectares. Ainsi, le Fonds Yasuni-ITT sera administré par le PNUD sous contrôle de l’Equateur. L’argent versé par les pays développés doit financer des actions énergies renouvelables, reforestations. En un mot : c'est salutaire ! Surtout que la non-exploitation des gisements pétroliers ITT équivaut à une économie de 407 millions de tonnes de co2 pour la planète.

Une décision politique majeure qui pourrait peut-être faire jurisprudence à l’approche du rendez-vous crucial de la conférence de Cancun au Mexique. Et notamment sur le thème de la compensation financière internationale pour mettre en pratique la sauvegarde de la biodiversité comme bien public mondial. L’Indonésie, le Vietnam, le Guatemala et l’administration de Barack Obama ont déjà manifesté leur intérêt pour cette initiative. En attendant l’effet boule de neige des autres pays … ?

 

 

 

 

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Publié par Christophe Baudouin
le mercredi 18 Aout 2010

 



 
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mercredi 8 Septembre 2010 à 17:55 Par nguie
 

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