Faut-il manger les animaux ?

 

  C’est la question que pose Jonathan Safran Foer dans son ouvrage éponyme. Le résultat, une plongée dans l'enfer du système agroalimentaire américain, qui donne tout sauf l'eau à la bouche : animaux élevés en batterie, maltraités, gavés de compléments alimentaires et de médicaments, abattus de manière cruelle, tout y passe.

 

 

L'essai de l'Américain Jonathan Safran Foer, aux Editions de l'Olivier, annonce la couleur de but en blanc. Couverture verte, typographie à poils et à plume, le décor est posé. A la naissance de son fils, l'auteur, dont on apprend sur la quatrième de couverture qu'il est "l'un des plus doués de sa génération", décide d'ouvrir les yeux sur le contenu de son assiette, et de celle de la chair de sa chair.

Pour couper court aux accusations de légèreté, l'auteur étaye son propos d'une abondante documentation : études, rapports, avis d'experts et d'éleveurs et même, visites clandestines dans des élevages industriels. Il réconcilie l’essayiste et le romancier dans une prose argumentée mais personnelle. Difficile de ne pas être convaincu que le système décrit par Foer marche sur la tête.

Et pour cause, les animaux sélectionnés ne survivraient pas dans la nature, tant les croisements successifs les ont rendus artificiels. Le seul objectif des industriels, qui n'ont plus rien à voir avec des fermiers, n'est pas tant de fournir une nourriture saine à des millions de consommateurs, que de maximiser leurs profits.


Ce qui implique un entassement sciemment calculé et une croissance accélérée : disposant d'un espace équivalent à une feuille A4 pendant leur engraissement, les volailles sont abattues au bout d'une quarantaine de jours. Pour un porc, ce sera douze semaines. Chaque année, ce sont 9 milliards de volailles, 115 millions de porcs et 35 millions de bœufs qui partent à l'abattoir aux Etats-Unis.

Car il faut bien subvenir à la demande des 300 millions d'Américains désireux de manger leur hamburger ou leur dinde de Thanksgiving en toute inconscience et à prix imbattables. Mais peut-être est-ce le fond du problème : l'ignorance du grand public.

Car au-delà des pratiques habituelles de l'élevage industriel, Jonathan Safran Foer dévoile les comportements à la marge et selon lui pourtant bien plus répandus qu'on ne le pense : animaux brutalisés à coups de barres de fer et de tiges électriques, mise à mort douloureuse et parfois inefficace, animaux dépecés vivants... Une cruauté que nous ne tolérerions en aucun cas sur nos animaux de compagnie.


Sans parler des conséquences environnementales catastrophiques de l'élevage industriel à l'américaine: outre les "tombereaux de merde" et de déchets, l'élevage et la pêche industriels nuisent à la biodiversité, détournent les ressources céréalières des hommes pour nourrir les animaux, créent le risque de souches microbiennes et virales résistantes aux traitements en gavant les animaux d'antibiotiques, et promeuvent un régime trop riche en protéines. D'autant que la rengaine est familière: si chacun mangeait comme un Américain, il nous faudrait quatre planètes pour parvenir à satiété.

Sachant que les Américains sont des carnivores invétérés, qui choisissent de manger moins de 0,25% des denrées comestibles de la planète selon les chiffres cités par l'auteur, on réalise qu'un autre mode de vie est tout à fait possible et souhaitable. Pourvu que nous acceptions d'ouvrir les yeux. A la lecture de Faut-il manger les animaux, on réalise mieux le poids d'une pratique qui a fait passer l'élevage de l'agriculture à l'industrie.

Né dans les années 1920, quand par erreur, une éleveuse reçoit 500 poussins au lieu des 50 qu'elle avait commandés, l'élevage industriel a gagné du terrain, au point d'éliminer quasiment toute alternative. Les élevages à l'ancienne se comptent sur les doigts d'une main, et pourtant, c'est peut-être en partie vers eux qu'il faudrait se tourner.

L'auteur ne prône pas un végétarisme forcené,
même s'il l'est devenu après avoir écrit ce livre, mais plutôt une alimentation omnivore raisonnée et sélective : partager un repas a une fonction rituelle et sociale essentielle, et de même, manger de la viande n'est pas mal en soi, pourvu que l'on fasse le choix du système qui inflige le moins de souffrances inutiles aux animaux. Un repas pèse autant qu'un bulletin de vote, et les citoyens peuvent influencer le cours de l'histoire en affirmant leurs choix alimentaires. L'optimisme de l'auteur se heurte toutefois à une contrainte évidente, qu'il reconnaît lui-même : l'élevage traditionnel serait-il à même de nourrir tout le monde? Rien n'est moins sûr.

Bref, nous vous engageons à lire Faut-il manger des animaux ? Si ce n'est que même les amoureux de la langue française préfèreront découvrir l'envers du contenu de leur assiette ... dans la langue de Shakespeare. La faute à une traduction calquée au ras du texte anglais, qui en rend la lecture en français peu agréable.

Au même titre que les Supersize me et autres Le monde selon Monsanto, Faut-il manger les animaux ? donne un grand coup de pied dans notre assiette. Pas très ragoûtant, mais salutaire !


Et en France ? Difficile de trouver une information fiable et objective entre les forcenés du végétarisme et les défenseurs de l'exception culturelle à la française. L’élevage industriel représente 93% de la consommation de viande en France contre 99% aux Etats-Unis, et les établissements sont généralement moins étendus. Le sujet mériterait une investigation poussée, avis aux Johnathan Safran Foer français !

 

Publié par Isabelle Tissot
le vendredi 23 Septembre 2011

 



 
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vendredi 30 Septembre 2011 à 09:16 Par le mataf
 

Pour élargir le débat il faut être prêt à entendre et voir la vérité .
La censure partisane (féministe entre autre)ne fait rien à l'affaire,je me suis contenter d'une ironie forte et appuyée ok! la personne qui à été insultée c'est moi même ..!vu.

Nous débattons des moyens à mettre en oeuvre pour rendre la vie et la mort "plus douce" des animaux de boucherie et je ne suis pas la brute énoncée plus bas .

Que dire alors des souffrances endurée lord de certaines pratiques religieuse comme le halal ou bien cette chasse à la baleine et aux requins qui après avoir été mutilés vivant sont remis à la mer .
Des élevages de chiens en Chine dépecer vivant sous prétexte que leur chaire est meilleur, d'ailleurs les poissons et les reptiles subissent le même sort.

Et les diverses chasses , à court notamment .

Qui dire aussi de nos pratiques culinaire , crustacés jeter vivant dans l'eau bouillante ,coquillages dévorés crus ..etc !

Dans la vie il vaut mieux être le boucher que le veau ,mais sous certaines conditions et ne n'agissons pas comme l' autruche devant le danger .

Fin de vacations , je met les voiles

Je préfère la compagnie de la mer à celle de la plus part des hommes (ne me dite surtout pas que je suis un lâche , mais je vous trouvent inconsistant )

Adieu

jeudi 29 Septembre 2011 à 11:17 Par le matf (bidochon beauf )*
 

* (pas fini d'en rire je vous le dit)

Dans un passé "proche" un fermier élevait seulement le nombre de vaches qu'il pouvait nourrir .
L'été elles étaient dans les prés à manger de l'herbe , l'hiver elles étaient au chaud dans l' étable .

Il n' y avait pas ou peu de bêtes sélectionner pour leur viande, elles avaient du choux vert,de la betterave fourragère ,du foin et comme litière de la paille .

Les troupeaux comportais moins de têtes ,les bouchers suivaient les animaux de l'étable à son étalage .

Je ne dit pas qu'elles étaient toujours bien traitées par les maquignons et dans les abattoirs .
Ceci est du passé bref !manger moins de viande c'est possible mais , il y a un mais !.
Cette industrie pèse très lourd économiquement et socialement , des millions emplois sont à la clé et ce n'est pas le maraichage qui pourra à lui seul absorber tous ceux-ci car là aussi tous est mécanisé ou presque .
L'industrie du bio pourra t' elle être innovante en la matière rien n' est moins sûr .

La mort des animaux sera t-elle "plus douce" ?

Avant tout cessons de gaspiller cette nourriture (la moitié d' une carcasse est consommée il me semble)qui fait tant défaut à d'autres .
Moins de gabegie = moins de d'animaux ,simpliste sans aucun doute ?

mercredi 28 Septembre 2011 à 19:26 Par salve
 

Merci Isabelle Tissot.

Mais débattre n'avance qu'à échanger des opinions.
Et les opinions sont le fruit de l'environnement dans lequel nous évoluons.

Je ne dirais en l'occurrence rien qui ne me concerne, et me garderais bien de me poser en censeur...

La responsabilité de chacun est à ce prix il me semble, mais sommes-nous vraiment responsable de quoi que ce soit ?

À part donner justement nos opinions et faire en sorte de vivre sans trop semer le bazar, qu'avons-nous fait de juste jusqu'à présent ? La croissance, l'industrie, la hiérarchisation ? Bof bof...

N'en déplaise aux mataf et alloicilaterre, la planète et l'atmosphère règnent de la même manière pour tout un chacun, et ce que nous faisons de nos vies sera le prix qu'auront à payer les générations futures si nous n'y prenons garde.

Un peu de calme maintenant...

mercredi 28 Septembre 2011 à 15:37 Par Isabelle Tissot
 

Je vous demanderai juste de rester courtois les uns envers les autres pour que la discussion ne dégénère pas, auquel cas nous nous verrions forcés de supprimer les commentaires irrespectueux. Ce serait dommage alors que nous voulons favoriser le débat.

En ce qui concerne la documentation justement, d'autres ouvrages et documentaires existent à ce sujet:

- Bidoche, l'Industrie de la viande menace le monde de Fabrice Nicolino, que nous a signalé clang et que je n'ai pas cité dans l'article pour la simple raison que je ne l'ai pas lu

- Toxic Food de William Reynaud

- Supersize me, un film expérience de Morgan Spurlock sur les conséquences d'un régime 100% fast-food

- Fast Food Nation de Richard Linklater, un film sur le système agroalimentaire américain, basé sur le livre éponyme d'Eric Schlosser.

- Nos enfants nous accuseront, un documentaire de Jean-Paul Jaud

- Alerte dans nos assiettes, un documentaire de Philippe Borrel.

Je ne les ai pas tous vus/lus, loin de là, et il en existe beaucoup d'autres. Si vous en connaissez, n'hésitez pas à nous donner les titres !

mercredi 28 Septembre 2011 à 10:50 Par le mataf
 

Oui Slave le mot bouffe est le terme le mieux adapter car ont produit de la merde à grande échelle car comme vous le dite si bien certains hommes en ont rien à faire ,pourvu que l'ont achètent leurs productions.
Pour ceux qui vivent en "direct"avec la vrais nature ,ils constatent que celle-ci sous le couvert de chants d'oiseaux , bien des "drames"violents se déroulent jours et nuits nécessité fait loi (alors les larmes de crocodiles).
En toute conscience et par respect nous devons rendre cette mort plus douce ,nous pouvons le faire et de plus ne pas copier le mode d'élevage Américains ,des milliers de bovins vivant ensemble parquer sur de la terre pollué par leurs déjections et je vous passe les détails .
Ne plus acheter cette viande chez le petit boucher "rire" ou la grande surface voila une attitude responsable et militante au lieu de nous fatiguer avec des idéologies de bobos idéalistes confits dans leurs certitudes

mercredi 28 Septembre 2011 à 01:38 Par salve
 

Je lis, je lis...
Et trouve que le système industriel produisant notre bouffe (dur de trouver un autre terme) n'est que le reflet de notre manque de considération du vivant.
Alors que manger est une nécessité, il n'y a que "l'homme" pour en faire un bizness nauséabond.
Les animaux, soumis eux aux dictats naturels, se foutent bien de nos petits atermoiements. Ils naissent vivent et crèvent selon la logique de la fameuse chaîne alimentaire, sans qu'un seul n'y trouve à redire...
Alors quand je lis : "qu'un autre mode de vie est tout à fait possible et souhaitable", je me dis qu'on a pas fini de débattre autour de sujets qui n'ont d'importance que celle que nous leur accordons.
Sortis de notre petite attention d'êtres doués de conscience, les animaux ne sont comme nous (et vice versa) que d'éphémères êtres vivants.
Au moins, eux n'ont-ils pas colonisés la planète d'un système dit "économique"... Mais je pense plus au qualificatif imbécile !

mercredi 28 Septembre 2011 à 01:04 Par le mataf
 

Une précision j'ai aussi un petit goret qui va mourir de vieillesse ,mais je mange quand même du cochon .
Mes salutations pastille à la menthe édulcorée .

mercredi 28 Septembre 2011 à 00:45 Par le mataf
 

Je crois que que des charlottes de votre genre sont légions mais la connerie ne tue pas ;
j'aime la viande bien rouge ,saignante à point HUMM !!!
Je tue des lapins et des poulets indécrottable rigolote car j'en élève , autrefois il m'est arriver de tuer le cochon mais je ne le fait plus car je me suis rendu compte que cet animal souffrait énormément durant cette mise à mort .
Les bobos à la chlorophylle insipide dont vous faite partis sont tristes et intégristes.
Je ne cherche pas à me dédouaner et je suis conscient que ces élevages en batterie ou en stabulations ne devrait plus exister ,car les conditions de vie de ces animaux sont honteuses .
Mais dite donc vos légumes ils poussent ou ? dans quoi? hum!!.
Les miens sont bio bien avant que ces pauvres citadins sachent si une pomme de terre pousse dans le sol ou dans un arbre.
Entre nous moi je vit avec des animaux cheval entre autre
Sachet ma chère qu'un végétale souffre lui aussi ne vous en déplaise ,et qu'une plante ou un arbre peut ne pas se plaire chez vous et cela à cause de vous ' mais je crois que vos relations intimes avec le vivant sont infimes voir négatives , allez donc manger vos graines germées qui arrivent d'autres continents (écololo irresponsable que vous madame la marquise ).
J'ai pas mal naviguer autour de cette terre et j'ai vu que la culture de vos légumes a beaucoup détruit l'environnement ainsi que tuer les hommes vivant sur ces terres.(la culture de votre nourriture affame ces gens là)
Si je suis un beauf attention à ce que vous dite ma p'tite dame , je suis d'ordinaire prévenant avec la gente féminine mais là je vais passer outre et ne me cherchez pas vous ne ferrez pas la maille VU !!!

mardi 27 Septembre 2011 à 21:36 Par alloicilaterre
 

On dirait en tout cas que les mangeurs de viande ne font pas la part des choses.
Mataf, il faut rigoler dans la vie mais votre réflexions est pas rigolote du tout, si c'est pour vous donner bonne conscience de manger de la viande, vous pouvez évoquer encore pleins d'excuses mais pas celle-là,
je suis désolée mais un légume n'est pas comparable à un lapin ou un poulet ou un beauf, il n'a pas de coeur, pas de sang, il ne sent pas la mort à plein nez, il ne vous regarde pas, il ne mange pas du maïs qui coûte très cher en eau et en parcelles de terre..
Ne me dite pas que vous parlez à l'oreille des légumes, vous devriez parler à l'oreille des animaux que vous n'etes même capable de tuer de vos propres mains, ils vous répondront peut-être, comme dans les pub ou dans les dessins animés ?
Vous achetez votre viande chez votre bouchez trop facile, vous n'avez pas d'état d'âmes ? On est ce qu'on mange et ce que vous mangé n'est pas beau à voir.

mardi 27 Septembre 2011 à 18:36 Par le mataf
 

Etre a ce point tarauder par le remord me laisse pantois , il ne faut surtout pas sortir de sont lit et encore ,restons sérieux un instant.
je suis en parti d'accord avec vous CONNIE mais allons jusqu'au bout de votre sensibilité que je respect .
Plus de nourriture animale ok !mais lorsque vous couper un légume afin de le consommer pensez vous sa souffrance que vous lui faite endurer ( vous le noyer afin de le laver, plus plusieurs tortures , tranchage ,cuisson , vous le déchirer avec vos dents ,saler ,poivrer etc !) STOP !!!!ou allons nous pendant que la moitié des humains crèvent de faim STOP!!! s' il vous plait , sans se voiler la face , ces propos sont hors sujet .
Je suis mangeur de viandes et je ne suis pas plus que vous (agressif , violent , sanguinaire et la cerise sur le gâteau un con ,suis- je assez claire et je vous le dit sans aucunes animosités

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