Il faut sauver le photovoltaïque !

 


Fin 2010, le coup d’arrêt pour la filière photovoltaïque en France ? Le gouvernement a décidé par décret 3 mois de moratoire sur les installations photovoltaïques ; avec pour conséquence une suspension du rachat obligatoire par EDF de l’électricité solaire. Heureusement, un peu partout en France, des collectifs s’organisent pour sauver le photovoltaïque à l’image de « Touche pas à mon panneau solaire ». Pascal Martin (dirigeant d’Armorgreen spécialisée sur les énergies renouvelables) signe la rubrique "personnalité de la semaine". Enfin l’écogeste : il n’est jamais trop tard pour tenter le menu du réveillon écolo ! 


 

 

Photovoltaïque

 

 

 

Une fin d’année sous le signe de la colère et de l’inquiétude pour les PME de l’industrie photovoltaïque. Car les conséquences locales de ce moratoire gouvernemental rétroactif n’ont pas tardé à se faire sentir. Voici donc le dernier flop de 2010 ! 


A Nantes, des projets d’installation photovoltaïque sont remis en cause suite au décret du 9 décembre 2010. Mercredi, Nantes Métropole a annoncé la suspension de 25 projets photovoltaïques dans l’agglomération. Face à l’incertitude juridique et des aides en direction de la filière photovoltaïque, la décision du président (Nantes Métropole) est tombée : Jean-Marc Ayrault compte réorienter son Plan Climat vers d’autres énergies renouvelables.   


« Touche pas à mon panneau solaire » ! C’est la réponse du collectif mené par l’avocate Ariane Vennin qui entend réagir de pied ferme face à la suspension du rachat obligatoire par EDF de l’électricité solaire. Et c’est le top de la semaine !

Sur le réseau social préféré des Français, l’action collective a aussi sa place à côté des apéros géants. Cette mobilisation sur Facebook vise à défendre les 22 500 emplois de ce secteur ; une nouvelle fois fragilisé après deux révisions à la baisse des tarifs d’ achat de l’électricité photovoltaïque. Un groupe apolitique qui entend être force de proposition dans les prochaines concertations du « Grenelle du photovoltaïque ». 


Dans la rubrique « personnalité de la semaine », Pascal Martin (Armorgreen) reste lucide et donne sa vision du marché : « La filière photovoltaïque est divisée entre des PME locales d'une part et des gros opérateurs qui ont eu, sur ce marché, un comportement de prédateur ».


Enfin l’écogeste : osez le menu réveillon écolo le 31 décembre. Bon pour les papilles et l’environnement.


L’association France nature environnement a composé deux repas (traditionnel/écolo) pour mettre à mal certaines idées reçues sur le prix et le plaisir gustatif de produits issus de l’agriculture biologique. Pas de foie gras au menu, mais des produits de qualité moins cher que le repas de Noël traditionnel : apéritif au champagne, tarama et blinis maison, huitres de Normandie, truite fumée bio élevée en France. 


23,73 €/personne, c’est le prix du menu traditionnel contre 17,17 € pour le menu écolo.

 

Toute l’équipe de Durable.com vous souhaite d’excellentes fêtes et une bonne année 2011 !

 

 

Photo : iStockphoto.com

 

Publié par Christophe Baudouin
le samedi 25 Décembre 2010

 



 
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jeudi 3 Février 2011 à 18:22 Par Christophe Baudouin
 

L'obligation de rachat de l'électricité solaire par EDF est donc suspendue jusqu'au mois de mars 2011. L'objectif de ce moratoire est de réexaminer le système juridique d'incitation à la production d'origine solaire.

jeudi 3 Février 2011 à 17:26 Par Christophe Baudouin
 

Le conseil d'Etat a bien maintenu le décret du 9 décembre sur le moratoire (3 mois)de la filière photovoltaïque.

jeudi 30 Décembre 2010 à 17:50 Par Ecolo
 

Paré pour un menu de fetes écolo !

samedi 25 Décembre 2010 à 14:38 Par Regismu
 

Quatre exemples de désinformation avérés sur le solaire photovoltaïque


1° « La CSPE doit être augmentée car elle représente un coût insupportable pour EDF, notamment du fait du rachat des ENR, surtout l’électricité photovoltaïque » (M. Michel Diefenbacher, député du Lot-et-Garonne, rapport parlementaire sur la CSPE).

Le solaire ne pèse que 5,7% de la CSPE (rapport officiel de la CRE) et ne peut justifier l’augmentation.

Selon le rapport d’activité 2010 d’EDF (disponible en ligne sur le site de l’entreprise, les obligations d’achat (cogénération gaz et ENR) ont permis à EDF d’engranger 670M€ d’EBITDA (résultat d’exploitation avant taxes, amortissements et dépréciations) supplémentaire en 2009. Comment expliquer ce montant colossal ? Tout simplement parce que selon les textes le montant de la CSPE est fixé par la loi du 10 juillet 2000 par rapport à un « prix de marché », ce qui a été traduit par EDF avec l’accord de l’administration par « prix de gros ». Or si le prix de gros est de l’ordre de 4c€/kWh, le prix auquel EDF revend l’électricité se situe entre 8 et 12c€/kWh (périodes de pics). Conclusion, EDF réalise une opération ultra-bénéficiaire grâce au « business » de l’obligation d’achat.

CA France d’EDF : 33831M€ et EBITDA France : 9434 M€ - impact net des contrats d’achat : +670M€ qui permet de faire passer le ratio EBITDA/CA de 25,9% à 27,9%. Si EDF était privé de cette ressource, il lui faudrait retrouver 2586 M€ de chiffre d’affaires supplémentaire pour compenser la perte de rentabilité.

L’augmentation de 4,50 à 7,50 euros / kWh (+66%) de la CSPE en 2011 est donc le « casse du siècle » : cela permet à EDF d’augmenter encore plus la cagnotte perçue, alors même que les coûts supplémentaires mis en avant pour justifier l’opération (inflation du nombre de projets photovoltaïques) sont de plus en plus improbables du fait d’une faisabilité technico/économique et financière non avérée pour plus de 2/3 des projets, sans parler du moratoire et de la baisse des tarifs à venir. De plus tout ceci se fait en discréditant les ENR, potentiellement dangereuses pour le nucléaire.

2° « Les projets d’EDF EN ne représentent que 400 à 500 MW dans la file d’attente » (M. Paris Moratoglou, DG d’EDF Energies Nouvelles, devant la commission aux affaires économiques de l’Assemblée Nationales le 16/11/2010)

Comme l’ont appris les acteurs de la filière lors de la première réunion de concertation sur l’avenir du photovoltaïque, il existe une file d’attente « cachée » de très gros projets chez RTE, en dehors de la file d’attente d’ERDF (évaluée à 2100 MW post décret du 10 décembre 2010). Selon RTE, EDF EN posséderait 75% des 2300 MW présents dans cette file « occulte », soit 1725 MW.

Les projets d’EDF EN (d’une puissance unitaire comprise entre 30 et 200 MW) entrent en file d’attente RTE sans permis de construire obtenu (contrairement à la file d’attente ERDF) , bénéficient d’un tarif négocié de gré à gré (30c€/kWh). En contradiction avec la réglementation (l’obligation d’achat étant réservée exclusivement aux projets de moins de 12 MW), ces installations bénéficient de l’obligation d’achat.

Cela veut donc dire qu’EDF EN a déposé 2100 à 2200 MW au moins sur les 4400 MW de file d’attente globale, soit environ la moitié, si leur volume en file d’attente ERDF n’a pas été volontairement sous-estimé vu l’opacité totale de celle-ci. Contrairement à ses affirmations, EDF EN est donc un des acteurs majeurs (sinon l’acteur principal) de la « spéculation » dénoncée par le gouvernement.

Question additionnelle : quel est le bilan financier global de tout cela pour EDF, qui bénéficie (en puisant dans la CSPE) du tarif bonifié via EDF EN (filiale à 50%, mais consolidée dans les comptes d’EDF à 100%) et du bénéfice perçu (deux fois) grâce au différentiel entre le prix de gros et le prix de marché.

3° « 90% des panneaux solaires installés en France sont d’origine chinoise » et « Ils produisent 1,8 fois plus de gaz à effets de serre que ceux faits en France » (Mme Nathalie Koscuiszco-Morizet, ministre de l’Ecologie sur France Info le 21/12/2010)

Impossible : le parc raccordé à fin 2010 en France est de 850 MW (rapport du Commissariat général au développement durable de décembre 2010). Or la production des usines de panneaux françaises sur la même période est de 560 MW (rapport Charpin), soit 66% du volume du parc. Sauf à dire que ces panneaux sont exportés en quasi-totalité (mais alors, dans cette hypothèse, le photovoltaïque est d’ores et déjà une industrie très exportatrice…) cela veut dire que l’essentiel de cette production est bien installé en France. Ce qui correspond à ce que savent tous les professionnels de la filière : les panneaux français, plutôt plus chers que ceux de la concurrence chinoise, se vendent sur le territoire et pas ailleurs.

Par ailleurs, où sont les statistiques du commerce extérieur (service des douanes) montrant cette invasion des panneaux chinois ? Nulle part car, comme le « plombier polonais », cela relève largement du fantasme.

En revanche, il est possible que pour les futurs projets extensifs d’EDF EN (fermes au sol), on ait une forte augmentation des importations de Chine. A la différence des projets intégrés au bâti de taille raisonnable qui nécessitent des panneaux à rendement très élevés, de technologie plus avancée.

Sur les panneaux solaires qui « produisent du CO² », on reste sans voix… (sans même parler de l’étude de l'ADEME et de la statistique sur les « 1,8 fois plus »).

Enfin, on rappela que le SER a établi que le panneau ne représente que 22% en moyenne du coût de production du kWh solaire, les autres composants étant en quasi-totalité de fabrication française.

4° « Ce dont on parle, ce sont des milliers d'hectares de parkings de grandes surfaces couverts de panneaux solaires» (M. François Fillon, Premier Ministre, devant le groupe UMP de l’Assemblée Nationale le 07/12/2010)

Un centre commercial a une surface de toitures et parking com

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