Elections régionales 2010 : record historique de l’abstention

Résultat du 1er tour des élections régionales de 2010

 



Un vote sanction sous forme d’abstention record. Dimanche 14 mars, les français ont exprimé un fort désintérêt pour ce scrutin avec un taux d’abstention qui culmine à 53,6 %. D’une manière générale, les listes sortantes pour ces élections régionales ont été reconduites par les électeurs. La surprise hier soir venait de la percée du Front national réalisant 11,7 % des suffrages exprimés. Le PS est en tête dans ce 1er tour et remporte 29,48 % des voix, devant l’UMP (27,5 %), Europe Ecologie (12,5 %), le FN (11,7 %), le Front de gauche (6 %), enfin le Modem (4,31 %).

 

 

election regionale

Vainqueurs et perdants du 1er tour du scrutin des élections régionales avec Martine Aubry, Jean-Marie Le Pen, Cécile Duflot et Daniel-Cohn Bendit, Xavier Darcos (crédit photo : AFP / Thomas Coex / Stéphane Danna / Bertrand Guay / Jean-Pierre Muller).

 

 

 

  • Un PS regonflé d’espoirs politiques


Le raz de marée socialiste des listes pour ce 1er tour des élections régionales ne s’est pas produit. Sur le plan national, le PS remporte ce 1er round avec 29, 48 % des suffrages exprimés au coude-à-coude avec l’UMP (27,5 %). Le PS gagne tout de même 6 points de plus comparé à l’édition 2004 ; alors que le parti majoritaire en perd 10. Ainsi, la direction socialiste enthousiaste, mais sans triomphalisme, donne un signal fort dans sa reconquête du rôle de leader de la gauche pour contrer la droite parlementaire. La chef de file des socialistes peut nouer des espérances politiques en vue de l’échéance 2012, neuf mois après la cinglante défaite aux élections européennes de l’été dernier. Le Parti socialiste renforce ainsi son ancrage au niveau local.

 

 

  • Un grand chelem des régions ?


  " Rien n’est joué " pour François Fillon qui désigne la forte abstention comme l’arbitre électoral pour le second tour. Pourtant, le " grand chelem " des régions voulu par Martine Aubry se dessine. A l’exception du Languedoc-Roussillon, où le politiquement incorrect Georges Frêche réalise un large score (34,28% de suffrages exprimés) qui lui assure une victoire pour le second tour. Un signe politique en forme de désaveu présidentiel qui ne trompe pas : sur les huit ministres engagés dans le match des régionales, aucun ne sont en mesure de l’emporter. La symbolique est forte dans le Pas-de-Calais : Marine Le Pen (18,31%) talonne la secrétaire d’Etat Valérie Létard (19%) dans le Nord Pas-de-Calais. Le réservoir de voix plus important pour la gauche avec la déconfiture du Modem (4,31%) et en comptant sur le bon score d’ Europe Ecologie (12,5%), puis celui du Front de gauche (6%), devrait assurer sa victoire pour ces élections à mi-mandat.

 

 


Europe Ecologie n’a pas atteint l’objectif de la barre des 15 % de suffrages exprimés sur le plan national. Talonné par le FN, la jeune formation politique concrétise cependant un score honorable (12,5%). Dans la continuité de la victoire inattendue aux européennes de 2009, avec près de 16 % des suffrages, Europe Ecologie s’installe dans le paysage politique à l’image d’une troisième force. Le mouvement politique avec à sa tête Daniel Cohn-Bendit montre que l’euphorie des européennes de juin dernier n’était pas un feu de paille. La liste Ile-de-France conduite par Cécile Duflot (16,6 % des voix) permet même d’ouvrir des négociations sérieuses avec la liste de Jean-Paul Huchon pour la répartition des sièges. 


  • La percée surprise du FN


Les deux grands enseignements de cette soirée électorale sont l’abstention historique et la percée du FN réalisant 11,7% des voix sur le plan national. Le parti d’extrême droite se maintient au second tour dans pas moins de 12 régions. Ces triangulaires rendent une mobilisation pour le second tour plus compliqué pour la droite parlementaire. La percée surprise du FN montre que la stratégie de Nicolas Sarkozy de capter une partie de ses électeurs, à l’image de la campagne présidentielle de 2007, s'est révélée un échec. Le tollé provoqué par le grand débat sur l’identité nationale, lancé par le chef de l’Etat, n’a pas eu l’effet électoral escompté. En revanche, la politique de l’amalgame entrepris par le FN : identité nationale, chômage, burqa, a permis de remobiliser les électeurs frontistes pour ce scrutin.

 

Convaincre les abstentionnistes dimanche 21 mars, telle est la clé du second tour pour l'UMP, malgré un réservoir de votes beaucoup plus faible par rapport au camp de la gauche mobilisé.

 

 

Publié par Christophe Baudouin
le lundi 15 Mars 2010

 



 
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mardi 16 Mars 2010 à 09:49 Par Christophe Baudouin
 

@Patrick Fano

C'est vrai que c'est l'éternel débat qui revient sur le devant de la scène à chaque record d'abstention.

Et pour ce 1er round des régionales : 53,6 % de taux d'abstention, avec une poussée de la gauche certes, mais la percée surprise du FN dans les urnes fait resurgir quelque peu le spectre du 21 avril 2002...

mardi 16 Mars 2010 à 08:53 Par John Patrick FANO
 

Droits et surtout devoirs de citoyens!!!
A quand l'inscription et le vote obligatoire avec prise en compte des votes blancs comme vote " sanction " pour une democratie digne de ce nom
. les dates de vote de ce fait seraient organisées les jours ouvrables!!!! pour responsabiliser les citoyens en age de voter 18 ans la veille du scrutin, de meme qu'une la ceremonie de remise officiel de la carte d'electeur serait remise par le " Parrain republicain" !!!

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