Et voguent les déchets post-catastrophe du Japon

 

 

25 millions de tonnes de déchets. Le sujet est passé presque inaperçu, car le monde avait les yeux rivés sur les rejets radioactifs de Fukushima. Avions, infrastructures, bateaux de pêche, bâtiments industriels, voitures, le tsunami dévastateur du 11 mars dernier a rejeté une partie des destructions dans l’océan Pacifique. La gigantesque nappe de déchets menace désormais l’écosystème marin. L’écogeste cette semaine : une sieste contre les pénuries d’énergie. Une préfecture du Japon incite ses employés à se mettre, cet été, à l’heure espagnole après le déjeuner.

 

Océan Pacifique près de Kagoshima

 

25 millions de tonnes de déchets accumulés suite au séisme et tsunami du 11 mars dernier. Problème, l’océan Pacifique a englouti une partie de ces déchets, divers et variés. Centrales à fuel, stations d’épuration, avions, maisons, hydrocarbures avec les quelques 20 à 40 000 voitures emportées par la terrible vague meurtrière. Le voyage en mer sera long de 10 ans. Une estimation de l’association de protection de l’Homme et de l’environnement, Robin des Bois, qui laisse plutôt perplexe.

 

Surtout que le risque de collision avec cette décharge flottante (troncs d’arbres, poutres, charpentes) ou sous l’eau (avions, bâtiments industriels) est bien réel pour le trafic maritime. Le risque est non négligeable, selon Robin des Bois, de voir les hélices des navires de pêche s’emmêlées dans les débris errants. Après les baleines aux fortes doses radioactives, le déversement d’eau contaminée dans l’océan par Tepco, l’économie de la pêche et de l’aquaculture se retrouve une nouvelle fois comme la victime collatérale de la double catastrophe du 11 mars dernier.

 

Déchets post-catastrophe du Japon

 

Et ce n’est pas tout. Produits phytosanitaires, pesticides, PCB, composés bromés des plastiques d’ordinateurs sont une vraie menace pour la faune et la flore marines. C’est tout une chaîne alimentaire qui peut à terme être contaminée par ces produits et liquides toxiques issus entres autres des appareils électriques et électroniques (mercure, plomb, zinc). Danger à l'horizon également pour l’écosystème et les mammifères marins. Ces débris plastiques peuvent être confondus avec des aliments. Ainsi, une tortue ne fait pas la différence entre un sac plastique et une méduse.

 

En Australie, ce sont les contaminations radioactives de voitures qui inquiètent les autorités. 800 voitures en provenance du Japon ont été soumises à une batterie de test jeudi. Une cargaison des plus banales qui a fait frémir les dockers du port de Sydney. Oui mais voilà, les suspicions vont bon train depuis que les douanes chiliennes ont découvert des taux de radioactivité anormaux (assez faibles en fait) sur un chargement de véhicules en provenance du port de Yokohama. Face à l'incertitude sur de possibles radiations, les inspecteurs de l’Agence de sûreté nucléaire australienne (Arpansa) y ont opposé le sacro-saint principe de précaution.

 

La personnalité de la semaine : Charlotte Nithart, porte-parole Robin des Bois


Charlotte Nithart porte-parole de l’association Robin des Bois signe la rubrique « personnalité de la semaine ». « Il y a un temps pour tout. C’est légitime de s’occuper en priorité des rejets radioactifs de la centrale de Fukushima. Mais le traitement rapide d’une production record de déchets est un enjeu majeur dans la gestion de crise post-catastrophe naturelle ou industrielle. L’objectif est d’anticiper, mobiliser les filières de tri, de récupération et de stockage des déchets, mais aussi les équipes sur le terrain, cartographier les zones de pollution ; et surtout ramasser en priorité les déchets sur le littoral pour ne pas multiplier les rejets en mer. »

 

Vive la sieste. C'est l’ écogeste un brin espagnol cette semaine : la relaxation après le déjeuner. 

Une sieste contre la pénurie d’énergie dans l’archipel. Les responsables de la préfecture de Gifu au Japon anticipent la chaleur estivale et les problèmes de pénurie d’énergie. Entre 13h et 15h, les employés sont appelés à quitter leur lieu de travail histoire de stopper les systèmes d’air conditionné trop gourmands. Alors de juillet à septembre à Gifu, on expérimente la "sieste royale" afin de limiter la consommation d’électricité. Attention, ceci n’est pas un cadeau fait aux employés. L'administration a fait savoir que les deux heures de sieste quotidiennes seront déduites des vacances. Face à une catastrophe nucléaire sans précédent, rien n’est trop beau pour réaliser des économies d’énergie.

 

 

Photo : Flickr - Lakuda-san


Retrouvez notre dossier Fukushima, toujours en alerte radioactive


Publié par Christophe Baudouin
le mardi 28 Juin 2011

 



 
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jeudi 28 Juillet 2011 à 19:52 Par salve
 

le mataf a écrit : "afin de rendre à nos enfants une mer propre et digne."
Je suis en tous points d'accord avec vous, mais remarque quand même ceci : "RENDRE... une mer", comme si nous en étions les propriétaires, du moins est-ce ma manière de comprendre cette tournure.
Et là, je m'insurge et affirme que nous sommes les "fruits" de la vie, mais qu'apparue longtemps avant notre essor, elle est bien au dessus de nos basses œuvres... Quelle légitimité alors avons-nous à endosser, assumer, exploiter quelque chose d'aussi insaisissable que l'environnement ? Aucune. Nous bénéficions juste d'un écosystème propice à la vie, mais n'en sommes que d'éphémères dépositaires.
Cette vision des choses qui fait que des empires, des magnats, des "décideurs" entraînent leur semblables dans une appropriation néfaste à l'évolution de la vie, m'inquiète. Cette appropriation ne sera-t-elle pas, finalement, le grain de sable qui grippera la fragile mécanique du vivant ? Avec des affirmations comme celles que je relève, j'anticipe effectivement mal de notre capacité à nous en rendre compte...

vendredi 1 Juillet 2011 à 08:43 Par Lumiere
 

@Rashel
je crains malhureusement qu'il faille multiplier les 110 tonnes d'au contaminée dont vous parlez (accumulées à l'intérieur des bâtiments des réacteurs) par 1 000 pour arriver au chiffre exact. triste réalité de Fukushima

jeudi 30 Juin 2011 à 22:38 Par Rashel
 

Qu'en est-il des 110 tonnes d'eau radioactive qui devait etre rejetées dans l'Ocean Pacifique? Plus personne n'e parle, alors que cela me (nous) semble totalement énorme, abracadabrant, révoltant, irresponsable comme geste?

jeudi 30 Juin 2011 à 09:37 Par fan
 

Après 1 concert de solidarité à Tokyo, la rock star Lady Gaga appelle tous ses fans à traverser le Pacifique pour la reejoindre. Une façon très " people " de relancer l'économie du tourisme au Japon... A quand l'appel de Céline Dion ?

mercredi 29 Juin 2011 à 10:04 Par le mataf
 

ok ! Christophe (zone de grande profondeur au nord de la manche).
Cette catastrophe immonde de l'océan va leur coûter un max,c'est encore notre pauvre terre et les plus pauvres qui payent la note ;
Il va bien falloir que nos pays de nantis avec nos politiques de l'autruche mettent des moyens techniques pour aller récupérer ces dangereux déchets .
Il faudrait mettre en route une pétition internationale avec un boycotte des produits de la pêche ,pour forcer nos pays à des actions physiques et surtout financières afin de rendre à nos enfants une mer propre et digne .

mercredi 29 Juin 2011 à 09:25 Par Christophe Baudouin
 

Connais pas la fosse des casquets, mais a appris le montant salé de la reconstruction de la région du Tohuku : 150 milliards d'euros, soit l'équivalent de 3,5 % du PIB du Japon; aïe.

mardi 28 Juin 2011 à 19:04 Par le mataf
 

Que dire des des déchets nucléaire mouiller dans la fosse des casquets par nos amis les roosb::,merci pour les crustacés !.

mardi 28 Juin 2011 à 17:14 Par Lumiere
 

Actionnaires de Tepco en colère, ça se comprend au vue de la valeur de l'action, mais des actionnaires qui réaffirment que l'énergie nucléaire sûre est possible sur l'archipel malgré les nombreux séismes... va comprendre!

mardi 28 Juin 2011 à 11:41 Par martine
 

Y a des étoiles et bp de déchets dans l'espace aussi (2 200 satellites hors d'usage). Selon Robin des Bois, 1 astronaute court un risque sur 89 d'être tué par ce type de déchet. Bref, les déchets sont partout, en-dessous et au-dessus de nos têtes...

mardi 28 Juin 2011 à 10:59 Par Mike49
 

Tiens, Tepco réunit ses actionnaires mardi. Perte net de 11 milliards d'euros, et des actions en chute libre (85% de baisse); ça devrait être 1 AG chaud bouillant! En espérant que les dirigeants n'oublient pas d'évoquer d'indemniser quelques 85 000 personnes évacuées de leur maison suite aux rejets radioactifs

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