Deux semaines après le séisme de magnitude de 7 qui a touché Haïti, la rédaction de Durable.com a souhaité vous apporter un autre angle sur la médiatique catastrophe naturelle. Dans ce flux d’information continu (survivants miraculeux, nombre grandissant des victimes, pillages, corruption), arrêt sur image sur AVSF (Agronomes et Vétérinaires sans frontières). L’ONG est présente depuis 20 ans sur le sol haïtien. Un pas de côté, le temps de comprendre cette zone géographique des Caraïbes, le travail humanitaire dans les terres agricoles.
Travail de plantation dans une pépinière située dans la vallée de Jacmel à Haïti. ( Crédit photo : Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières)
Un chargé de mission engagé à Haïti
Florian Delerue, chargé de mission AVSF, est resté près de trois ans en Haïti. Joint par téléphone, il nous raconte son expérience d’ingénieur engagé dans la ville de Jacmel (60 000 habitants) au service des zones agricoles. Il n’a jamais mis les pieds à Haïti avant son départ en 2007. A 2 heures de route de la capitale de Port-au-Prince et situé sur la côte sud d’Haïti, Jacmel est décrite comme la capitale culturelle du pays (le Ciné Institute, école de cinéma réputée). Ecologue de formation, spécialisé dans la gestion des systèmes agricoles, Florian Delerue a pour mission la fabrication d’un outil cartographique en 3D, travailler en amont avec la population locale à lutter contre l’érosion des sols.
Jacmel ville dévastée ?
Le réveil est amer pour cet humanitaire. La veille du séisme, le 12 janvier 2010 (date qui restera longtemps gravée dans les mémoires du peuple haïtien), il venait de fêter avec les équipes AVSF et Crose la fin de son long travail pour redynamiser l’activité agricole à Jacmel. « Il était 17 h de l’après-midi, quand soudain la terre a tremblé, nous nous sommes tous précipités dans la cour ». Aujourd’hui, une partie du centre ville est détruit. Les dégâts sont moins importants comparé à la ville de Port-au-Prince. Ville qui grouille d’habitants et de constructions en béton non adaptées aux risques sismiques pour une telle région habituée aux phénomènes naturels violents.
Le diagnostic environnemental de Jacmel
Le séisme qui a frappé Haïti n’est pas l’unique mal dont souffre l’île. Aux côtés des urgences socio-économiques, le bilan environnemental est tout aussi inquiétant. Déboisement sauvage, tempêtes, érosion des sols par manque d’arbres, dégradation de la terre arable avec pour conséquence désastreuse une eau qui s’infiltre partout. Ainsi, le niveau des rivières monte dangereusement lors des crues. A l’inverse, en période de sécheresse, les nappes phréatiques sont asséchées. C’est le constat que dresse Florian Delerue une fois arrivé sur place. Dès lors sa mission, sociale et environnementale, se conjugue vite au pluriel. Protection des parcelles agricoles, élevage et maraîchage, actions sur le reboisement. Pour le côté développement économique, l’objectif est de stopper la perte des revenus et de la production agricole des paysans de Jacmel.
Le plan d’aide AVSF
AVSF, ONG spécialisée dans les programmes de développement aux petits agriculteurs, lance un plan d’aide aux sinistrés du séisme à Haïti. Florian Delerue nous dévoilait quelques pistes des mesures pour soutenir les victimes de Jacmel. Une « ville à dimension humaine » aime-t-il à rappeler. Acte I : venir en aide matériellement à la population locale de Jacmel (urbains et paysans), aide financière à hauteur de 150 dollars par famille de sinistrée, réparation des canalisations et reconstruction des écoles. Acte II : relancer la filière agricole, créer des micro-entreprises afin de créer une dynamique sur les revenus et les emplois agricoles.
AVSF se lance donc à nouveau dans une politique de long terme d’aide pour le développement économique et agricole à Jacmel.
Le site de l’ONG AVSF
Bonjour, éleveur à la retraite, fasciné par haiti, et humanitaire. formations, pompiers, secouriste, spécialité routiere et réhanimation, bones conaissances agricoles.
Pour christophe Baudouin. Et si vous alliez faire un tour sur www.partage.org ! PARTAGE travaille depuis 37 ans à aider les enfants en difficultés dans 20 pays et depuis 15 ans avec deux associations de Haïti, dont une ACDED agit à Jacmel. Et a été à pied d'oeuvre dès les premiers moments.
Merci d'ajouter notre message aux vôtres.
Elisabeth Longuépée, responsable bénévole à Bordeaux
Tout à fait d'accord !
Surtout en ces temps de " cirque médiatique " qui a tendance à zapper les autres réalités d'Haïti...environnementales et sociales !
Le travail humanitaire dans les zones agricoles de Jacmel a le mérite de prendre le contre pied " catastrophique " et " sensationnel " des images qui tournent en boucle sur les destructions à Port-au-Prince...
En voilà des gens bien !