Inde : une Politique Ambitieuse sur le Climat

 

L 'Inde et le Climat : programme ambitieux ou masque politique ? Le premier ministre indien Manmohan Singh, l’un des acteurs du texte conclu à Copenhague le 18 décembre et qualifié d’ « insuffisant » par Barack Obama et d’ « imparfait » par Nicolas Sarkozy, autres protagonistes de l’accord a minima, mène pourtant une politique climatique ambitieuse en ses terres. L’Inde a en effet commencé un programme d’efficacité énergétique national pour économiser 100 millions de tonnes de CO2 (soit 5% de sa consommation énergétique actuelle).

                          

                                               Vijayawada, ville de l'Etat de l'Andhra Pradesh en Inde

 

  • Inde : 8 plans d’action pour un développement durable

En juin 2008, la "Plan national d’action sur le changement climatique" rassemble les ministères autour de huit missions pour un développement durable du Sous-Continent :

 

  • Le solaire
  • L’efficacité énergétique
  • L’habitat durable
  • L’eau
  • La protection de l’écosystème de l’Himalaya
  • La lutte contre la déforestation
  • L’agriculture durable
  • Le développement de la recherche scientifique et technologique


Malgré ce plan en apparence ambitieux, les écologistes indiens n’applaudissent pas vraiment car les chiffres visés sont, pour eux, en deçà des possibilités du pays. Le Climate Change India rapporte ainsi que " ce plan s'apparente plus à une sorte de catalogue de déclarations, sans proposition concrète ou rapidement applicable. Il n'affiche pas d'objectif précis, ni de calendrier à court, moyen ou long terme."

 

  • L’Inde au top des énergies renouvelables

Les éoliennes ont la cote en Inde. Les chiffres le prouvent en tout cas en faisant de l’Inde le premier réseau éolien en Asie. Les entreprises du secteur n’hésitent d’ailleurs pas à s’implanter sur les 7.600 kilomètres de côte, comme la société Suzlon, première présente en Inde, grâce à une déduction des impôts de 80 % par rapport aux sommes investies. Le gouvernement a également conclu un projet avec les Etats-Unis pour alimenter 60 villes en énergie solaire d’ici 2020, avec une production de 20.000 mégawatts.

 

  • L’Inde à Copenhague : une position ambiguë

Le premier ministre Manmohan Singh avait invité les pays riches à ne pas manquer d’ambition à Copenhague et se disait prêt à ce que l’Inde réduise ses émissions de gaz à effet de serre à condition que cela s’inscrive dans le cadre d’un accord général "équitable". Voyant l’accord insuffisant, il n’a pu qu’appeler à prolonger les négociations en 2010 pour "un accord réellement global et une réponse authentiquement solidaire au changement climatique". Le premier ministre ne souhaitait pas d’un échec à Copenhague, mais a tout de même privilégié, comme la Chine, la croissance et le développement du pays. Il faut dire que par rapport à la population, les Indiens n’émettent chacun qu’une tonne de CO2 par an et les Chinois 3,6… contre 20 pour les Américains… un argument contestable, mais un argument quand même.

 

 

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Publié par Florian Martin
le samedi 2 Janvier 2010

 



 
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mardi 5 Janvier 2010 à 10:07 Par Delphine Rigaud
 

@foldire. Votre remarque est tout à fait intéressante. Les pays en développement, Inde et Chine en tête, sont désignés comme responsables de la non-signature d'un accord à Copenhague à cause de leur refus de s'engager sur un texte international et contraignant juridiquement. Mais cela n'est pas incompatible avec leur volonté de développer des politiques durables de limitations des GES au sein de leurs Etats, donc nationales. La Chine est par exemple, selon Greenpeace et un classement paru en novembre dernier, le pays qui agit le plus en matière de réductions des gaz à effets de serre. Ces pays en développement ne souhaitent, pour l'instant, s'engager que nationalement sans contraintes internationales, autant dire contrôle des Etats les plus industrialisés. Seul le Brésil a accepté à Copenhague de jouer le jeu de la transparence et de la contrainte. D'où l'échec de l'accord de Copenhague qui aurait dû aboutir à un texte où tous les pays donnaient leurs objectifs de réductions à effet de serre et s'y tenir selon un cadre juridique.
En revanche, il serait injuste de limiter cet échec à cette seule position de la part des pays en développement. Les Etats-Unis ont également une vraie responsabilité dans ce "non-accord". Le fait qu'ils ne se soient pas encore doté d'une loi nationale sur le climat est une des raison des leur non-engagement à Copenhague par exemple.

samedi 2 Janvier 2010 à 08:43 Par foldire
 

Présenter l'Inde comme un exemple est pour le moins curieux quand on sait la politique d'expulsion menée contre des paysans exploitant des terres très cultivables, pour y implanter des industries polluantes.

http://www.recit.net/spip.php?article935

Si ce pays est capable de mener une politique ambitieuse en matière de limitation des GES pourquoi est-il présenté à l'instar de la Chine et des Etats-Unis comme responsable qu'un accord de pacotille a été signé à Copenhague ?

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