Le 18/1/2010 - Par Christophe Baudouin - Rédacteur Durable 0 Commentaires - Abus
Meeting d'Europe Ecologie samedi 16 janvier à Montreuil (93). (Crédit photo : Patrick Kovarik / AFP )
Après le succès historique aux dernières élections européennes, près de 16,3 % de suffrages obtenus, les régionales 2010 ont valeur de test pour Europe-écologie. La vague « verte » de l’été 2009 va-t-elle se transformer en une véritable lame de fond politique fédérant autour d’Europe Ecologie les déçus de la gauche ? Le désamour des électeurs avec le PS serait une hypothèse crédible dans le succès du mouvement écolo. Un refrain bien connu dans le paysage politique en France, sous forme de vote sanction de la part des électeurs et d’avertissement à la Première Secrétaire de la rue de Solferino pour des promesses de reconstruction du parti socialiste qui tardent à se concrétiser. La sénatrice et maire de Montreuil, Dominique Voynet, tempérait les ambitions électorales de certains : « ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué ; déjà parce que nous, nous ne tuons pas les ours ! ».
La sono réglée au maximum, les militants et autres sympathisants du mouvement d’Europe Ecologie pouvaient agiter fièrement dans la salle affiches et drapeaux aux couleurs de la jeune formation politique. Les candidats et futurs challengers d’Europe Ecologie prenaient places religieusement sur les estrades de la scène. Alors, la sénatrice du Nord, Marie-Christine Blandin, en profitait pour ouvrir les festivités du lancement de campagne en appelant à poursuivre la « conversion écologique » de la société. Les leaders d’Europe-écologie qui se succédaient sur la scène de Montreuil, reprenaient en chœur à leur manière la « transformation écologique de l’économie » souhaitée par Cécile Duflot. Ainsi, José Bové attirait l’attention pour « changer les règles du jeu » et « inscrire l’Europe écologique dans la durée ». Dominique Voynet, en piqure de rappel, affirmait que voilà plus de 8 ans que le discours gaulliste de Chirac « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs ! » a été prononcé.
« L’aventure ne fait que commencer ! », lâche alors à la foule une Cécile Duflot bien décidée à poursuivre la dynamique électorale impulsée aux dernières européennes. " Il faut à tout prix passer devant le PS ", clame Augustin Legrand. Les attaques contre l’UMP et le PS se font plus cinglantes, avec à la baguette un Daniel-Cohn Bendit qui prône « l’alternative dans l’alternance ». Incapables de mettre en place une politique environnementale intelligente, l’« écologie populaire » façon Nicolas Sarkozy est jugée ringarde ! Quant au PS, il pèche par son immobilisme sur les questions sociales et durables. Le député européen Cohn-Bendit soutient que « le PS est au programme des écologistes d’il y a 10 ans ».
A la tribune, Cécile Duflot semblait moins tranchante, comparé à la verve d’un José Bové jamais avare de piques politiciennes. Comme le révéla une fois sur scène « Dany le vert », la décision a été prise à la dernière minute sur le choix de l’eurodéputé ou bien de la secrétaire nationale des Verts pour conclure le meeting. Hésitante à la lecture de son discours, la leader de la liste Ile-de-France révèle sa faible expérience en politique. Mais finalement, la jeunesse de son personnel politique et l’ouverture à la société civile qui s’exprime au sein de ce rassemblement peut se révéler une force. Ainsi, du haut de ses 34 ans, Cécile Duflot côtoie aussi bien des barons de la politique (Dominique Voynet, Yves Cochet, Daniel Cohn-Bendit), des personnalités associatives ( Robert Lion, Augustin Legrand ), que la jeune garde (Karima Delli, Safia Lebdi). Un mouvement en quelque sorte « intergénérationnel » qui laisse une vraie ouverture à une population non apparatchik désireuse de s’engager en politique.
Samedi à Montreuil, la matrice écologique d’EE était lancée ; espérant bien représenter la 3ème force politique du pays. Objectif pour mars 2010 : remporter 15 % des suffrages sur le plan national.
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