Faites de la musique éthique et solidaire

 

 

Ethique, solidaire, écolo, l’avenir de l’industrie musicale peut-il s’inscrire dans le développement durable ? Jour de fête, jour du solstice d’été, ce 21 juin c’est la 30e édition de la fête de la musique. Alors en ce jour anniversaire, musiciens amateurs, professionnels, internautes, producteurs, distributeurs, faisons un rêve : celui d’un modèle économique viable. Car les gobelets consignés des festivaliers ne sont pas une fin en soi. Préparez-vous pour l’écogeste anti-VIH. Du 24 au 26 juin, la scène musicale internationale est à l’honneur à l’hippodrome de Longchamp au profit de l’association Solidarité Sida

 

Festival des Eurockéennes

 

Défendre la liberté de création, favoriser la diversité musicale, soutenir un modèle économique de coopération et de solidarité, de rémunération équitable et de protection de l’environnement, le label Fairplaylist expérimente un genre novateur : la musique solidaire et éthique. Et ceci depuis 2003 avec à sa tête un musicien militant, Gilles Mordant. « Notre Charte Musique Ethique s’est inspirée aussi bien de l’Agenda 21 que du texte sur la Diversité Culturelle de l’Unesco. La dimension sociale est tout aussi importante. Chaque artiste doit pouvoir vivre de son travail. Grâce au label, la part des revenus de l’artiste ne peut pas descendre en dessous de 12 % du prix de production. (…) Moi je suis heureux quand j’ai aidé un artiste à passer du RSA au statut d’intermittent du spectacle. » 

 

La culture pour tous ? « Faut arrêter de dire aux gens que la musique c’est gratuit. Le modèle économique du tout gratuit ça ne fonctionne pas. Sur notre festival de Ménilmontant, on ne fait pas venir 400 bénévoles. Tous les acteurs qui travaillent sur ces concerts solidaires sont payés. C’est un engagement pris avec notre charte. Il y a une partie gratuite avec un parcours musical dans le quartier, l’autre payante avec des prix qui varient de 10 à 12 euros. » C’est sûr, on est loin du pass 3 jours de Rock en Seine à 109 €. Pour Gilles Mordant, le festival de Ménilmontant c’est aussi l’occasion de consommer bio et écolo. « On a des brasseurs de bière sans OGM, des jus de fruits bio avec Alter Eco ». Atypique !

 

Faites de la musique éthique et solidaire


Imaginez plus de 160 000 personnes venues écouter quelques 200 artistes pendant 3 jours de « live » et 2 nuits à la belle étoile pour 10 000 campeurs, sans compter les 1 400 bénévoles au four et au moulin. Pas facile dans ces conditions d’inscrire l’écologie au programme d’un festival de musique. Et pourtant, voilà déjà six ans que le festival Solidays réalise son bilan environnemental. Pour Alexandrine Mounier, responsable développement durable de Solidays, « l’objectif c’est avant tout de faire venir les festivaliers grâce à des prix qui restent modestes, sensibiliser les jeunes à la lutte contre le VIH et récolter des fonds au profit de l’association Solidarité Sida. » 

 

Pas de greenwashing à l’horizon pour ce festival militant qui embrasse depuis 1999 la cause des victimes d’une des pandémies mondiales : le Sida. « (…) ça fait longtemps qu’on n’est plus une kermesse du sida. Solidays, c’est un festival de musique important et responsable. Pourquoi voulez-vous que Solidays verdisse son image ? Nous ne sommes pas dans la logique de communication « durable » des festivals commerciaux. Tous nos moyens de communication sont tournés vers le message de lutte contre le Sida. » Côté organisation, pas de dépenses superflues. Illustration avec le stock de matériel acheté, donné ou récupéré (moquettes, canapés, comptoirs) et opérationnel à chaque édition. « Le point noir c’est le transport dans l’organisation ; donc c’est clair on ne va pas s’amuser à faire venir du matériel de l’autre bout de la France. » 

 

Longchamp certifié ISO 14 001. Impossible donc de transformer l’hippodrome en un vaste champ de bouchons de bouteilles et de papiers. Alors gare aux indisciplinés du tri, les bénévoles et Eco-Emballages veillent à la bonne marche de la collecte des déchets jusque dans les « backstages ». Car on ne rigole pas avec la norme internationale ISO. Selon Alexandrine Mounier, « l’organisation est pensée pour que le festival ait un impact moins important sur l’environnement. » Bref, c’est la chasse au gaspillage. Côté alimentation, 12 000 repas sont servis au personnel technique. Pas question de jeter les fruits et légumes de saison à la poubelle. Pour s’attabler au « catering », prière de réserver sa place à l’avance. 

 

La personnalité de la semaine : Gilles Mordant, fondateur label Fairplaylist

 

« Recyclons, créons, il faut que la musique vive ». Gilles Mordant, fondateur du label Fairplaylist signe la rubrique « personnalité de la semaine ». « Le tri, le recyclage, les toilettes sèches, le covoiturage, c’est bien les choses évoluent. Mais le problème du transport reste toujours le même pour les gros festivals. Quand vous avez plus de 100 000 personnes qui se déplacent sur un site pour trois jours de concert, ça plombe le bilan carbone de l’événement. Après moi je reste tolérant sur ce type de manifestation grand public qui arrive à créer une vraie émotion entre les festivaliers et les artistes. » 

 

Lier l’utile à l’agréable. C’est la recette de l’ écogeste cette semaine, toujours en musique et au profit de la lutte contre le Sida. Je veux bien sûr parler… des Solidays

Faire un geste pour une cause. Vous connaissiez le don, il y a aussi le soutien au festival militant. Jeunes et moins jeunes, accros à la musique « live », il ne vous reste plus que trois jours pour réserver vos places aux Solidays. Objectif pour la 13ème édition : battre le record de l’édition précédente avec ses 168 000 festivaliers et ses 1,8 millions d’euros collectés en faveur de l’association Solidarité Sida. L’icône rock Peter Doherty ne sera finalement pas de la partie, mais Moby, Philippe Katerine, Alpha Blondy, Yael Naim, Morcheeba seront bien à l’affiche des Solidays 2011. 

 

Photo : Festival des Eurockéennes

 

Fort en décibel et en recyclage, retrouvez notre dossier sur le Recycling Party Tour 2011.

 

 

Publié par Christophe Baudouin
le mardi 21 Juin 2011

 



 
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lundi 15 Aout 2011 à 11:02 Par L'escargot qui s'en tape le coquillard !
 

OUAIS, Jacq : de trop bonnes idées que cet ancien ministre de la culture a permis de réaliser. Musique, cinéma, lecture, radios libres, concerts en tout genre. Riche idée de l'équipe à Tonton... François bien sûr ! Y'a eut du bon et du mauvais : personne n'est parfait ! Reste que ça nourrit l'esprit pour pas cher côté public c'est très bien ! Le mauvais, côté économie sociale, c'est que j'ai bénéficié des mesures professionnelles établies dans les 90's et ça ne me sert à rien. Pourtant je travaillais autant que les autres. Tout est effacé. Ce pourrait être une piste de réfexion pour les candidats PS.

vendredi 24 Juin 2011 à 10:40 Par inLove
 

Rock et sexy, c'est parti pour les Solidays 2011... hiiihhhhaaaaaa!!!!

jeudi 23 Juin 2011 à 09:23 Par zic'art
 

Redonner du sens à l'industrie musicale parce que la musique ne doit pas se réduire à un produit de consommation (messieurs les majors). ça fait du bien d'entendre parler de Diversité musicale, droit d'auteur, responsabilité des distributeurs et producteurs dans un monde où (malheureusement) la musique éthique et solidaire est peu visible du grand public

mardi 21 Juin 2011 à 17:29 Par armoric
 

Je dirais même plus, un très beau projet que cette " cantine musicale " dans la ville de Cesson-Sévigné. Classique, baroque, romantique, le répertoire est dédié à la Diversité musicale.

mardi 21 Juin 2011 à 16:00 Par beausoleil
 

De la musique classique diffusée à l'heure de la pause déjeuner à l'école primaire Beausoleil histoire de faire découvrir Tchaïkovsk ou Cesaria Evora aux enfants. C'est aussi un bon moyen de réduire le brouhaha infernal à la cantine tout en étant ouvert sur la diversité musicale internationale... beau projet

mardi 21 Juin 2011 à 11:23 Par babel
 

Des associations "commerce équitable" plutôt surprenants ? Max havelaar, Alter Eco et Fairplaylist... même combat

mardi 21 Juin 2011 à 09:43 Par Lumiere
 

C'est bien avec la musique on peut faire passer des messages, défendre des causes et rappeler aussi comme une piqûre de rappel que 33 millions de personnes sont infectées par le VIH dans le monde

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