Greenpeace s’invite à l’Assemblée

L'organisation internationale Greenpeace a manifesté hier dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale

 


Hier, à 5 jours de Copenhague, Greenpeace est venu semer le trouble à l’Assemblée pendant que les députés débattaient du réchauffement climatique. L’avenir de la planète, tout le monde est d’accord pour le défendre, pour qualifier le Sommet de Copenhague d’ "historique" (Jean-Louis Borloo) et d’affirmer que "nous sommes sur la voie de l’échec si nous continuons ainsi. (…) Copenhague ne doit pas être un échec" ( Nicolas Sarkozy ). Pourtant, hier à l’Assemblée, à 5 jours du Sommet "historique" de Copenhague, les députés affichaient… absents. Mais Greenpeace était là.

 

                       Des militants interpelés par la police, mercredi 2 décembre, devant l'Assemblée nationale

                                 Une militante interpellée, mercredi 2 décembre, devant l'Assemblée nationale

 

  • Du toit à l’hémicycle

Des militants de Greenpeace sont montés, hier, vers midi, sur le toit de l’Assemblée nationale pour déployer des banderoles sur lesquelles on pouvait lire "Aux actes, M. le Président". Faisant un clin d’œil aux propos de Jacques Chirac en 2002 au Sommet de Johannesburg : "La maison brûle et nous regardons ailleurs", la dizaine de militants est monté à l’aide d’une échelle… de pompier.
Vers 15h30, après l’intervention de Jean-Louis Borloo, les manifestants vont plus loin en pénétrant dans l’hémicycle et déploient les mêmes banderoles dans la tribune du public. Motivée par l’échéance imminente du Sommet de l’ONU sur le climat, une militante fait même la cascadeuse et descend en rappel depuis le balcon pour rejoindre les bancs des députés. Rapidement stoppés par le service d’ordre, dont la vigilance a été par deux fois prise à défaut en quelques heures, les militants  n’ont pu déployer pleinement leurs banderoles, mais le message est passé. Dans le brouhaha général, ceux-ci ont été fouillés et interpellés. Le député Vert Noël Mamère a vu son bureau faire l’objet d’une perquisition, après avoir applaudi le show des alpinistes. A 17h, une alerte à la bombe a même été posée et l’hémicycle évacué, mais Greenpeace, rappelant qu’elle est d’abord une organisation pacifique et non-violente, indique qu’elle n’a rien à voir avec cet incident.

  • Des "pratiques de voyous"

Le député du Nouveau Centre François Savaudet veut que "ces pratiques de voyous au cœur de la démocratie" soient sanctionnées. Le président de l’Assemblée, Bernard Accoyer, a indiqué que la dizaine de militants avaient pris de fausses identités pour s’introduire dans la tribune publique en trompant des parlementaires socialistes. Jugeant cette intrusion "inacceptable", il a annoncé sa volonté de déposer plainte contre l’organisation internationale pour usurpation d’identité. L’UMP et le Nouveau-Centre accusent les Verts de "complicité" ; voilà pourquoi au moment où le député Vert Yves Cochet prend la parole, les députés UMP décident de quitter la séance. Cette attitude "n’est pas digne de ce grand rendez-vous de l’humanité", tance alors Jean-Marc Ayrault, patron des socialistes, qui pourtant "regrette ces incidents" : "Défendre la dignité de la représentation nationale, c'est pouvoir écouter tous les représentants de tous les groupes, afin d'être à la hauteur du rendez-vous capital pour l'humanité".

  • Des beaux discours aux engagements concrets et chiffrés

"Aujourd'hui Greenpeace a envoyé les pompiers", a expliqué à la presse Karine Gavaud, spécialiste climat et énergie et représentante de l’organisation écologiste. Ce que demande Greenpeace ? Un accord "contraignant, juste et ambitieux" à Copenhague : "ce texte doit permettre de maintenir l’augmentation de la température moyenne mondiale sous la barre des 2°C". Pour cela, il faut réduire les émissions de gaz à effet de serre de 40% d’ici à 2050 et "mettre sur la table 110 milliards d’euros par an d’ici à 2020 pour aider les pays en développement à faire face aux changements climatiques", soit 4 milliards d’euros par an pour la France. Les députés étaient réunis à l’initiative de Jean-Louis Borloo pour traiter de ces enjeux climatiques avant le Sommet de l’ONU. Réunion... chaotique, mais médiatique.

 

                              

 

 

Karine Gavand, la militante descendue en rappel dans l'hémicycle, s'est expliquée sur France 3 aujourd'hui.

 

Publié par Florian Martin
le jeudi 3 Décembre 2009

 



 
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vendredi 4 Décembre 2009 à 17:03 Par Victor
 

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