Devenez Entrepreneur Social ! C’est ce que semble dire la plupart des écoles de commerce qui ouvrent des formations d’entreprenariat social à leurs étudiants. Les parcours en ce sens se multiplient et paraissent être une solution alternative pour devenir acteur de l’économie, en ces temps de crise et de remise en question du système capitaliste.

La Défense, le quartier des affaires à Paris (Crédits photo : © Ivica Jandrijevic / Fotolia)
- Le Succès de l’Economie Solidaire
Nombreux sont les étudiants qui s’engagent dans des parcours d’entreprenariat social. Replaçant l’économie au cœur des relations humaines, cette voie est de plus en plus populaire et suivie au cours des études supérieures des futurs cadres, qui y voient une alternative à la multinationale. La crise semble avoir accéléré ce phénomène. Thierry Sibeude, co-fondateur de la chaire « Entreprenariat Social » à l’ESSEC, en est convaincu : « La crise place l’économie sociale au cœur du débat, car elle postule que l’intérêt d’une entreprise n’est pas uniquement financier ». Du côté des étudiants, c’est l’enthousiasme qui domine, comme si la possibilité d’être entrepreneur social était enfin une réalité et conciliait la création d’un projet financier avec des valeurs solidaires, qui n’étaient réservées qu’aux associations. Interrogé par l'Observatoire Boivigny, Mathieu, un étudiant de l’ESSEC qui travaille pour une chocolaterie équitable au Venezuela voulait simplement « intégrer la chaire « Entrepreneuriat social » pour découvrir le milieu des gens qui veulent changer le monde ».
- Quels Débouchés ?
A première vue, suivre une telle formation, avec des cours de « Recherche de fonds » ou de « Gestion des ressources humaines des bénévoles » peut sembler facile. Oui… mais non. Tout au long de leur parcours universitaire, les étudiants ont un contact privilégié avec des entreprises "sociales" (spécialistes du commerces équitables et ONG par exemple) et les services "développement durable" des grandes firmes. Ces organismes n’hésitent d’ailleurs pas à créer des partenariats avec les spécialisations en économie solidaire. Mais lorsque les jeunes diplômés se présentent sur le marche du travail, rares sont ceux qui décrochent un emploi dans ce domaine, ni ne parviennent à créer leur propre entreprise. responsable. La majorité trouve un emploi au sein des services RSE (Responsabilité Sociale de l’Entreprise) ou Développement durable des grands groupes, qui ressemblent trop souvent à de simples branches de la communication. Egalement, les salaires peuvent décourager les jeunes diplômés à se lancer dans ce domaine social et solidaire, dont la réputation, avérée ou pas, est moins lucrative que pour des entreprises "classiques".
Aujourd’hui à l’ESSEC, un ou deux étudiants seulement se lancent dans la mise en œuvre d’une entreprise solidaire chaque année, comme Guillaume Hermitte et sa société Puerto Cacao. Pensez-vous que ce secteur doit être soutenu, défendu et développé, ou les réussites de certains projets ne sont que des exceptions qui confirment la règle d’un marché aux frontières immuables ?
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