Du pétrole au carburant

Les pollutions dues à la production de l’or noir en France

 


La France n’est pas l’Arabie Saoudite, mais l’augmentation des prix du baril a entraîné un regain d’intérêt pour les maigres ressources en pétrole de notre territoire. Depuis près de cinquante ans, environ 900 000 tonnes de pétrole brut sont extraits du sous-sol français chaque année, dans le Bassin parisien, en Aquitaine et en Alsace. Cette production représente à peine plus d’1% de la consommation française, mais les possibilités d’exploitations dites « non conventionnelles » suscitent également des convoitises.


Contrairement aux puits classiques, le pétrole est alors mêlé à la roche, ce qui suppose des méthodes d’extraction présentant de nombreux risques de pollution. Comme pour les gaz de schiste, le pétrole doit être libéré par la technique de la « fracture hydraulique » qui consiste à injecter un mélange d’eau, de sable et de diverses substances chimiques pour créer des micro fissures dans la roche. Très énergivore, cette méthode nécessite de grandes quantités d’eau qu’il faut ensuite dépolluer. En outre, les nappes phréatiques peuvent parfois être infiltrées et ainsi contaminées. 

La France a été le premier pays à interdire l’utilisation de la fracture hydraulique avec une loi votée le 13 juillet dernier. Toutefois, la porte reste ouverte à d’autres méthodes d’exploitation de ce pétrole non conventionnel, par définition plus difficile à extraire…




La lutte contre les risques environnementaux liés à l’extraction ne doit néanmoins pas éclipser les pollutions liées à la seconde étape de l’exploitation pétrolière : le raffinage, qui permet de transformer le pétrole brut en carburant ou en produits destinés à l’industrie pétrochimique. La France compte ainsi 13 raffineries, toutes classées « Seveso seuil haut », appellation qui traduit les risques pour l’environnement et la santé que cette activité comporte. 

Pollution de l’eau, de l’air, contamination des sols, les accidents récents dans les raffineries françaises en sont autant de tristes exemples.


En mars 2008, un défaut dans une canalisation de la raffinerie de Donges a ainsi provoqué le déversement de 500 tonnes de fioul toxique dans la Loire. 

Plus récemment, ce sont les habitants de l’agglomération lyonnaise qui ont subi en juin dernier les effluves de dioxyde de souffre accidentellement rejeté par la raffinerie de Feyzin. Réjouissant…

 

 

Publié par Marion Gautier
le vendredi 6 Janvier 2012

 



 
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