L’eau n’échappe pas aux inégalités

 

 

Parler de l’eau, c’est voir la réalité injuste, violente, marchande en pleine face. De Karachi à Paris, de Nairobi à Détroit, les contrastes vont bon train sur l’accès à l’eau potable. L’eau, un bien public marchand rempli d’inégalités qui frappent aussi bien à la porte des usagers (prix), des villes (qualité des installations) que des continents (ressource rare/abondante). A Tokyo, l’or bleu prend une nouvelle dimension avec la lutte contre la contamination radioactive. Enfin l’écogeste, munissez-vous de votre facture d’eau, c’est le moment de mettre un peu de transparence sur le prix de l’eau.


 

La question de l'eau

 

 

«  L’eau pour les villes  », fil rouge 2011 de la journée mondiale de l’eau, place la question urbaine au centre des débats. Imaginez, 60 % de la population mondiale sera urbaine dans une vingtaine d’années ; ça fait du monde, environ 5 milliards de personnes vivront dans les villes selon l’ONU.


Mais le défi n’est pas seulement urbain. Car en cette journée hommage à l’eau, ressource stratégique et ô combien vitale, impossible de ne pas voir le phénomène de la globalisation. Nord-Sud, d’abord,
car le continent africain fait frémir une fois de plus les statistiques. A Nairobi, l’eau coûte 5 à 7 fois plus chère que dans les villes d’Amérique du nord. Un habitant de la Tanzanie consomme près de 58 000 litres d’eau/an, c’est 30 fois moins qu’un Américain.


En France, pas besoin de parcourir des kilomètres pour chercher de l’eau pas très sûre à un puits.
La ressource est abondante, l’eau coule facilement, trop même. Un litre d’eau sur quatre est gaspillé.
Des fuites dans les canalisations ? Voilà qui révolterait plus d’un habitant de Nairobi.

 

L'eau n'échappe pas aux inégalités


L’or bleu, une ressource précieuse et fragile pas seulement sur le continent africain. A Tokyo, 
les autorités ont appelé la population à ne pas boire l’eau du robinet. Après les épinards, les brocolis,
le lait cru et les choux-fleurs, la radioactivité anormale touche désormais l’eau du robinet. Preuve que la question de l’eau ne s’arrête donc pas à la frontière des pays les plus pauvres.


Car le psychodrame des rejets radioactifs à la centrale de Fukushima fait toujours couler beaucoup d’encre. Dernier épisode en date : faire la lessive, la vaisselle ou préparer le bain des nourrissons,
une activité banale devenue source d’inquiétudes pour des milliers de famille. En cause, le niveau d’iode radioactif (210 becquerels par litre) deux fois supérieur à la norme autorisée pour les nourrissons.


Ici aussi, dans l’archipel du Japon, l’eau de qualité n’est pas si simple à obtenir en ces temps sombres d’alertes radioactives. Une fois l’annonce de l’eau du robinet déconseillée pour les enfants de moins d’1 an, mercredi dernier, c’était un peu la ruée vers les bouteilles d’eau dans le centre de Tokyo.

 

La personnalité de la semaine : Jean-Luc Touly

 

L’eau, un sujet préoccupant pour les Tokyoïtes. Mais un sujet dont il n’est pas toujours facile de parler. Voilà que ne contredira pas l’activiste Jean-Luc Touly qui signe la rubrique
«  personnalité de la semaine  ». 


Réaliser un documentaire sur la marchandisation de l’eau, eh bien ce n’est pas de la tarte pour le président de l’Acme (Association pour le contrat mondial de l’eau). Surtout lorsque le documentaire à charge sur les conséquences de la privatisation de l’eau vise plus particulièrement deux grands groupes du CAC 40. Veolia a décidé de poursuivre pour diffamation le documentaire Water makes Money.
Mais pour Jean-Luc Touly (témoin dans le documentaire), les pressions juridiques et la censure,
ça galvanise, lui, grand partisan de la gestion publique de l’eau qui n’a même pas peur des multinationales.    


Pour les défenseurs de la qualité du service public de l’eau, l’écogeste coule de source.

Consommateurs, usagers, collectivités, munissez-vous de votre facture d’eau et participez à l’opération transparence sur le prix de l’eau. France Libertés et 60 millions de consommateur organisent une enquête sur tout le territoire français pour éclaircir les nombreuses disparités du prix de l’eau entre communes, départements et régions. Cette action citoyenne se passe sur le web. Rendez-vous sur le site Prixdeleau.fr pour cartographier le prix de l’eau. Verdict des résultats, le 22 mars 2012.

 

Photo : iStockphoto


Retrouvez notre article ONU : l'accès à l'eau potable a été décrété " droit fondamental "




Publié par Christophe Baudouin
le mardi 29 Mars 2011

 



 
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mardi 29 Mars 2011 à 14:29 Par Le Mataf
 

L'eau cette ressource indispensable à toute forme de vie sur terre, est promise à une mort lente et sans espoir de la retrouver dans sont état originel.
Gaspillage et pollution sont les deux cancers de l'eau.
Le gaspillage : mauvais entretien des barrages et des stations de traitements ,fuites des réseaux de distributions etc...! faute à l'état qui a donné avec complaisance et cupidité non feinte la gestion de cette ressource à ses "petits copains" .
Gaspillage des usagers divers : usages intempestif des collectivités publiques et privées (piscines, terrains de foot, terrains de golf ,terre battue pour les terrains de tennis, douches sur les plages ,campings et j'en passe, baignoires au lieu d'une douche ,lavage de cette chère auto,fuites des équipements des maisons particulières,vieux électroménager ,pelouses etc...épuisement des nappes ou des sources du à la consommation inutile de l'eau en bouteilles (l'eau du service est aussi saine et bonne) faite donc une électrolyse de votre eau en bouteille plastique pour voir hein!et encore et encore.
Ha! j'allais oublier les irrigations agricoles ,eau pure captée et pillée dans les nappes fossiles (irresponsabilité du monde agricole)arrosages non justifiés en pleine chaleur) j'arrête là.
Les pollutions houla ! les industries, la chimie, les labos pharmaceutiques ,les hydrocarbures divers,engrais ,pesticides insecticides ,tous les produis ménagers et corporels, herbicides, les hormones agricole, contraceptifs féminins élevages agricoles et piscicoles etc...
STOP! nous devons faire beaucoup mieux, mais les efforts consentis de gré ou de force devraient sauver cette ressource qui manque tant à d'autres hommes (attention la guerre de l'eau est pour ce soir). L'eau est un bien universel, nul n'a le droit la garder pour lui, d'en faire une marchandise, ni de la violée impunément.

mardi 29 Mars 2011 à 01:19 Par pfb
 

Si l'eau subit la pollution radioactive, le granite serait la solution. Le 18 mai sort au cinéma un film ciblé sur le sujet : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19206525&cfilm=186799.html

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