La révolution verte des entreprises ? Epinglés plus d’une fois par les ONG environnementales, les grands groupes de l’informatique et de l’électronique prennent de plus en plus conscience des enjeux et des dégâts occasionnés par leur mode de production. Le high-tech "vert" fait-il partie de la stratégie bien connue maintenant du greenwashing ou d'une véritable lame de fond vers la production responsable et citoyenne ? Quelques pistes de réflexion sur un débat qui fait rage entre le monde militant de la société civile et le monde des entreprises…

La ville de Vancouver où siège l'ONG Greenpeace depuis 1989. (Crédit photo : Stephane Finis-fotolia.com)
Le classement "vert" de Greenpeace
Le verdict de la célèbre ONG sur la protection de l’environnement est tombé. Selon les résultats du groupe, le bilan de 2009 est peu glorieux concernant les efforts écologiques des entreprises. Les géants de l’électronique et de l’informatique qui pratiquent réellement une gouvernance éco-responsable se comptent sur les doigts de la main. Bon dernier, le fabriquant de jeux vidéo Nintendo dont les émissions de CO2, à défaut de diminuer, ont augmenté de 6 % en 2006 et de 1,5 % en 2007 selon le rapport de Greenpeace. D’autres grands groupes remportent la palme du plus mauvais élève sur l’environnement. Microsoft, Lenovo, Fujitsu ou encore Dell enregistrent une moyenne inférieure à 4/10 sur leurs efforts à combattre les substances toxiques.
Des matériaux polluants pointés du doigt
Pour Greenpeace, les entreprises sont en voie de modifier certains comportements jugés néfastes pour l’environnement. Certes, le chemin reste encore long pour arriver à dépasser le stade des simples déclarations de bonne intention sans contraintes économiques de la part des pollueurs. Les effets négatifs du PVC et autres agents toxiques comme les agents ignifugés, le plomb, le mercure ou encore le brome figurent désormais au catalogue des produits à bannir.
Sur les traces de l’éco-conception…
Les technologies de l’information génèrent à elles seules 2 % des émissions de CO2, selon une étude du cabinet d’analyses Gartner Group. Chaque année près de 1,2 millions de tonnes de déchets électroniques sont produits en France. L’éco-conception, sans prétendre devenir la voie alternative royale, se présente comme une démarche intelligente dans la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre. La fabrication de produits et de services via le principe de l’éco-conception consiste à limiter la consommation à outrance de ressources naturelles en utilisant les énergies renouvelables par exemple.
Sur la place publique et dans le discours des entreprises, les problématiques écologiques sont devenues aujourd'hui des enjeux légitimes. Cependant, des questions restent en suspend. Quid du recyclage des milliers de tonnes de matériel informatique ?
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