Erika : Total "ne pouvait ignorer que l'Erika était potentiellement dangereux"

 

Greenpeace et Erika

 

Comme en première instance, l’avocate générale, Françoise Mothes, a requis devant la cour d’appel de Paris, la peine maximale de 375 000 euros d’amende à l’encontre de Total pour « pollution maritime » après le naufrage de l’Erika en 1999, au large des côtes bretonnes. L’affaire est réexaminée depuis le 5 octobre.

 

Mme Mothes a également requis la "confirmation" des peines prononcées par le tribunal correctionnel de Paris à l'égard des autres prévenus : une amende de 375.000 euros pour la société de classification Rina, personne morale, et les amendes maximales de 75.000 euros prévues envers des particuliers, pour l'armateur du navire Giuseppe Savarese et le gestionnaire Antonio Pollara.

 

 

 

 

  • Préjudice écologique

 

En ce qui concerne le "préjudice écologique", le ministère public a estimé que Total, condamné à verser 192 millions d'euros d'indemnités civiles en première instance, prenne ses responsabilités dans l'assainissement du milieu. "Vous êtes responsable de la catastrophe et du préjudice qui en a résulté pour presque toute la côte Atlantique et vous êtes responsable du préjudice écologique dont on vous demande réclamation à juste titre", a lancé Mme Mothes.

 

Pour l'avocate générale, "c'est l'insuffisance d'entretien et le développement rapide d'une corrosion non traitée qui sont à l'origine de l'affaiblissement de structure de l'Erika". Or, Savarese et Pollara ont effectué "des réparations à la petite semaine", avec "le moins d'argent possible". La marée noire provoquée par le naufrage du pétrolier, le 12 décembre 1999 au large du Finistère, avait souillé 400 kilomètres de côtes et mazouté plus de 150.000 oiseaux.


  • Satisfaction pour les parties civiles

 

"Ces réquisitions sont une satisfaction. Elles sont allées dans le sens que l'on souhaitait", a déclaré Me Jean-Pierre Mignard, avocat de plusieurs collectivités territoriales parties civiles à la sortie de la salle d'audience. "On a avancé sur le préjudice moral et écologique. La réparation des dommages est essentiel", s'est-il réjoui.

 

"Il n'y avait pas de volonté de stigmatiser les personnels de Total. Le ministère public leur a dit : prenez vos responsabilité. Je pense que la cour ira dans ce sens", a-t-il ajouté.

 

Accessoirement, la presse en a aussi pris pour son grade : "Médiatiquement, ce procès est passé sous silence. Il fera pourtant date en France, en Europe et au-delà." Face à une marée noire provinciale, la "concurence" était rude. Dans une salle voisine se tenait le procès parisien ultra médiatisé Clearstream.

 

Le procès en appel se poursuit jusqu'au 18 novembre.

 

Pour suivre l'actualité du procès Erika, rendez vous sur : Erika - Le Procès

 

Delphine pour Durable.com (Avec AP)

 

 

Publié par Delphine Rigaud
le jeudi 12 Novembre 2009 à 18:29

 



 
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